Point mensuel octobre 2020 - Investissements

03/11/2020 - 20 min de lecture

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Point mensuel octobre 2020 - Investissements

Des marchés actions en baisse ce mois-ci suite à l’aggravation de la situation sanitaire. Les Etats-Unis et l’Europe reculent entre 3 % et 7 %, le Japon reste pratiquement stable à -1 % tandis que les Emergents progressent de 2 %. La reprise de la pandémie a entrainé une remontée de l’aversion au risque, l’euro a baissé de 1,7 % par rapport au dollar. Nos portefeuilles baissent de 1,8 % ce mois-ci.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de +32,7 %, avec une performance globale de +96,2 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/10/2020 :

Global
Graphe perf

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/10/2020.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 200 300 €

PEA

 

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 185 800€

AV

 

Répartition du portefeuille actuel : 

Répartition

 

Point marchés

 

La dégradation de la situation sanitaire en Europe plonge à nouveau les marchés dans l’incertitude alors que depuis l’été, les indices boursiers faisaient preuve d’une remarquable stabilité. Le Japon et les Emergents résistent bien sur le mois, tandis que l’euro s’est légèrement affaibli (-1,7 %) par rapport au dollar. Après avoir espéré une reprise de l’économie mondiale, les investisseurs redoutent à nouveau l’impact économique des nouvelles mesures restrictives annoncées en Europe pour tenter d’enrayer la pandémie. Le décrochage en cette toute fin du mois d’octobre des indices américains et européens (de - 3 à - 7 %) et la hausse de la volatilité des marchés (indice VIX passé de 26 à 38), découlent également de deux autres facteurs. Le premier tient à la certitude pour les investisseurs que le plan de soutien à l’économie américaine ne sera définitivement plus lancé avant l’élection présidentielle pour des raisons (sans doute) électorales. En effet, républicains et démocrates ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un montant par crainte de trop s’engager en cas de défaite. Le second est lié à la crainte légitime pour les marchés américains qu’au lendemain de l’élection américaine il soit impossible de désigner avec certitude un vainqueur en raison d’écarts trop faibles dans les États clés et du dépouillement partiel des bulletins qui se poursuivra plusieurs jours après l’élection (cf. point mensuel septembre).
 

 

La deuxième vague de Covid-19 fait rechuter l’économie

 

