Point mensuel octobre 2021 - Investissements

03/11/2021 - 20 min de lecture

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Point mensuel octobre 2021 - Investissements

Des marchés actions en nette hausse en octobre portés par les bons résultats des entreprises au troisième trimestre. Malgré le ralentissement de certains indicateurs macroéconomiques et les tensions inflationnistes, les principales places boursières ont fortement progressé au cours du mois écoulé. Les États-Unis et l’Europe grimpent de 6 % et 5 % tandis que le Japon et les Emergents en retrait depuis le début de l’année montent respectivement de 3 % et 1 %. Au chapitre énergétique, les cours de l'or noir se stabilisent à 83,8 dollars pour le baril de Brent après l'annonce par l’Opep+ d'une prévision de baisse des stocks mondiaux plus importante que prévu. La monnaie unique reste stable par rapport au dollar à 1,15 après avoir frôlé les 1,17 pour la première fois en un mois lors de la conférence de presse de Christine Lagarde qui a reconnu que l'inflation resterait élevée plus longtemps que prévu. Nos portefeuilles progressent ce mois-ci de 3,13 %.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 47,7 % avec une performance globale de 147,3 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/10/2021 :

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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane, Espace Liberté et Anaé) au 31/10/2021.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 255 464 €

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Portefeuille type Assurance-vie (Floriane, Espace Liberté 1 & 2 et Anaé) : valorisation : 231 355 €

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Répartition du portefeuille actuel : 

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Point marchés

 

Les marchés ont durant ces derniers mois fait preuve d’une impavidité incroyable. Le moins que l’on puisse dire est qu’après la parenthèse agitée de septembre, ils donnent le sentiment de refuser de baisser
alors même que les sujets de préoccupation ne manquent pas ; goulets d’étranglement, pénuries de semi-conducteurs, crise énergétique, décélération de la Chine (première estimation de sa croissance à 4,9 % au troisième trimestre), resserrement politique et économique de la part des autorités chinoises sur l’économie du pays, ralentissement de la production manufacturière, énigme du marché de l’emploi aux Etats-Unis qui met plus de temps que prévu à se réguler malgré une moyenne de 500 000 créations de postes par mois (paradoxe d’une pénurie de main-d’œuvre et d’un taux de chômage supérieur à l’avant crise), sans oublier la relative tension sur les taux d’intérêts en attendant les annonces imminentes des banques centrales, bref, les sujets sont légion et malgré cela, les indices boursiers européens en américains ont enregistré au mois d’octobre une de leurs meilleures performances de l’année faisant preuve d’une remarquable résilience. D’ailleurs, dans ce contexte de relative incertitude, les récentes enquêtes de conjoncture ne baissent pratiquement pas et demeurent sur des niveaux historiquement élevés. Ainsi, les indices PMI européens des services ou des biens manufacturiers ressortent, certes au plus bas depuis six mois, mais toujours nettement en phase d’expansion en octobre (respectivement supérieurs à 56 et 58). Les marchés rentrent donc dans une phase de transition avec un obstacle de taille qui se dresse devant eux. Ils étaient jusqu’ici dans un environnement optimum avec des politiques monétaires et budgétaires ultra généreuses et voilà qu’ils doivent se résoudre à se priver progressivement des liquidités quasi illimitées déversées depuis mars 2020 et dont ils ont abondamment profité.
En dépit de ces vents contraires, les opérateurs financiers ont préféré jouer la carte de l’optimisme. Ils sont restés focalisés sur les dernières communications de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne concernant l'évolution de leur politique monétaire. Ils sont également restés attentifs aux perspectives favorables d’un retour progressif à la normale (vers la mi-2022) sur les chaînes de production et d’approvisionnement. Enfin, ils se sont naturellement appuyés sur les solides publications des résultats des entreprises qui ont constitué un facteur de soutien essentiel à la bonne tenue des indices boursiers.
Ce mois d’octobre aura donc vu les places boursières mondiales enregistrer globalement de belles performances (contrastées selon les zones géographiques) avec d’un côté les Etats-Unis et l’Europe très nettement détachés et de l’autre le Japon et les Émergents plus à la traîne. L’environnement financier toujours favorable aux actifs risqués renforce le sentiment acheteur des investisseurs et permet aux principaux indices d’enregistrer des performances comprises entre - 2 % à Shanghai et + 22,9 % à Paris depuis le début de l’année. Suite à la respiration du mois de septembre intervenant après huit mois de hausse ininterrompue, les places boursières européennes reviennent proches de leurs plus hauts sommets atteint durant le milieu de l’été. Ainsi, l’indice parisien (CAC 40 à 6 830 points + 22,9 %) est-il toujours aux avant-postes. Il oscille depuis plusieurs mois entre 6 450 points et 6 800 points (soit un écart d’environ 5 %) avec une pointe au-dessus en août et en dessous en juillet. Celui de la zone euro (l’Euro Stoxx 50) progresse de 19,5 % à 4 250 points tandis qu’à la bourse de Francfort, le Dax gagne 15 % à 15 688 points. Du côté de Wall Street, le Standard & Poor’s 500 (à 4 605 points + 22 %) et le Nasdaq (à 15 498 points + 18,5 %) profitent des excellents résultats trimestriels de entreprises américaines et franchissent de nouveaux records historiques malgré la (très relative) déception des investisseurs américains à propos des résultats des géants technologiques Apple et Amazon. Petit évènement, dans la foulée de ces solides publications mais en demi-teinte, Apple a dû céder sa place de première capitalisation mondiale à Microsoft (2 460 vs 2 490 milliards de dollars). Le Japon (Nikkei à 28 892 points + 3,6 %) est assez nettement en retrait et les Emergents (MSCI Emerging à 1 276 points – 2 %) replongent dans le rouge et ferment la marche du classement depuis le début d’année.

