Point mensuel septembre 2020
06/10/2020 - 20 min de lecture
Rubrique : Epargne
tout un mag pour vous
Point mensuel septembre 2020
Des marchés actions globalement en baisse ce mois-ci. Les Etats-Unis et l’Europe reculent entre -3 % et -4 %, tandis que le Japon progresse de 3% et les Emergents sont proches de l’équilibre. Dans un contexte de remontée de l’aversion au risque, le dollar s’est renforcé de 2 % par rapport à l’euro. Nos portefeuilles types résistent bien et ne baissent que de 0,4 % ce mois-ci.
Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de +34.0 %, avec une performance globale de +99,7 % depuis le 31/12/2011.
Résultats de nos conseils d’investissements au 30/09/2020 :


Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31
Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/09/2020.
Portefeuille type PEA : valorisation : 203 800 €

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 189 200 €

Semaine de la Finance Responsable
L’ISR intègre des critères « extra-financiers » dans le processus d’investissement, c’est-à-dire des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Ce processus d’investissement est désormais incontournable pour tous les acteurs de la gestion d’actifs mais aussi les investisseurs désireux de donner plus de sens à leur épargne. Tous les grands groupes cotés qui ambitionnent de véhiculer une image responsable et vertueuse se tournent naturellement vers ces critères pour rendre indissociable leur stratégie de leur politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises), ce qui devient clairement un élément central de leur pérennité.
Les mentalités sur ce thème ont considérablement évolué depuis l’époque où l’ISR donnait, à tort, l’impression d’un simple concept marketing. Aujourd’hui, la prise de conscience est plus qu’une réalité puisque les investissements sont majoritairement orientés vers des placements qui satisfont à cette exigence et dont la performance est au rendez-vous. Plus que jamais l’Europe, déjà pionnière sur le sujet, entend conserver le leadership mondial dans ce domaine en intensifiant son action à travers le « Green Deal » (pacte vert) et le prochain plan de relance de 750 milliards d’euros qui seront fléchés vers le climat ou le numérique.
Cette démarche responsable fait déjà partie intégrante de notre gestion et de nos convictions depuis plusieurs années puisque nos portefeuilles types sont constitués de fonds utilisant ces criètres ESG dans leur processus d’investissement : Amundi Actions USA ISR, Amundi Valeurs durables, Amundi KBI Aqua, CPR Food for Generation. Ces fonds totalisent déjà dans notre caisse régionale de Crédit Agricole Pyrénées Gascogne un encours client qui approche 100 millions d’euros, montrant ainsi tout l’impact de ce conseil. C’est d’ailleurs une tendance pour l’ensemble du groupe Crédit Agricole, dont la filiale Amundi (1er gestionnaire d’actifs de la zone euro) utilise de plus en plus les critères ESG dans sa stratégie d’investissement. Nous avons également, en dehors des portefeuilles types puisque c’est un investissement non coté, lancé très récemment Amundi Energies Vertes, un fonds qui permet d’investir directement dans des installations photovoltaïques, hydrauliques et éoliennes afin d’avoir un impact encore plus important sur la transition énergétique en cours (tout en diversifiant son patrimoine avec une rentabilité intéressante).
Point marchés
Des marchés actions globalement en baisse ce mois-ci. Les Etats-Unis et l’Europe reculent entre -3 % et -4 %, tandis que le Japon progresse de 3% et les Emergents sont proches de l’équilibre. Dans un contexte de remontée de l’aversion au risque, le dollar s’est renforcé de 2 % par rapport à l’euro. Nos portefeuilles types résistent bien et ne baissent que de 0,4 % ce mois-ci.
La baisse récente des indices boursiers et la hausse de la volatilité ont découlé de trois principaux évènements :
- les excès liés à la spéculation d’opérateurs financiers sur les valeurs technologiques qui ont fait chuté en début de mois d’environ 10 % les indices américains (Standard&Poor’s 500 et le Nasdaq) qui étaient sur des plus hauts historiques (performances de + 8 % et + 20 % depuis le début de l’année), tandis que dans le même temps les indices européens faisaient preuve d’une belle résistance par rapport à Wall Street.