Le spectre d’une seconde vague de Covid-19 à l’automne n’est donc plus un risque mais une réalité depuis la recrudescence du nombre de nouveaux cas depuis la mi-septembre. Les nouvelles mesures de restriction et de reconfinement annoncées la semaine dernière par les gouvernements européens précipitent le mouvement. Elles confirment le fait que l’Europe replongera en récession en fin d’année et que la reprise s’en trouvera décalée. Depuis quelques temps, les indices annonciateurs d’une rechute de l’économie s’accumulent. Depuis cette crise sanitaire, les économistes scrutent toute une série de nouveaux indicateurs qui permettent de mesurer en temps réel le pouls de l’activité économique : indice de mobilité de Google, réservations sur internet (vols, hôtels, restaurants), paiements par cartes bancaires, transactions immobilières, autant d’éléments favorisant les anticipations des grands indicateurs macroéconomiques comme la production industrielle ou les services dont les dernières données sonnent l’alerte d’un possible nouveau choc pour l’économie mondiale.
Le recours à un second confinement similaire à celui du printemps est perçu par les dirigeants des États comme la seule arme à disposition, qu’il faut à tout prix essayer d’éviter au profit d’une approche plus graduelle limitant l’impact sur l’économie et préservant autant que possible l’activité des entreprises (c’est le cas en Italie et en Allemagne qui affichent un quasi retour à la normale de leur production industrielle). Aux vues des dernières mesures prises par les pays européens, il est raisonnable d’en attendre les résultats pour juger de leur efficacité avant d’écarter définitivement la décision d’un second et redoutable arrêt complet de l’économie.
Dans cette atmosphère fébrile de seconde vague de la pandémie, les prochaines semaines serviront de test ultime pour savoir si l’économie européenne évite de replonger alors que la Chine et le reste de l’Asie confirment leur reprise et que les États-Unis restent (pour le moment) bien orientés. Jusqu’à la survenance de cette seconde vague, l’illusion d’une reprise de l’économie en forme de V (réalité pour la Chine), d’aile d’oiseau, de racine carrée ou de virgule inversée (le swoosh du logo Nike en ce qui concerne notre scénario) étaient réalistes. Or, la dégradation en Europe sur le plan sanitaire conduit désormais à envisager une évolution en forme de W, c’est-à-dire d’une récession à deux plongeons (en anglais une « double dip recession »). Après l’effondrement historique du deuxième trimestre et le rebond mécanique du troisième, le quatrième devrait piquer du nez au lieu de voir la reprise se poursuivre comme nous l’escomptions. La stratégie de « stop and go » mise en place n’aura pas été suffisante et le relâchement durant l’été aura sans doute eu raison de l’optimisme des gouvernements.
Bien que nous ayons alerté contre le risque d’une nouvelle vague, nous pensions que la reprise amorcée au troisième trimestre se poursuivrait sans interruption. Mais le repli maintenant certain du quatrième trimestre risque de décaler cette prévision d’un ou deux trimestres, du moins jusqu’à l’annonce d’un vaccin ou d’un traitement thérapeutique. Ainsi, les performances piteuses du PIB en 2020 risquent d’affecter le rebond de 2021 et de retarder la véritable reprise au second semestre 2021. En effet, cette seconde vague de Covid-19 menace le délicat échafaudage des plans successifs de soutien et de relance des gouvernements et des banques centrales. Pour autant, la question pour les marchés n’est plus de savoir s’il y aura des plans de relance et si un vaccin verra le jour, mais de connaître le timing, c’est-à-dire quand ces annonces interviendront. Autrement dit, on ne connaît pas encore précisément le scénario du film, mais on en connaît la fin (optimiste). La possibilité d’une reprise de l’économie en W (ou de double récession) nécessitera que les États et les banquiers centraux en fassent probablement davantage afin de maintenir à flot entreprises et emplois. Il faut par conséquent espérer que les restrictions par petites touches de mobilité combinées aux règles de distanciation sociale parviennent à casser le redémarrage de la pandémie afin d’éviter à tout prix la décision d’une nouvelle mise sous cloche de l’ensemble de l’économie d’un pays ce qui serait synonyme d’une nouvelle récession après celle historique du second trimestre. La bonne nouvelle est que ce second confinement d’une intensité moindre ne représente pas la même chute dans l’inconnu que le premier. Pouvoirs publics, banques centrales, hôpitaux et populations ont acquis l’expérience du premier confinement.
 

 

Stratégie et convictions

 

Nous maintenons l’idée dans notre scénario central d’un retour de l’activité au niveau d’avant crise d’ici à début 2022. Sur le plan sectoriel, une reprise en K semble désormais acquise avec des secteurs déjà revenus sur leurs niveaux d’avant crise (voire même au-delà) et d’autres toujours à l’arrêt (transport aérien, aéronautique, tourisme, hôtellerie, restauration). Pour faire simple, Amazon restera en haut tandis qu’Accor restera en bas.
De même, le second souffle de la bourse (après le puissant rebond depuis la mi-mars) repose toujours sur l’hypothèse d’une économie mondiale comblant son manque structurel de 10 % par rapport à son niveau d’activité d’avant Covid-19. Mais cette étape n’est envisageable qu’à condition que la situation sanitaire revienne à la normale. Or, une telle évolution dépend de la promesse de disposer en masse d’un vaccin. C’est justement une course contre la montre sans précédent qui s’est engagée pour les laboratoires pharmaceutiques. Les plus grands acteurs auront mis moins d’un an pour la mise au point des vaccins. Comme si l’exploit ne suffisait pas, ils devront en quelques mois seulement gagner une autre bataille, non moins cruciale, celle d’une mise en production avant la fin du développement clinique en vue d’assurer la fabrication de quantités pharaoniques du précieux sérum. Parmi les plus grands projets occidentaux, l’alliance entre le laboratoire américain Pfizer et la biotech allemande BioNTech semble bien partie pour démarrer une campagne de vaccination peut-être avant la fin de l’année. Mais les autres vaccins d’AstraZeneca-Université d’Oxford, de Sanofi-GlaxoSmithKline, de Moderna et autre Johnson & Johnson ne seront pas de trop pour fournir plusieurs milliards de doses nécessaires pour envisager d’immuniser l’ensemble de la population mondiale (d’abord les pays occidentaux sachant que la Chine n’a pas attendu) et commencer à entrevoir la fin de cet épisode délétère ; cette prouesse serait du jamais vu dans toute l’histoire de la science médicale. Pour finir, nous pensons que le recul des marchés sera limité et sans comparaison avec celui de mars en raison des niveaux abondants de liquidités (jamais eu par le passé de phase baissière prolongée avec autant de liquidités).
Dans ce contexte, nous maintenons notre exposition actions au sein des portefeuilles autour de 70 % mais regardons attentivement l’opportunité dans les prochaines semaines de renforcer nos positions afin de profiter de cette correction des marchés. Malgré les incertitudes de très court terme (élections américaines, réussite du confinement, Brexit), les niveaux auxquels nous nous situons ou ceux que nous pourrions atteindre en cas de prolongement de la tension actuelle, pourraient être un bon point d’entrée pour revenir sur les marchés dans une optique moyen/long terme (pour une partie des liquidités) tout en gardant des munitions en cas de rechute des marchés (c’est pour ce genre d’opportunités que nous avons des liquidités en attente).
 