 

Convictions d’investissements

 

A l’image de cette saison automnale, le paysage macroéconomique est traversé par quelques nappes de brumes dont nous pensons que les effets devraient finir par se dissiper plus ou moins rapidement.

La première concerne les pressions inflationnistes. A ce sujet, soyons honnêtes, il est difficile d’avoir des certitudes sur leur caractère temporaire ou non. Il est encore prématuré d’écarter le risque d’un emballement des salaires en répercussion des prix, ce qui risquerait d'entraîner une spirale inflationniste durable. Mais avant d’éliminer définitivement cette hypothèse, reconnaissons simplement que certains éléments inflationnistes pourraient être de nature structurelle. Par exemple, nous savons que la hausse des prix de l’énergie découle partiellement des choix climatiques et énergétiques ambitieux que nous posons globalement en Europe. En effet, vouloir passer brutalement des énergies fossiles aux énergies renouvelables entraîne une hausse des prix en raison du renchérissement de la demande pour faire face notamment aux pénuries d’électricité. Or, la situation ne va pas s’arrêter par enchantement dès 2022. De même, nous pouvons nous demander si des entreprises ayant du mal à recruter ont bien anticipé les potentielles demandes de hausse de salaire.
Mais revenons à notre scenario central de considérer que l’inflation restera encore forte mais transitoire car il semble vraisemblable que les causes conjoncturelles dureront un peu plus longtemps que prévu. Cette poussée des prix (un sommet de plus de 13 ans en zone euro) découlerait de trois principaux facteurs. D'abord, les contraintes liées aux pénuries de matériels ou de main-d'œuvre, dues à une demande supérieure à l'offre. Ensuite, les prix de l'énergie, liés à cette forte reprise économique, mais aussi à des facteurs intrinsèques liés à la production. Enfin, l’effet de comparaison qui subsiste avec l'année précédente, période durant laquelle l'Allemagne avait baissé son taux de TVA. Ainsi, à l’instar des banques centrales, les attentes du marché convergent également en direction d’une normalisation à partir du second semestre 2022. D’ailleurs, indépendamment d’une saisonnalité défavorable (baisse des températures, saison des tempêtes et des cyclones), une lueur commence à se profiler à l’horizon avec tout dernièrement un début d’éclaircie dans cette crise énergétique.

  • Les prix du gaz en Europe ont commencé à baisser ces derniers jours. La Russie, principal fournisseur de gaz du Vieux Continent, a confirmé qu’une fois la reconstitution de ses propres stocks terminée, elle réserverait à nouveau une part importante de sa production à l’exportation.
  • Le prix du charbon en Chine commence lui aussi à diminuer sensiblement. Les autorités chinoises ont dernièrement laissé entendre qu’elles allaient intervenir pour faire baisser son prix, dont la flambée contribue à de multiples pénuries d'électricité dans le pays (60 % de la production d’électricité) ce qui pénalise la reprise économique.
  • Le prix du transport maritime semble également entamer un début de désescalade (le prix d’un conteneur avait été pratiquement multiplié par six en un an, passant de 3 000 à 17 000 dollars).