- l’absence d’annonce de la part des banques centrales qui ont indiqué que la situation économique ne justifiait pas de nouvelles mesures, ajoutant qu’elles n’hésiteront pas à agir dans les prochains mois si la situation venait à se dégrader. Comme nous l’indiquions dans le point mensuel de juillet, cette position n’a pas satisfait les investisseurs pour qui l’absence de stimulus monétaire est synonyme de déception à court terme. Sans surprise, les marchés auraient préféré que la situation sanitaire s’améliore et que l’économie prenne le relais ou bien alors qu’elle se dégrade de nouveau et que les gouvernements et banques centrales augmentent encore leurs soutiens. Le statu quo actuel signifie ni soutien de la part de l’économie ni soutien supplémentaire des autorités.
- la récente annonce de nouvelles mesures (ciblées) de restriction, consécutives à l’aggravation de la situation sanitaire en Europe de l’Ouest avec l’augmentation du nombre de nouveaux cas en Espagne, en France, au Royaume-Uni ou en Israël où le confinement complet a été prolongé au-delà du 10 octobre. Après six mois de hausse constante, l’enchaînement de ces trois épisodes aura été l’occasion d’une petite respiration pour les marchés. Dans notre scénario central, le second souffle de la bourse repose sur l’hypothèse d’une économie mondiale comblant son manque structurel de 10 % par rapport à son niveau d’activité d’avant Covid-19 et bien sûr d’une normalisation sanitaire (traitements efficaces ou vaccins de masse). Il nous semble clair qu’une seconde hausse prononcée des marchés (après le puissant rebond depuis la mi-mars) passera par un fort rebond des valeurs décotées, dans lesquelles se trouve aujourd’hui le potentiel à court moyen terme. Plusieurs semblants de rotation ont eu lieu durant l’été, mais l’étincelle n’a jamais pris, se soldant jusqu’ici par des faux départs. L’opposition entre les « valeurs de confinement » (secteurs de la tech, du luxe ou de la santé) et les valeurs d’un « retour à la normale » (industrie, banque, énergie, transport, automobile) persiste encore. Même si pour le moment nous ne croyons pas à l’éventualité d’un nouveau et strict confinement (arrêt total de l’économie), il n’en demeure pas moins que l’Europe connaît depuis l’été son deuxième test de résistance lié au Covid-19. Il serait donc raisonnable de considérer qu’on se dirige vers des mesures ciblées de restriction des déplacements. Une reprise en K paraît se dessiner, avec des secteurs déjà revenus sur leurs niveaux d’avant crise (voire même mieux) et d’autres complètement à l’arrêt. A ce jour, le niveau de la bourse ne fait que refléter les 10 % de PIB manquants liés aux secteurs très impactés par le coronavirus. Fort de ce constat, nous maintenons une exposition actions autour de 70 % au sein des portefeuilles suite à l’allègement de 10 % du mois dernier.
Après l’engouement estival, les valeurs technologiques américaines reprennent leur respiration.
Après un mois d’août historique (16 nouveaux records sur 21 séances de bourse), le Nasdaq a subi, dans les premiers jours de septembre, sa plus forte séance de baisse depuis le mois de mars. Un article du Financial Times désignant un conglomérat japonais comme la « baleine du Nasdaq » est à l’origine de la correction (l’indice ayant perdu près de 12 % en trois séances). D’après cette enquête, Softbank (qui n’est d’ailleurs pas une banque mais une holding habituée de la spéculation) aurait pris depuis plusieurs mois des positions spéculatives de grande ampleur sur les grandes valeurs technologiques américaines via des produits dérivés, contribuant directement à alimenter la hausse du Nasdaq. Les volumes auraient atteint les plus hauts niveaux jamais observés pour les options d’achat sur une valeur. De la même manière, le développement important pendant le confinement de l’application Robinhood (passage de 10 à 13 millions d’utilisateurs « boursicoteurs » entre mai et juin) aura contribué à ce mouvement de spéculation (via les particuliers cette fois). De tels flux amplifient mécaniquement les hausses et les baisses de manière forte et rapide par le biais de l’effet de levier intrinsèque aux options. Ces révélations illustrent les excès qui peuvent exister sur le secteur technologique. Le fabricant de camions électriques Nikola en a également fait les frais. Après une introduction en bourse en juin dernier, une capitalisation boursière qui a dépassé celle des plus grands constructeurs automobiles américains dans la foulée, la société a annoncé une prise de participation par General Motors de 11 % de son capital. Alors que Nikola n’a toujours pas vendu un seul véhicule, la société de recherche Hindenburg a publié un papier affirmant que l’entreprise était basée sur une fraude gigantesque. Elle l’accuse notamment de mentir sur le système de propulsion de ses véhicules, alors qu’un spot promotionnel met en scène un camion en mouvement sur une route en légère pente et que le fabricant n’a pas annoncé que son moteur était fonctionnel. Malgré une tentative de rattrapage de la part de Nikola, son président et fondateur a annoncé sa démission le 21 septembre. Le titre a perdu plus de 60 % depuis l’annonce de l’entrée de GM au capital.