 

Un début en fanfare pour les Corona bonds

 

L’Union européenne (UE) a fait sensation sur les marchés obligataires en lançant son premier emprunt mutualisé destiné à lutter contre la crise du coronavirus. La Commission européenne a levé 17 milliards d’euros pour financer une première tranche de son programme Sure de soutien au dispositif de chômage partiel des Etats membres doté d’une enveloppe globale de 100 milliards. L’émission a largement dépassé les prévisions avec une demande record de la part des investisseurs de 230 milliards d’euros (13 fois le montant emprunté). Ces derniers ont été séduits par la solide notation AAA (triple A) de l’UE ainsi que par des rendements attrayants. Une première émission de 10 milliards d’euros avec une maturité à 10 ans devait afficher un taux d’intérêt de -0,26 %. Certes ce rendement est négatif, mais il demeure moins pire que les taux allemands (eux aussi notés AAA) à -0,62 % ou français à -0,33 %. Les sept milliards d’euros restants auront une échéance à 20 ans. Par ailleurs, l’intérêt porté à cette émission obligataire (ainsi qu’aux prochaines) tient également à son caractère ESG puisqu’en matière d’investissement socialement responsable, il est beaucoup plus aisé de trouver à investir sur des supports actions que sur des supports obligataires.

Le succès de cette émission obligataire est un évènement important car il marque les débuts du vaste programme d’endettement de l’Europe et la poursuite de son déploiement en 2021. Mais il met surtout sur de bons rails les prochaines tranches du fonds de relance Next Generation EU pluriannuel de 750 milliards d’euros décidé durant l’été (cf. point mensuel de juin et juillet). Ainsi en 2021, l’UE devrait faire appel aux marchés à hauteur d’environ 200 milliards d’euros. De même, ces dettes pourront le cas échéant bénéficier également du soutien par la BCE dans le cadre de sa politique de rachats d’actifs puisqu’en relais des opérateurs privés, l’institution de Francfort est déjà intervenue à hauteur de 600 milliards d’euros sur les 1 350 milliards d’euros de son programme d’urgence afin de faire face à la pandémie (PEPP). En résumé, un placement de cette qualité, à savoir supranational, triple A et socialement responsable, sera à l’avenir particulièrement recherché par les investisseurs. En outre, il sera de nature à rassurer les marchés sur la capacité de l’UE à lever des capitaux pour financer sa dette et à offrir à l’Europe ce statut recherché de zone de stabilité.