Au global, ces différentes composantes qui soufflaient sur les braises de l’inflation commencent doucement à se dissiper. Reste la question centrale qui subsiste toujours à savoir, la pénurie des semi-conducteurs qui sont omniprésents dans notre vie de tous les jours. Ce sujet fondamental focalisera évidemment toute l’attention des marchés dans les mois à venir car l’inflation est à la fois un sujet pour les marges des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages. Il serait donc raisonnable d’envisager que ce problème se normalise à horizon six à neuf mois.

La seconde nappe de brume porte sur la politique monétaire des banques centrales et dans l’immédiat principalement la Reserve fédérale américaine. Un premier virage des banquiers centraux vers une politique monétaire un peu moins accommodante se prépare. Nous sommes à la veille d’un retrait progressif des montagnes de liquidités qui avaient été abondamment déversées sur les marchés depuis le début de la crise sanitaire. A l’heure où nous écrivons, un début de réduction des rachats d’actifs (tapering) concerne principalement les États-Unis. Même si l’annonce n’est pas encore officielle (question d’heures), cette diminution des liquidités devrait commencer dès ce mois de novembre. Alors même que ces périodes de transition sont toujours très délicates, il faut souligner que la Fed a remarquablement géré les anticipations de marchés en indiquant qu’elle commencerait à diminuer ses injections de liquidités sans provoquer trop de remous. Quels que soient les prochains chiffres économiques, nous pensons que la Fed ne peut plus revenir en arrière. En effet, ce changement de cap est tellement bien ancré dans les esprits des investisseurs, qu’il serait désastreux d’en différer le début. Un tel revirement serait à coup sûr générateur d’une grande volatilité et risquerait de créer une réaction malvenue des marchés. Après avoir parfaitement manœuvré depuis des mois, la Fed ne peut plus se déjuger car elle perdrait toute crédibilité. Une fois cette première phase de normalisation achevée (en vue de lutter contre l’inflation), il sera temps pour elle de remonter ses taux directeurs car mener simultanément tapering et hausse des taux serait trop brutal. Cette seconde étape ne devrait selon nous pas débuter avant septembre 2022. En ce qui concerne la zone euro, la BCE ne se trouve pas dans la même situation que la Fed à devoir normaliser aussi rapidement qu’elle sa politique monétaire (cf. notre développement sur la BCE ci-après) car son niveau d’inflation n’est pas aussi élevé et ancien (supérieur à 5 % aux États-Unis depuis mai 2021 vs 4,1 % en zone euro depuis octobre) et que l’endettement des Etats membres lui interdit de remonter ses taux directeurs avant encore plusieurs années. Mais sur ce point, il convient de rester humbles car nous ne maîtrisons pas tout et il peut y avoir des facteurs de surprise. A toutes fins utiles, rappelons qu’il n’est pas naturel pour une banque centrale de gérer une inflation provenant de dysfonctionnements de chaines de production car sa politique ne peut avoir d’effet que sur la demande et non sur l’offre.

La troisième nappe de brume concerne la Chine. Nous considérons que les derniers évènements sur les plan sanitaire, immobilier et géopolitique pourraient à court terme alimenter la volatilité et la sous-performance de la zone. Ils risqueraient également de provoquer des tensions inflationnistes et entraîner un ralentissement plus marqué de la croissance chinoise et par extension, mondiale.

  • D’abord sur le plan de la pandémie, le nombre de contaminations liées au Covid-19 pourrait faire craindre de la part du gouvernement de nouvelles mesures drastiques de confinement comme celui en ce moment de la ville de Lanzhou et de ses quatre millions d'habitants car les autorités chinoises continuent d’appliquer la politique « zéro Covid » qui consiste à confiner strictement une ville ou un port de commerce au premier cas de contamination.
  • Ensuite, concernant le sujet sensible de l’immobilier, le risque avec le dossier Evergrande (cf. point mensuel du mois d’août) n’est pas encore systémique car le secteur n’est pas touché dans son ensemble. En fin de compte, les secousses actuelles ont été sciemment orchestrées par Pékin qui a pris des mesures contraignantes afin de stopper la spéculation et rendre le logement plus accessible aux ménages. Le fait que ces tensions aient été volontairement provoquées laisse aux autorités chinoises la capacité d’encadrer le problème jusqu’à ce qu’il se dégonfle. Pékin a enjoint le patron du géant de l'immobilier à puiser dans sa fortune personnelle pour régler un second versement de 47,5 millions de dollars (non payé en septembre). La volonté chinoise de faire un exemple dans le secteur immobilier est certes pénalisante pour l’économie et les marchés cette année, mais elle est de bon augure pour le futur. Ainsi, la question du logement deviendra moins prépondérante pour les chinois chez qui l’immobilier représente 60 % de leur patrimoine (politique de la « prospérité commune »).
  • Enfin, les éventuels regains de tensions avec Taïwan et les Etats-Unis. Les enjeux politiques et stratégiques avec Taipei (plus gros fabricant de semi-conducteurs), les enjeux commerciaux avec Washington après la révocation par le régulateur américain de l'autorisation d'opérer aux Etats-Unis pour la filiale locale de China Telecom, évoquant des risques pour la sécurité nationale, pourraient entraîner la crispation de certaines places boursières et des relations diplomatiques.

