Cyberharcèlement : savoir le repérer pour en sortir

26/10/2023 - 5 min de lecture

Rubrique : Assurance

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Cyberharcèlement : savoir le repérer pour en sortir

Selon une étude récente(1)
Mais les signes ne sont pas toujours simples à percevoir, surtout chez les plus jeunes. Revenons sur les bons réflexes à adopter pour détecter et stopper une situation de cyber harcèlement.

Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?

Un acte malveillant, intentionnel et répété

Le cyberharcèlement est un acte intentionnel et répété qui se produit sur internet à l’encontre d’un individu. Des agissements malveillants qui dégradent considérablement les conditions de vie de la personne harcelée.

Le cyberharcèlement se traduit sous plusieurs formes :

Intimidations, insultes, moqueries ou menaces ; 

  • Diffusion de rumeurs ;
  • Usurpation d’identité digitale ; 
  • Publication d’une photo ou vidéo humiliante ; 
  • Chantage à la webcam ; 
  • La publication de photo ou vidéo embarrassante ou humiliante de la victime.

Des actes punis par la loi

Mais dans la vie réelle comme sur internet, la législation punit sévèrement ces actes.

Les sanctions varient selon l’âge de l’auteur et celui de la victime :

  • Auteur majeur et victime +15 ans 2 ans 30 000 € : 2 ans d'emprisonnement et 30 000€ d'amende,
  • Auteur majeur et victime - 15 ans 3 ans 45 000 € : 3 ans d'emprisonnement et 45 000€ d'amende,
  • Auteur de + 13 ans ans et victime - 15 ans : 18 mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende,
  • Auteur de + 13 ans ans et victime + 15 ans : 1 an d'emprisonnement et 7 500 € d'amende,
  • Auteur de - 13 ans : Des mesures éducatives mises en place.
BON À SAVOIR

Le droit pénal français empêche toute condamnation pénale avant l’âge de 13 ans. Alors si votre enfant est victime d’un très jeune harceleur, vous pouvez faire condamner ses parents et ainsi obtenir un dédommagement des préjudices subis (déscolarisation, règlement des frais médicaux…). 

Cyberharcèlement : les signes à surveiller

Un changement de comportement doit vous alerter

Là où le harcèlement scolaire s’arrêtait avant aux portes de l’école, il poursuit aujourd’hui l’élève jusque dans sa chambre. Il s’agit donc d’une agression permanente qui doit être détectée le plus rapidement possible.

Les signes d’un cyberharcèlement peuvent être nombreux, ou passer parfois inaperçus.

Pour détecter ce type de situation, restez attentifs aux changements de comportement de votre enfant tels que :

  • Une perte ou augmentation d’appétit ;
  • Un décrochage scolaire ;
  • Un isolement inhabituel ;
  • Des troubles du sommeil.

Briser le silence en cas de doute

S’il est harcelé, votre enfant peut craindre les représailles de ses harceleurs. Alors n’hésitez pas à aborder le sujet sans le brusquer.

Vous pouvez par exemple discuter de faits d’actualité et lui rappeler que les victimes sont protégées par la loi qui punit sévèrement ces actes.

Il est important d’encourager votre enfant à vous parler ou à se confier à un adulte de confiance.

Comment réduire le risque de cyberharcèlement ?

L’importance de la prévention

Dès le plus jeune âge, des actions de sensibilisation aident à endiguer ce phénomène et protéger les enfants des harceleurs. D’ailleurs, la prévention permet aussi d’éviter qu’ils n’en deviennent eux-mêmes.

N’attendez pas de lui offrir son premier smartphone pour parler à votre enfant des dangers d’internet et des règles d’utilisation : il a peut-être déjà eu accès au téléphone d’un camarade sans que vous ne le sachiez.

Pointer du doigt les lieux propices au cyberharcèlement

Il est important d’indiquer à votre enfant les espaces où se développe le cyberharcèlement :

  • Les réseaux sociaux (Instagram, Facebook ou Snapchat…) ;
  • Les forums et sites de discussions (jeuxvideo.com, Komitid, forumpourfilles…), 
  • Les jeux en ligne multi-joueurs ;
  • Les sites de partages de vidéos (YouTube, TikTok, Twitch...) ;
  • Les applications de messageries qui ont tendance à profiter de l’effet de groupe pour harceler (WhatsApp, Telegram…).

Lui apprendre à se protéger sur internet

En tant que nouvel utilisateur du web, votre enfant doit maîtriser certains gestes de vigilance :

  • Régler ses paramètres de confidentialité pour protéger ses données personnelles et ses photos ; 
  • Fuir les sites aux contenus compromettants ; 
  • Ne jamais divulguer en public adresse et numéros de téléphone ; 
  • Proscrire les échanges avec des inconnus, même s’ils prétendent être du même âge ; 
  • Ne pas hésiter à bloquer toute personne indésirable au premier écart.

Les représentants légaux restent responsables des agissements d’un mineur jusqu’à sa majorité, y compris sur internet. Alors pour vous aider à garder un œil sur leur activité en ligne, n’hésitez pas à utiliser un logiciel de contrôle parental. Enfin, limiter le temps passé sur le web permet aussi de réduire le risque de cyberharcèlement.

Cyberharcèlement : les bons réflexes pour aider son enfant

Agir sans attendre

Si votre enfant semble victime de cyberharcèlement, il est important d’agir immédiatement et d’adopter les bons réflexes :

  • Ignorer : ne répondez pas aux messages pour préserver votre enfant et ne pas donner plus d’intérêt aux harceleurs ;
  • Enregistrer : réunissez les preuves des agissements et leur caractère répété. Veillez à ne pas en informer l’auteur pour éviter toute destruction des preuves ; 
  • Dénoncer : déposez plainte le plus rapidement possible, seule la voie judiciaire permet de faire condamner l’auteur de ces délits ; 
  • Signaler : faites jouer votre droit à l’effacement, les sites doivent effacer les données sur demande dans un délai d’un mois maximum. En l’absence de réaction du site, n’hésitez pas à saisir la CNIL.

Demander de l’aide

Dans une telle situation, un soutien psychologique s’avère indispensable. Plusieurs dispositifs permettent d’accompagner les victimes de cyberharcèlement et leurs familles :

  • « Non au harcèlement » au 30 20 : un numéro d’écoute destiné aux élèves harcelés à l'école, ses proches, enseignants, ou témoins. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 20h et le samedi de 9h à 18h (sauf les jours fériés) ;
  • « Net Ecoute » au 3018 : un numéro d’écoute gratuit, anonyme et confidentiel disponible 7 j/7 de 9h à 23h pour conseiller les victimes et agir auprès des réseaux sociaux. C’est un « signaleur de confiance » qui peut supprimer du contenu ou les comptes d’auteurs de harcèlement ;
  • Le soutien d’un psychologue : consulter un professionnel est essentiel pour permettre à votre enfant de s’exprimer et se reconstruire. A ce titre, l’Assurance des Accidents de la Vie du Crédit Agricole offre 10 séances avec un psychologue aux moins de 26 ans victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement.

Lisa Barbosa ©

(1) Audirep/Association e-Enfance, Juin 2021

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