 

La BCE bien décidée à en faire plus face à la crise du coronavirus

 

Lors de sa réunion du 29 octobre, la Banque centrale européenne (BCE) a préparé les esprits à un possible nouvel ajustement de sa politique afin de stimuler l’économie après avoir toutefois décidé un statu quo monétaire dans un contexte d’inquiétude liée à cette deuxième vague de Covid-19.
Alors que les risques qui pèsent sur la croissance sont réels, elle pourra décider d’agir en décembre prochain en fonction des prévisions de croissance. C’est probablement la première fois de son histoire que la BCE s’engage à l’avance à davantage d’assouplissements avec autant de clarté ; nul doute que ce message aura bien été enregistré par les marchés.
D’ici à la prochaine réunion de politique monétaire prévue le 10 décembre, la BCE sera très attentive à la mise en œuvre du plan de relance européen, à la levée partielle ou totale des mesures de confinement, aux publications macroéconomiques, à la fin des résultats des entreprises au troisième trimestre et enfin aux progrès dans la recherche d’un vaccin voire d’un éventuel lancement. S’il y a urgence sur le front économique, la BCE dispose encore de munitions en réserve. Elle n’a investi « que » 616 des 1350 milliards d’euros de son programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP), déjà rallongé en juin de 600 milliards. Celui-ci court, en théorie, jusqu’à la mi-2021 ou jusqu’à la fin estimée de la pandémie. Une rallonge du PEPP de 500 milliards d’euros pour une prolongation jusqu’à fin 2021 est espérée par les marchés. Contrairement au mois de mars dernier, les écarts de taux d’intérêt (spreads) entre les pays les plus fragiles, comme l’Italie ou l’Espagne, avec ceux de l’Allemagne se sont resserrés, tandis que l’euro cédait du terrain face au dollar. L’institution de Francfort veut se donner un peu de temps, même si elle note déjà que la recrudescence des contaminations et les nouvelles mesures de confinement vont peser lourdement sur la reprise. Si l’industrie a retrouvé son niveau d’avant crise et résiste très bien, le secteur des services, le plus affecté par les nouvelles restrictions à la mobilité, tourne au ralenti. La confiance des consommateurs s’érode et la fragilité financière des entreprises pèse sur l’investissement.
 

 

Jour J pour la présidentielle américaine, les marchés retiennent leur souffle

 

Hasard du calendrier, nous publions ce point mensuel la veille du résultat de l’élection présidentielle. Le suspense est donc à son comble puisqu’après le choc imprévisible du coronavirus, ce rendez-vous constitue l’évènement majeur de l’année. En règle générale, les marchés ont un candidat préféré, mais cette fois leur crainte est ailleurs. Ils redoutent en effet que le scrutin ne débouche pas sur une victoire claire et nette de l’un ou l’autre des candidats. L’hypothèse d’une contestation du camp perdant ouvrirait la voie à une bataille juridique et à une longue période d’incertitude puisque Donald Trump a déjà clairement annoncé la couleur en indiquant qu’il n’accepterait pas une transition pacifique du pouvoir s’il perdait. Il s’appuierait sur la complexité du mode de scrutin et sur le recours massif du vote par correspondance (source de fraude) pour refuser sa défaite.
Dernièrement, les marchés paraissent en partie rassurés à propos d’une telle éventualité en raison de l’écart creusé par Joe Biden sur son adversaire (environ dix points d’avance) ce qui écarterait tout risque de conflit et par la même occasion de scenario noir (voire de chaos) pour les marchés qui détestent l’incertitude. Même si l’avance du candidat démocrate semble confortable, le scrutin est loin d’être joué. En effet, dans le système américain de suffrage universel indirect, gagner l’élection ne nécessite pas d’obtenir le plus grand nombre de voix. Il faut parvenir à s’imposer dans quelques Etats clés comme la Floride, la Pennsylvanie, l’Ohio le Michigan, le Wisconsin et le Minnesota. Si Wall Street n’affiche pas de préférence, la bourse américaine se satisferait pleinement d’un président solidement élu dès le 4 novembre. Les marchés se préparent donc à plusieurs éventualités :

  • celle d’une vague bleue (probabilité de 55 % selon les analystes) avec la victoire de J. Biden, plus une majorité dans les deux chambres du Congrès. Ce résultat serait le gage d’une adoption rapide après l’investiture du 20 janvier 2021 d’un plan de relance massif (supérieur à 2 000 milliards de dollars) centré sur le climat, de quoi stimuler le secteur des énergies renouvelables, les infrastructures ou la santé.
  • une cohabitation (25 % selon les analystes) avec une victoire démocrate à la présidence et à la chambre des représentants, mais un maintien du Sénat dans le camp républicain (statu quo) aurait sans doute pour conséquences un plan de relance moins ambitieux mais aussi d’empêcher des réformes structurelles ou des hausses de taxes.
  • la réélection de D. Trump (20 % selon les analystes) et une cohabitation avec la conservation du Sénat côté républicains et de la Chambre des représentants côté démocrates. L’impact sur les marchés serait limité.