Malgré ce contexte troublé, nous restons positifs sur la Chine dans une perspective de douze à vingt-quatre mois. En revanche, à très court terme (trois à six mois), elle risque avec les pays émergents d’être un peu chahutée en raison de la hausse du dollar, de l’inflation et de la politique monétaire à venir.

Enfin, la quatrième nappe de brume concerne évidemment la situation sanitaire dont nous estimons toujours qu’elle constitue encore un réel danger pouvant contrarier à tout moment les marchés financiers. L’irruption brutal d’un grave évènement lié au Covid-19 fragiliserait la poursuite de la reprise et retarderait le vrai retour à la normale. Si ce danger ne peut toujours pas être écarté, nous ne croyons plus en l’hypothèse d’un grand reconfinement d’un pays développé même si cela reste possible. En l’état actuel de la vaccination (supérieure à 60 % dans les économies avancées), une mesure aussi contraignante semble improbable ce qui par conséquent limitera l’impact du Covid-19 sur l’économie mondiale et les marchés financiers. Même si les vaccins ne permettent que d’éviter les formes graves de la maladie et de freiner la pandémie (sans la stopper), la poursuite de la vaccination au niveau mondial constitue toujours le seul rempart efficace à ce variant Delta et sans doute à toute autre forme de mutation du Covid-19 en particulier dans les pays à bas revenus dont 96 % de la population n’est toujours pas vaccinée. L’objectif final reste toujours de parvenir à vacciner 40 % de la population mondiale d’ici à la fin de cette année et 70 % en 2022. Parallèlement, la prochaine commercialisation du nouveau traitement thérapeutique (pilule antivirale) du laboratoire américain Merck (en collaboration avec la biotech Ridgeback Biotherateutics) viendra compléter l’arsenal permettant de lutter encore plus efficacement contre les formes graves du Covid tout en réduisant les cas d’hospitalisations.

Malgré quelques soubresauts inévitables (car il y a toujours des évènements imprévisibles ou des sujets dont ne maîtrise pas l’évolution), nous conservons une vue positive pour la fin de de l’année et considérons toujours que le retour à la normale de l’activité économique dans le monde (c’est à dire son niveau d’avant crise de décembre 2019) devrait se situer d’ici le début de l’année 2022 à condition bien évidemment qu’aucun évènement majeur ne vienne brutalement contrarier ce scenario. L’économie mondiale devrait continuer de profiter de la reprise vigoureuse entamée en 2021 grâce notamment à la poursuite de la vaccination dans le monde. Les experts continuent de se rallier à la vision des banques centrales qui considèrent toujours que la hausse du prix des matières premières et l’engorgement des chaînes de production mondialisées seraient à l’origine de ce phénomène d’inflation temporaire. Pour la suite, nous restons donc confiants car les moteurs qui ont propulsé les indices actions ces derniers mois restent allumés.