Face au retour de la volatilité, il est important de se concentrer sur les fondamentaux, alors que l’engouement reste très fort pour la technologie. En témoigne l’introduction en bourse de Snowflake, spécialisé dans les systèmes de stockage de données dans le cloud. Initialement estimée entre 75 et 85 dollars, l’introduction en bourse s’est
finalement faite au prix de 120 dollars. Puis le cours a doublé dans les échanges qui ont suivi. Cette introduction intervient au moment où le géant chinois Alibaba prépare la plus grosse opération de l’histoire et prévoit de lever 35 milliards de dollars pour sa filiale financière Ant Group (cf. notre point mensuel d’août).
Retour des tensions sino-américaines
Le conflit commercial semble reprendre de plus belle et plus particulièrement les offensives de Donald Trump. Il a notamment repris son idée selon laquelle le fait de cesser tout échange avec la Chine permettrait à l'économie américaine d'économiser des milliards de dollars. Grâce à ce « découplage », il estime pouvoir relocaliser des emplois de Chine vers les États-Unis et s'affranchir de toute dépendance envers Pékin. Ces velléités protectionnistes se ressentent particulièrement dans les mesures qui ont été prises ces dernières semaines par Washington.
Depuis le 15 septembre, tout composant utilisant une technologie américaine a l'interdiction de se trouver dans un smartphone Huawei. Celle-ci se voit donc privée de la plupart des semi-conducteurs haut de gamme. SMIC, principal concepteur de puces chinois, est aussi dans le viseur de Washington et il n'a de toute façon pas la capacité
de produire des puces de ce niveau de performance. La pression s'intensifie donc considérablement pour la marque chinoise qui a déjà dû suspendre la production de certains modèles. En parallèle, l'affaire TikTok a pris des allures de feuilleton. Depuis que le gouvernement américain soupçonne le réseau social chinois d'espionnage (sans aucune preuve évidente), il cherche à imposer une prise de contrôle par des groupes américains. Oracle et Wall Mart devaient se partager 20 % du capital, avec un accès au code source de l'application et des sièges au conseil d'administration. Mais D. Trump a jugé que ce n'était pas suffisant et a fait publier un décret afin de bannir l'application des plateformes de téléchargement aux États-Unis. La justice américaine a donné raison au recours déposé par TikTok, qui reste donc disponible pour des raisons de liberté d'expression dans une période pré-électorale. Si aucune solution n'est trouvée d'ici là, l'interdiction totale de l'application sur le territoire américain entrera en vigueur le 12 novembre. Cette polémique alimente évidemment la campagne présidentielle actuelle, mais il est peu probable qu’elle se poursuive dans les mêmes proportions après les élections même si, quel que soit le vainqueur, l’affrontement avec la Chine se prolongera encore pendant de nombreuses années.
Statu quo du côté des banques centrales
La réunion de la Fed de septembre n’a pas apporté de nouvel élément hormis que les choses ne changeraient pas de sitôt. C’est étonnamment le statu quo qui constitue un changement pour les investisseurs. En communiquant plus précisément sur ses intentions futures, Jerome Powell utilise parfaitement la « forward guidance » comme outil de politique monétaire. En effet, aucune modification des taux ni du rythme des achats d’actifs n’a eu lieu, mais le Président de l’institution monétaire américaine a précisé que les taux directeurs resteraient dans le fourchette actuelle (0 % - 0,25 %) jusqu’à ce que l’inflation dépasse un taux de 2 %. En faisant le rapprochement avec les prévisions d’inflation, on peut donc s’attendre à un maintien des taux sur ces niveaux pendant au moins 3 ans. En procédant de la sorte, J. Powell maintient la pression sur les taux courts et sur le dollar.
Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), pas de grand changement non plus. Christine Lagarde a confirmé que le programme d’urgence d’achat d’actifs (PEPP) serait très certainement utilisé intégralement. Concernant l’appréciation récente de l’euro face au dollar, elle a rappelé que le mandat de la BCE est la stabilité des prix et qu’il n’y avait pas à se fixer d’objectif de taux de change pour cela. Même si l’incertitude demeure dans son discours, d’où l’importance de maintenir un fort soutien monétaire, elle note un fort rebond de l’activité économique. Les enquêtes PMI auprès des directeurs d’achats sont venues confirmer cette vision avec toutefois une nuance à apporter pour le secteur des services dont le niveau d’activité ne repart pas pour l’instant en zone euro (contrairement au secteur manufacturier). La BCE a légèrement relevé ses prévisions pour 2020 : elle s’attend désormais à une baisse du PIB de 8 % contre 8,7 % précédemment. Plusieurs commentaires de membres de la BCE laissent entrevoir des désaccords au sein de l’institution sur la conduite à tenir en termes de soutien. Les publications macroéconomiques donneront certainement le ton d’ici à la prochaine réunion de politique monétaire prévue le 29 octobre.
Brexit : le jeu dangereux de Boris Johnson
A l’heure où nous écrivons, le Brexit semble encore loin et ne pas inquiéter outre mesure les marchés financiers alors que l’échéance n’a jamais été aussi proche. Après des discussions aussi interminables que stériles, le Royaume-Uni a fini par épuiser la patience des Européens. Il semble ainsi se préparer à affronter la position commune
d’une Europe qui n’a jamais été aussi soudée et qui rarement par le passé aura affiché une telle détermination vis-à-vis de son ancien partenaire qu’elle somme de respecter ses engagements concernant l’accord de retrait de l’Union européenne. La dramaturgie est donc montée d’un cran depuis que B. Johnson a menacé de claquer la porte si rien n’était conclu d’ici au Conseil européen du 15 octobre en vue d’une ratification par l’Europe avant le 31 décembre, date à laquelle la période de transition prendra fin. Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement britannique envisage dans son récent projet de loi sur le marché intérieur de ne pas exclure « la violation du droit international de manière limitée ». Cette ultime provocation le ferait revenir sur l’accord d’octobre 2019 qu’il a signé avec l’Union européenne et qui règlemente les futures relations entre les deux Irlande. Les Britanniques semblent sous-estimer les conséquences d’un « no deal ». Pourtant cette menace régulièrement réitérée aurait de lourdes conséquences pour le Royaume-Uni qui se trouverait entre autres confronté à des ruptures d’approvisionnement dans de nombreux secteurs. Nous pensons que le Royaume-Uni ne joue rien de moins que sa crédibilité s’il ne respecte pas ses engagements dans les accords qu’il a signés. Un tel reniement remettrait en cause toute éventualité d’un futur accord commercial avec l’Europe des « Vingt-Sept » ou tout partenariat avec les Etats-Unis comme n’a pas manqué de le faire remarquer Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des représentants. Les négociations actuellement au point mort viennent de reprendre. Il faut espérer qu’elles ne patineront plus dangereusement sur la pente glissante d’une sortie sans accord. Une telle issue aggraverait les risques croissants d’une montée de l’indépendantisme écossais avec à terme, un possible effet domino avec le Pays de Galles. La menace d’un risque de désintégration du Royaume-Uni devrait inciter B. Johnson à chercher, in extremis, un accord sous peine de ruiner un héritage historique. A ce stade, il nous semble de plus en plus probable que quatre ans après le Brexit (23 juin 2016) nous nous dirigions vers une sortie sans accord.