Sans faire un quelconque pronostic sur le nom du prochain locataire de la Maison Blanche, il est intéressant de se pencher objectivement sur l’enjeu de cette élection pour nous Européens. Incontestablement, on ne prend pas de risques en disant que D. Trump sera parvenu à créer une quasi-unanimité contre lui à force d’avoir malmené ou trahi ses alliés, déconstruit le partenariat transatlantique et le multilatéralisme chers au Vieux Continent. En se gardant bien de toute interférence dans la campagne, l’UE espère peut-être en silence une victoire de J. Biden, mais elle se prépare surtout aux deux scénarios.

Sans qualifier la réélection de D. Trump de mauvaise nouvelle pour l’Europe (restons neutres), ce résultat ferait craindre la poursuite d’une déconstruction des règles internationales comme par exemple une sortie brutale de l’OTAN, organisation que le président américain juge obsolète avec des Européens qui, selon lui, profiteraient de la protection du parapluie sécuritaire des Etats-Unis sans s’acquitter de la facture (sans doute vrai). De même, l’Alliance Atlantique pourrait également être une victime collatérale de la guerre commerciale qui s’annonce entre les Etats-Unis et l’Europe. Celle-ci risquerait de briser le lien transatlantique et de diviser les membres de l’UE. Sur le plan économique, D. Trump a clairement démontré qu’il avait l’avantage grâce à une politique pro-croissance et emplois. Si sa compatibilité avec Wall Street est incontestable, sa personnalité génère aussi beaucoup de volatilité sur les marchés.

Si en revanche les démocrates devaient l’emporter, les Européens pourraient probablement s’attendre à un apaisement des relations avec la Maison Blanche avec une possible réintégration de l’accord de Paris sur le climat et de l’OMC. Ce serait sans doute aussi le retour possible du multilatéralisme et l’arrivée d’une administration plus à l’écoute des Européens. Mais n’allons cependant pas imaginer que les relations avec les Etats-Unis redeviendraient meilleures puisqu’en matière de politique étrangère, l’éloignement avait déjà commencé sous Barack Obama. Ainsi D. Trump s’est-il inscrit dans la continuité de tous ses prédécesseurs. Si nous pouvons espérer de J. Biden (ancien vice-président de B. Obama) moins d’unilatéralisme, en revanche le protectionnisme sur le plan économique restera bien présent. Vis-à-vis de Wall Street, la politique d’augmentation des impôts et de dépenses sociales de J. Biden pourrait un peu plus déplaire aux marchés. De plus, un isolationnisme intensifié pourrait se traduire par une poursuite du retrait des Américains du Moyen-Orient et donc nuire aux intérêts européens de sécurité. Après avoir été en 2008 l’un des pays européens les plus « obamaniaques », gardons-nous donc bien d’idéaliser les relations futures avec J. Biden.
Enfin une des conséquences positives à l’attitude hostile de D. Trump avait été le sursaut de l’Europe en faveur d’une plus grande autonomie. Quelles que soient la couleur politique et la personnalité du prochain président, le salut de l’Europe ne doit plus venir des Etats-Unis, mais d’elle-même. Nous continuons de penser que D. Trump a une vraie chance de créer de nouveau la surprise (c’est du 50-50) tant l’avance actuelle de J. Biden dans les sondages nous semble surestimée.