  • La politique accommodante des banques centrales sera toujours le principal élément de soutien des marchés actions. L’épargne investie devrait encore rester en circuit fermé sur les actions et continuer à faire monter les indices boursiers. A ce stade du cycle des marchés, les investisseurs sont à la recherche de solutions de rendement dans un contexte de taux, certes en hausse, mais toujours aussi bas et pour lequel aucun changement notable sur l’environnement de taux n’est attendu dans l’immédiat (selon nous pas avant septembre 2022 aux États-Unis).
  • Il ne fait également aucun doute que la réduction graduelle des rachats d’actifs sera au centre de toutes les attentions. Mais il est important de relativiser l’impact de ce tapering. Il signifie simplement que la Fed inondera moins les marchés de liquidités. Il ne laisse absolument pas présager d’une politique monétaire restrictive, loin de là.
  • Les gouvernements seront toujours au chevet des économies à travers leur politique budgétaire. Sur le Vieux Continent, les soutiens vont continuer à se déployer au cours des prochains trimestres avec le plan de relance européen de 750 milliards d’euros (Next Generation EU). Outre Atlantique, le vote du second plan Biden de 1 750 milliards de dollars sur dix ans portant sur des mesures sociales et environnementales est sur le point d’être adopté par le Congrès.
  • Enfin, les publications des résultats des entreprises (82 % de bonnes surprises aux Etats-Unis, 65 % en Europe) devraient continuer d’apporter le carburant nécessaire à la bonne tenue des marchés. Comme en 2021, la croissance des bénéfices devrait permettre de soutenir les indices boursiers alors que nous connaissons un tassement de certains indicateurs macroéconomiques. Des pénuries dans certains secteurs pourront encore ici ou là, conduire à des résultats en demi-teinte, mais nous pouvons considérer que cela se traduira aussi par un décalage de chiffre d’affaires sur 2022. Il sera intéressant d’entendre les entreprises à propos de l’impact des tensions inflationnistes sur leur stratégie et leur orientations (guidance). Incontestablement, ce sont les profits des entreprises qui ont porté les marchés depuis le début de l’année. Ces derniers sont parvenus à refléter ces bons résultats dans leurs performances sans devenir plus chers pour autant. Même à un rythme moins important, les bénéfices des entreprises devrait permette aux marchés de continuer sur cette lancée à partir du moment où s’ils sont affectés à la distribution de dividendes ou à des programmes de rachat d’actions.

En résumé, les marchés actions intègrent des valorisations assez élevées mais qui prennent en compte l’environnement actuel de croissance des bénéfices des entreprises (+ 50 % en Europe et + 40 % aux Etats-Unis), d’absence d’alternative et de reprise économique. Nous poursuivons sur la même tendance, à savoir un marché plutôt bien orienté mais avec un potentiel de hausse sans doute plus limité et une volatilité qui, ces derniers temps, augmente par instants. Nous abordons donc ce dernier trimestre avec sérénité tout en restant prudents car l’exercice des prévisions sur les marchés financiers est un art qui rend humble quiconque s’y aventure. L’économie mondiale dans son ensemble reste dynamique. L’environnement macroéconomique de cette fin d’année est un peu plus compliqué en raison d’un léger manque de visibilité. Les incertitudes ou plutôt les interrogations sont réelles, qu’il s’agisse de la durée des pressions inflationnistes, de la pénurie des semi-conducteurs, des resserrements monétaires à venir des banques centrales, des perspectives de croissance mondiale notamment le niveau d’atterrissage de la croissance chinoise qui représentait ces dernières années près du tiers du PIB mondial. Malgré tout, nous aurons du mal dans le contexte actuel à considérer que le marché actions ne reste pas la meilleure solution pour tout investisseur disposant d’un horizon de placement dégagé. Les taux d’intérêt resteront bas (y compris pour les dettes des pays les plus risqués comme l’Italie, la Grèce, l’Espagne ou le Portugal) et le supplément de rendement offert par la dette privée (les entreprises) est de plus en plus faible, ce qui rend les actions incontournables.

En conclusion, notre stratégie demeure inchangée avec des marchés financiers qui devraient poursuivre leur marche en avant. Même si l’environnement mondial nous paraît favorable, la sagesse nous recommande de rester vigilants et de ne pas nous précipiter pour renforcer davantage l’exposition de nos portefeuilles (investis à 85 %). Celle-ci nous semble déjà suffisante pour profiter pleinement de la hausse si jamais les marchés actions devaient continuer à progresser. Dans ce cas, nous envisagerions même de sécuriser une partie de nos bénéfices. A l’inverse, il est possible que des épisodes baissiers viennent jalonner quelques séances de bourse sans pour autant remettre en question la tendance haussière de long terme des marchés actions. Dans cette hypothèse, toute véritable correction des marchés actions constituerait pour nous une opportunité pour renforcer notre exposition à partir des liquidités dont nous disposons en attente d’investissements.