Fusions-acquisitions, autre élément de soutien des marchés
A la question de savoir quels thèmes permettraient de franchir le plafond sur lequel les marchés actions semblent buter depuis quelques mois (5 000 / 5 100 points pour le CAC 40), nous pensons immédiatement, et c’est bien normal, à l’amélioration de la situation sanitaire, à l’annonce de la découverte d’un vaccin ou d’un traitement thérapeutique, aux plans de relance et de soutien des Etats et des banquiers centraux, à la levée des incertitudes liées aux élections américaines, à un accord commercial encadrant le Brexit, à l’apaisement des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, mais pas spontanément aux fusions-acquisitions, pourtant vrai moteur pour les marchés (on parle de catalyseur). Or, dans un monde à la croissance incertaine et dans un environnement de taux bas, la thématique des fusions-acquisitions reste un excellent moyen de capter de la croissance ou de mutualiser les coûts. La crise du Covid-19 a fait émerger la réalité d’une récession mondiale en mettant en difficulté les entreprises de certains secteurs, poussées à rechercher à tout prix des parts de marché ou du savoir-faire. Les périodes de crise favorisent ce type de rapprochements. Parfois il peut s’agir d’opérations « d’opportunités » entre deux entreprises bien portantes qui fusionnent entre elles parce que l’une des deux est devenue attractive à la suite de la baisse de sa capitalisation boursière. Il peut également s’agir d’un mariage de « raison » lorsque deux acteurs mal-en-point s’unissent pour tout simplement survivre. Il est vrai que l’attention se focalise toujours sur les grandes opérations emblématiques comme le rapprochement annoncé fin 2019 entre le géant français du luxe LVMH et le joaillier américain Tiffany (cf. point mensuel de novembre 2019), opération depuis avortée et qui se règlera devant les tribunaux, à moins que le groupe français ne parvienne à renégocier le montant de la transaction (16 milliards de dollars) lancée avant la crise du Covid-19. Récemment, c’est la bataille qui s’engage entre les deux grands acteurs français des services aux collectivités (distribution de l’eau, traitement des déchets) suite à l’opération lancée fin août par Véolia sur Suez (rachat de la participation de 32 % que détient Engie dans Suez) qui fait l’actualité. Depuis cet été, de nombreuses opérations ont animé les marchés actions. D’abord sur le créneau, moins médiatisé, des petites et moyennes capitalisations, puis plus récemment concernant de bien plus grosses entreprises faisant partie des secteurs d’activité qui tirent les marchés actions vers le haut depuis la pandémie mondiale liée au Covid-19. Ainsi, sans vouloir être exhaustif, citons par exemple dans le secteur de la « tech » l’offre publique d’achat (OPA) géante de l’américain Nvidia, sur le britannique Arm (propriété du japonais Softbank), opération à 40 milliards de dollars dans les microprocesseurs qui pèsera sur l’équilibre du marché des semi-conducteurs et devrait bouleverser l’électronique grand public. De même, malgré la course effrénée que se livrent actuellement l’industrie harmaceutique pour découvrir le vaccin contre le Covid-19, citons le laboratoire américain Gilead, parallèlement engagé dans cette quête vers le précieux sérum, et qui se renforce dans l’oncologie en déboursant 21 milliards de dollars pour s’offrir la biotech Immunomedics.
Le secteur de la finance fait également l’actualité, puisque le groupe Euronext vient de l’emporter face à ses rivaux (la bourse allemande Deutsche Börse et la bourse suisse Six group AG) pour acheter la bourse de Milan. L’opérateur boursier paneuropéen qui regroupe déjà les places boursières de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, Dublin et Oslo est entré en négociation exclusive avec le London Stock Exchange (actuel propriétaire) qui souhaite vendre Borsa Italiana en vue d’acheter l’américain Refinitiv. La transaction permettrait à Euronext d’asseoir encore plus sa position en Europe et de mettre la main sur l’une des principales plateformes d’échanges obligataires du « Vieux Continent » et de faire son entrée dans la négociation de la dette souveraine avec l’acquisition de cette véritable pépite. Toujours dans ce secteur décoté et fortement sous pression de la banque/assurance, l’opération en cours entre Bankia et Caixa Bank est en passe de donner naissance à la plus grande banque espagnole (devant Santander et BBVA). D’autres dossiers similaires de concentration pourraient être annoncés en Allemagne, en France ou en Suisse. Citons juste côté helvétique, les rumeurs de approchement entre UBS et Crédit Suisse. En attendant que les sujets de préoccupation sanitaires, économiques et politiques se dissipent, nous pensons que ce thème des fusions-acquisitions pourrait constituer un relais significatif et un ingrédient puissant pour alimenter la progression des marchés actions dans les semaines et mois à venir.
A surveiller dans les prochaines semaines :
- évolution de la pandémie en Europe de l’Ouest avec le risque de mesures de confinement ciblées, arrivée prochaine d’un traitement/vaccin (fin 2020 /
début 2021)
- tensions politiques entre les États-Unis et la Chine
- élection présidentielle américaine, risque de contestation du résultat par les deux camps
- communications des banques centrales
- début des résultats des entreprises au T3, prévisions pour le T4