 

Face aux menaces de Boris Johnson, le ton monte mais l’Europe garde le cap

 

S’il y a bien une qualité qu’il faut reconnaître aux Européens, c’est leur ténacité à ne pas céder sur ce dossier. Le dernier sommet européen des 15 et 16 octobre n’a pas vraiment ravivé l’espoir d’un dénouement favorable. Malgré les récentes déclarations d’intention de vouloir intensifier les discussions, Bruxelles et Londres continuent de se renvoyer la balle sur les trois principaux sujets d’achoppement à savoir :

  • des règles de concurrence équitables pour accéder au marché intérieur de l’UE et des garanties contre un éventuel dumping britannique (« Singapour-sur-tamise »),
  • une bonne gouvernance avec la compétence reconnue de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour le règlement des différends dans le cadre du futur accord,
  • le libre accès des pêcheurs européens aux eaux territoriales britanniques.

Fidèle à sa stratégie de négociation du « clash », le premier ministre britannique a beau continuer de menacer l’UE d’une rupture sans accord, l’Europe ne dévie pas d’un iota de sa position. Concrètement, un divorce sans accord (« hard Brexit » 45 % de probabilité) se traduirait par une rupture sèche entre le Royaume-Uni et l’UE, impliquant notamment le rétablissement des droits de douanes comme le prévoient les règles de l’OMC. Les conséquences pour les pays membres seraient évidemment réelles, mais toutefois sans comparaison avec le choc pour le Royaume-Uni (première victime) qui subirait de plein fouet une forte contraction du PIB (-4,8 % en 2021), une chute de l’investissement et des exportations, enfin une inflation (5 % en moyenne sur l'année) en raison de la forte hausse des prix à l’importation (+15 %) liée à la mise en place de barrières tarifaires et non tarifaires.
A l’inverse, en cas d’accord de dernière minute (scénario d’un « soft Brexit » 55 % de chances) vers la mi-novembre, il ne faut pas exclure la possibilité de voir la période de transition prolongée de quelques mois après le 31 décembre 2020 pour laisser suffisamment de temps à la ratification d’un accord de libre-échange mis en œuvre mi-2021. Ces deux semaines gagnées ont le mérite de laisser une ultime chance à la négociation d’aboutir. Même si le temps commence sérieusement à manquer, les négociateurs des deux parties, Michel Barnier pour l’UE et David Frost pour le Royaume-Uni travaillent d’arrache-pied pour tenter de rapprocher des positions a priori inconciliables et trouver un terrain d’entente.
Le Royaume-Uni rêve de signer un accord le libre-échange sur le modèle de celui signé entre le Canada et l’UE et de s’affranchir de toute obligation vis-à-vis de cette dernière afin de retrouver une pleine et entière souveraineté. Mais une telle solution n’a jamais été dans les intentions de l’Europe. En restant sur cette ligne de la fermeté vis-à-vis de Londres, l’UE envoie par la même occasion un message politique très clair à l’ensemble de ses partenaires européens, celui de ne faciliter en rien la sortie d’un de ses membres si jamais un autre Etat membre envisageait, à l’instar du Royaume-Uni, de prendre ses distances vis-à-vis de Bruxelles.
Nous persistons à dire que B. Johnson joue sa crédibilité sur la scène internationale. L’Europe est beaucoup plus importante pour le Royaume-Uni que la Royaume-Uni pour l’Europe. Bien que l’enjeu soit d’une grande importance pour les deux parties (surtout pour Londres), ce dossier n’est plus la priorité numéro une de l’UE dont l’attention se concentre actuellement sur l’évolution de la crise sanitaire et la mise en œuvre du plan de relance européen. Après quatre ans d’une stratégie d’obstruction quasi-systématique, le pays est au bord de la falaise « Brexit ». A moins de dix semaines de l’échéance du 31 décembre, nous pouvons encore espérer le meilleur tout en se préparant au pire. Nous pensons qu’une sortie sans accord est déjà intégrée par les marchés financiers. L’indice anglais (Footsie 100), en net retrait par rapport aux autres indices actions, est actuellement le plus détesté en Europe (-26 %). L’impact sur nos portefeuilles est relativement faible puisque le poids du Royaume-Uni est inférieur à 5 %.