 

La BCE maintient sa stratégie malgré la poussée inflationniste

 

Le conseil de politique monétaire de la Banque centrale européenne avait décidé en septembre dernier de reporter au mois de décembre l’annonce de toute décision de sortie de crise et de normalisation progressive de sa politique monétaire. Fort logiquement, la BCE a donc maintenu en octobre toutes ses mesures de soutien à l'économie et ce malgré la forte poussée de l'inflation en zone euro et le changement considérable de l’environnement. Après 3,4 % en septembre, l’inflation en zone euro a atteint un niveau inédit de 4,1 % en octobre (Espagne + 5,4 %, Allemagne + 4,5 %, Italie + 2,9 %, France + 2,6 %) bien au-dessus des 3,7 % attendu par le consensus et encore plus de l’objectif symétrique de 2 % visé par la BCE. L’inflation « cœur » c’est-à-dire les prix retraités des composantes les plus volatiles comme l’énergie et l’alimentaire, progresse également à 2,1 % sur un an après 1,9 % en septembre

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En parallèle, plusieurs banques centrales (Norvège, Nouvelle-Zélande, Islande, Pologne) ont commencé à resserrer leur politique monétaire et d’autres, dont la Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre, celles de Suède ou d’Australie s’apprêtent à le faire, pour tenter de contenir la poussée inflationniste liée à la reprise économique post-Covid et aux pénuries en tous genres qui l’affectent. La BCE elle, résiste. Son programme d’urgence de rachats d’actifs lié à la pandémie (PEPP), lancé en mars 2020, doté d’une enveloppe de 1 850 milliards d’euros, arrivera à son terme en mars 2022. D’ici là, la quasi-totalité de l’enveloppe aura été utilisée avec cependant un rythme des rachats qui ralentit progressivement depuis septembre dernier (près de 80 % sont déjà dépensés). Naturellement, toute la question est de savoir ce qui se passera après. Le programme (APP) de rachats d’actifs préexistant au PEPP pourra se poursuivre. Mais il est plus contraignant que ce dernier. Calibré à 20 milliards d’euros par mois, certains poussent pour en doubler l’enveloppe. Moins flexible, il doit par ailleurs respecter les clés de répartition du capital de la BCE. Or, le PEPP a permis au contraire à l’institution de Francfort de privilégier les rachats d’obligations des pays les plus fragiles et les plus endettés (Italie, Grèce, Espagne et Portugal).
La discussion débutera donc en décembre prochain. L’exercice s'engagera sur fond d'opposition grandissante au conseil de la BCE entre les "faucons" favorables à un resserrement monétaire, car l'inflation pourrait rester élevée plus longtemps que prévu, et les "colombes" la jugeant temporaire et voulant maintenir un cap expansif. Dans cet exercice d'équilibriste, la BCE semble dans une situation plus confortable que son homologue américain car les pressions inflationnistes sont moins prononcées qu'aux États-Unis en particulier sur les salaires. La Fed a déjà préparé le terrain pour une annonce de réduction de ses achats d'actifs (selon nous dès novembre 2021). Pour planifier une éventuelle hausse de taux, la BCE se fonde sur ses prévisions d'inflation à horizon 2023. Or pour l'instant, elle s'attend à un retour durable en deçà de son objectif de 2%, seuil déclencheur d'une politique plus restrictive et d'une hausse des taux. Munie de nouvelles prévisions en décembre, Christine Lagarde communiquera sur la fin du "PEPP" qui a permis de financer la politique du "quoi qu'il en coûte" durant l'épidémie de Covid-19. Le souci sera d'amortir un potentiel choc pour des marchés habitués à des injections massives de liquidités. La position attentiste de la BCE, qui n'a modifié aucun de ses instruments monétaires, est peut-être moins facile à tenir mais elle campe sur ses positions en justifiant que même si la hausse actuelle de l'inflation est partie pour durer plus longtemps que prévu, celle-ci déclinera au cours de l’année prochaine. Pour l'heure, la BCE ne craint pas un emballement des salaires en répercussion des prix, qui risquerait d'entraîner une spirale inflationniste durable.
En conclusion, quitte à faire mentir les anticipations des marchés financiers qui misent sur une hausse des taux dès la fin 2022, celle-ci n'est pas à l’ordre du jour, ni demain, ni même apparemment après-demain. Les mouvements attendus de la part de la Réserve fédérale américaine ou de la Banque d'Angleterre n'ébranlent pas les certitudes de la BCE. En revanche, la voie vers la sortie de la crise pandémique se dessine peu à peu. Le rythme des rachats d'actifs va se réduire dans les semaines à venir. Christine Lagarde confirme la fin du programme de rachats d'actifs d'urgence créé pour la pandémie (PEPP) en mars 2022, comme prévu. Le dispositif qui suivra fera l'objet des débats du conseil des gouverneurs et d'annonces lors du grand rendez-vous avec la BCE mi-décembre.