 

Des résultats des entreprises bien orientés

 

La saison de publication des résultats des entreprises est toujours une période importante car ils influent à la hausse ou à la baisse sur les marchés financiers. Bien entendu, l’attention des investisseurs se concentre principalement sur l’évolution de la pandémie mondiale, les mesures de confinement et la mise en place des plans de relance. Cependant, 2020 est une année à part, donc ils regardent de près les performances pour la période juillet – septembre, qui correspond aux levées des mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19. Compte tenu du contexte de crise sanitaire qui perdure, ils se montrent attentifs à l’état actuel des entreprises mais surtout aux discours et à leurs prévisions pour les prochains mois. Globalement, les publications auront été meilleures qu’attendu. En dehors des entreprises qui ont la malchance de faire partie des secteurs les plus touchés par les conséquences de la crise du Covid-19 (transport, aéronautique, hôtellerie, tourisme etc.), la majorité d’entre elles a annoncé des résultats supérieurs aux attentes.
Si l’on se limite à quelques commentaires pour la France, en dehors des résultats remarquables du secteur du luxe (notre tech française) que nous avons souvent l’habitude de commenter, d’autres groupes comme Total, Carrefour ou Orange se sont particulièrement distingués.
Dans le secteur pétrolier, Total résiste beaucoup mieux que tous ses concurrents et renoue avec les bénéfices au troisième trimestre avec un résultat net de 848 millions de dollars (70 % de plus que les attentes des analystes). Le groupe français fait figure d’exception dans un secteur plombé par des prix du pétrole encore déprimés (baril inférieur à 40 dollars). La solidité de son modèle permet de maintenir le versement d’un dividende de plus de 10 %.
Dans la grande distribution, Carrefour publie ses meilleurs résultats depuis 20 ans. Son chiffre d’affaires trimestriel est en hausse de 8,3 % à 19,6 milliards d’euros grâce à son redressement en France et une activité très dynamique au Brésil.
Dans le secteur des opérateurs télécoms, Orange dépasse les attentes sur le troisième trimestre et maintient le versement d’un dividende supérieur à 7 % (0,7 euro par action en 2020) grâce à l’ouverture de son réseau de fibre à ses concurrents (+ 2,4 milliards de revenus) qui a permis de compenser le choc financier causé par la crise du coronavirus (chiffre d’affaires en hausse 0,8 % à 10,6 milliards d’euros).

 

Des GAFAM immunisés contre le Covid-19

 