 

Une croissance mondiale robuste même si un peu moins forte que prévu

 

A l’évidence, les turbulences économiques ne sont pas encore toutes derrière nous. Les enquêtes de conjoncture (services, biens manufacturiers, confiance des directeurs d’achats, ventes au détail etc) ralentissent plus ou moins un peu partout en octobre mais demeurent sur des niveaux historiquement élevés. La reprise de l’économie mondiale continue, mais la dynamique s’est légèrement affaiblie. La hausse du PIB mondial devrait être de 5,9 % en 2021 puis de 4,9 % l’an prochain. En effet, les facteurs d’incertitudes pesant sur les perspectives économiques se sont accrus.
Tout d’abord en Chine, où le ralentissement de la deuxième économie mondiale était prévisible. Cependant, cette confirmation a récemment perturbé les grandes places boursières internationales confirmant l’expression bien connue « quand la Chine tousse, le monde entier s’enrhume ». Ainsi, selon les chiffres officiels, la croissance chinoise au troisième trimestre a décéléré à 4,9 % en rythme annuel, après 18,3 % et 7,9 % aux premier et deuxième trimestres. Comme nous l’évoquions dans notre précédent point mensuel, la Chine (tout comme les États-Unis) a commencé à montrer quelques signes de ralentissement (plutôt de normalisation) après son spectaculaire redémarrage. Il serait donc irréaliste d’imaginer que l’économie de celle qu’on appelle « l’usine du monde » continue de croître de 9 % par an. Sa croissance économique pour la prochaine décennie devrait logiquement décélérer autour de 5 % par an d’autant que le secteur de l’immobilier, véritable « pilier du miracle économique chinois » de ces vingt dernières années (près de 30 % du PIB chinois) traverse de sérieuses difficultés (surendettement des promoteurs Evergrande, Fantasia, Sinic, etc). En effet, durant les deux dernières décennies, des programmes massifs de construction avaient bourgeonné partout à travers le pays, portés par une urbanisation galopante, l’émergence d’une classe moyenne et surtout un accès facilité au crédit.
Ensuite dans les pays développés, avec les goulets d’étranglement des chaînes d’approvisionnement, la hausse des prix des matières premières ou les pénuries de main-d’œuvre. En conséquence de ces tensions, la prévision de croissance des États-Unis pour cette année a été révisée à 6 %, au lieu de 7 % auparavant. C’est aussi le cas en Allemagne, où elle ne sera que de 3,1 % (- 0,5 %) ou au Royaume-Uni (6,8 %, au lieu de 7 %). Après une amélioration généralisée partout dans le monde il y a tout simplement un peu plus de nuages qui viennent obscurcir l’horizon et gripper la machine de la reprise. En effet, nous n’avions jamais connu pareille reprise avec simultanément une telle pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs et un niveau de chômage aussi élevé, pas plus que des ports asphyxiés pour décharger des porte-conteneurs. Jusqu’à présent, la zone euro fait figure d’exception. L’efficace campagne de vaccination contre le Covid et le retour des consommateurs après la réouverture des économies ont permis de booster la reprise. Cela a conduit le FMI à relever sa prévision de croissance pour la zone euro à 5 % (vs 4,6 % en juillet), à 5,8 % pour l’Italie et à 6,3 % pour la France.

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La nouvelle dépendance de l'Europe à la Chine

 

Nul besoin d’être un athlète de haut niveau pour savoir que produire un effort violent sans échauffement est risqué. Telle est la brutale réalité après le rebond vigoureux de l’activité mondiale suite à l’arrêt forcé des économies du monde entier. Partout, les entreprises préviennent des difficultés rencontrées pour redémarrer leur production et répondre au rythme effréné de la demande des consommateurs. Résultat, c’est comme si l’économie mondiale souffrait d’un énorme claquage planétaire.
Ainsi donc, tout manque. La main-d’œuvre, qui s’est reconvertie à l’occasion de la pandémie ou n’a pas encore repris le chemin du travail. Les matières premières (pétrole, gaz, charbon) sursollicitées au terme d’une période de sous-investissement, de maintenance de sites industriels et d’épuisement des stocks ce qui provoque l’envolée des leurs cours. Les capacités de production temporairement dépassées et incapables de faire face à la demande. Le transport, considérablement ralenti par l’embolisation des chaînes logistiques (engorgement des ports de commerce, pénurie de conteneurs). Les composants, au premier rang desquels les désormais fameux semi-conducteurs, dont la cadence des livraisons dépend d’une poignée de fabricants (notamment Taiwan) ce qui prive par exemple de composants et de puces électroniques des secteurs comme ceux de l’automobile (fermetures temporaires d’usines chez Renault, Stellantis, Ford, General Motors ou Volkswagen entraînant une chute de leur production) et de la technologie (Apple sera dans l’incapacité de proposer le volume d’iPhone escompté en fin d’année).
Un nouvel élément allonge la liste des pénuries qui menacent provisoirement la reprise économique ; il s’agit du magnésium. Son prix a bondi de 2 000 à plus de 10 000 dollars la tonne en l’espace d’un an. Mais là n’est pas le pire. Les industriels européens de l’automobile et de la métallurgie ont communiqué qu’à la fin novembre, l’Europe aura épuisé ses stocks. Après celle des puces, une deuxième pénurie se profile car le magnésium est indispensable à la fabrication d’aluminium et d’alliages pour l’emballage, l’automobile ou l’aéronautique. Il est emblématique du fonctionnement de l’économie mondiale car s’il est un des éléments les plus courants sur terre, sa production à des fins industrielles est concentrée en Chine. Elle représente 87 % de la production primaire de magnésium dans le monde et 93 % de la consommation européenne. Cette dépendance du monde à l’Empire du Milieu ne doit rien au hasard. En effet, la production de magnésium par procédé électrolytique, à des fins industrielles, nécessite une grande quantité d’énergie. Une énergie mise à disposition en quantité et à bas coûts dans l’usine du monde, ce qui a écarté du marché les producteurs européens qui ont tous abandonné cette exploitation.
La pénurie actuelle de magnésium a ceci de particulier qu’elle résulte d’un arrêt délibéré de la production par les autorités chinoises qui ont stoppé l’activité des deux tiers des cinquante fonderies pour limiter la consommation d’énergie. Que la mesure ait été prise au nom du respect des quotas d’émissions de CO2, sous la contrainte économique provoquée par l’envolée des prix de l’énergie, ou par manque de charbon dans le contexte de guerre commerciale avec l’Australie, peu importe, la production en Chine est au ralenti et l’automobile européenne quasiment à l’arrêt. Les industriels ne peuvent être blâmés pour leur obsession du « just in time » (juste à temps) : le magnésium se stocke mal (il s’oxyde voire s’enflamme). Les discussions pour une sortie de crise s’intensifient entre l’Europe et la Chine. Xi Jinping doit sourire : n’est-on pas en train de lui demander de rallumer ses centrales à charbon en pleine COP26 et au début de la discussion sur la taxe carbone aux frontières. À moyen terme, l’Europe peut-elle se remettre à produire du magnésium ? À Bercy, on attend des projets dans le cadre du plan de relance. Ici et ailleurs dans le monde, la crise actuelle peut susciter la renaissance de sources de production. Pour le magnésium comme pour tous les éléments d’une chaîne de valeur, la clé de la résilience passe d’abord dans la diversification des approvisionnements et la relocalisation.

 

A surveiller dans les prochaines semaines :

  • évolution de la pandémie avec le danger de l’apparition de nouveaux variants
  • progression de la vaccination dans le reste du monde (hors pays développés)
  • autorisation pour le lancement du traitement thérapeutique du laboratoire Merck
  • fin des résultats des entreprises et guidance (orientations) des managements pour 2022
  • indicateurs macro-économiques (maintien ou tassement)
  • démarrage du tapering par la Fed et annonce par la BCE de sa nouvelle stratégie après mars 2022
  • vote par le Congrès du 2nd plan de relance Biden (infrastructures et social)
  • fin des négociations en Allemagne en vue de la nouvelle coalition (SPD, CDU, Verts)

 

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Mardi 9 novembre 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/7920770033876653326

Mardi 7 décembre 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/7492765341555583502

mardi 11 janvier 2022 https://attendee.gotowebinar.com/register/2151649016670488075

 

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le jeudi 2 décembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     

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