Outre Atlantique, les résultats des sociétés américaines sont globalement bons. Sans surprise ceux des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) impressionnent encore, mais la réaction boursière a été plus mitigée lors des publications (S&P 500 -1,8 %, Nasdaq -2,4 %). La prudence de ces compagnies concernant leurs perspectives n’est pas récompensée ; à moins que par manque de visibilité lié au contexte, il ne s’agisse de la part des investisseurs que d’un prétexte pour prendre des bénéfices sur des titres qui ont enregistré des performances de 60 à 70 % depuis le début de l’année.
Tous secteurs confondus, ces géants de la tech font la démonstration qu’ils n’évoluent définitivement plus dans la même catégorie que l’ancienne économie. Trimestre après trimestre, l’économie numérique sort renforcée aux Etats-Unis (comme en Chine avec les BATX Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). Au final, les résultats sont hors-normes.
Le chiffre d’affaires cumulé des GAFAM pour la période estivale atteint 265 milliards de dollars. Il était de 208 milliards de dollars entre avril et juin au plus fort de la première vague de la pandémie. C’est 18 % de plus que l’année dernière. Le bénéfice net cumulé entre juillet et septembre est tout aussi étourdissant : 51 milliards de dollars. La croissance annuelle est de 30 %. Ces chiffres devraient nourrir des velléités de régulation, voire de démantèlement de ces titans qui paraissent immunisés contre la récession. Les Big Tech sont sous les feux croisés de Bruxelles, de Washington et d’enquêtes anticoncurrentielles lancées dans plusieurs pays européens. Cette pression devrait se renforcer en 2021, notamment si les démocrates devaient remporter l’élection présidentielle.
La surpuissance des GAFAM s’explique par le rebond du marché publicitaire. Les géants de la tech ont aussi profité des besoins en cloud des entreprises. Ainsi, Amazon Web Services est en croissance de 30 % (11,6 milliards de dollars), Google Cloud a progressé de 50 % en un an (3,4 milliards de dollars) et chez Microsoft, le segment Intelligent Cloud, en hausse de 20 %, pèse 13 des 37,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel du groupe.
Enfin, Apple endossera ce trimestre le rôle du « mauvais élève » de la classe, les marchés ne pardonnant aucun relâchement. Ainsi, la firme de Cupertino pénalisée par le décalage du lancement de l’iPhone 12 à octobre (fermeture de ses usines au premier semestre), affiche certes un chiffre d’affaires trimestriel record de 64,7 milliards de dollars mais seulement en hausse de 1 %. C’est oublier qu’en dix ans, la plus grosse capitalisation boursière mondiale (plus de 2 000 milliards de dollars) a réussi à réduire sa dépendance aux ventes d’IPhone (50 % de ses revenus), à faire passer son chiffre d’affaires de 108 à 274 milliards de dollars (entre 2011 et 2020) et à doubler ses profits à 57,4 milliards de dollars.
Amazon, grand gagnant de la crise sanitaire, affiche des résultats ahurissants. La firme de Seattle (changement d’époque ce n’est plus Boeing) a déclaré un chiffre d'affaires net de 96,1 milliards de dollars durant l’été (+37 % par rapport à la même période en 2019), un record historique. Son bénéfice net a triplé (6,3 milliards de dollars) tandis que le numéro un mondial du commerce en ligne a créé 400 000 emplois. Comme si cela ne suffisait pas, la firme de Jeff Bezos a dégagé plus de 14 milliards de dollars sur les trois premiers trimestres de l’année. C'est déjà plus que sur l'ensemble de l'année 2019, qui avait pourtant été une année record avec un bénéfice net de 11,59 milliards de dollars. Ces chiffres illustrent l’appétit des consommateurs pour l’e-commerce. Même déconfinés, ils ont dépensé cet été 48 milliards de dollars (+38 %) soit autant que durant Noël 2019. Et ce n’est pas fini, la flambée des achats en ligne va se prolonger sur le dernier trimestre de l’année grâce aux nouvelles mesures de reconfinement, aux fêtes de fin d’année, sans oublier la tenue de l’évènement promotionnel d’Amazon, le « Prime Day ». Ainsi, Amazon s’attend à une fin d’année encore plus exceptionnelle avec un chiffre d’affaires attendu entre 112 et 120 milliards de dollars.

 

L’économie chinoise confirme sa reprise

 

Alors que les économies développées suscitent l'inquiétude face à la dégradation de la situation sanitaire, la Chine a enregistré un nouveau trimestre de croissance. Son PIB s'est en effet établi en hausse de 4,9 % au troisième trimestre (après +3,2 % au deuxième trimestre). Le PIB est désormais en croissance de 0,7 % depuis le début de l'année et on pourrait alors se demander si les séquelles du Coronavirus ont disparu. Les chiffres (officiels tout du moins) le montrent, l'économie chinoise a retrouvé son niveau d'avant-crise mais l'impact de cette dernière n'a pas totalement disparu. Certes, ce chiffre de croissance est impressionnant mais il ressort cependant inférieur aux estimations des analystes. La faute aux importations qui continuent à peser sur la croissance chinoise. Cela s'explique par le fait que la demande intérieure est repartie très fortement alors que les capacités de production ne sont pas reparties à plein régime. Cette contribution positive de la consommation domestique s'observe dans les chiffres du commerce de détail avec des ventes en progression sur un an en août et septembre (+0,5 % et +3,3 %) après 7 mois de contraction. Le secteur des services rebondit également alors qu'il continue à se contracter aux Etats-Unis et en Europe. L'investissement était le principal contributeur positif au deuxième trimestre, il est désormais rejoint par la composante "exportations". En effet, la demande extérieure a rebondi rapidement (notamment en ce qui concerne les équipements médicaux et électroniques). Contrairement à l'après 2008 où les autorités avaient soutenu l'économie par le recours à l'endettement massif des acteurs économiques (au point de fragiliser le système financier), elles comptent cette fois sur la consommation intérieure afin de limiter la dépendance aux exportations. Le plan quinquennal qui est en cours d'élaboration laisse entrevoir une volonté pour le géant asiatique d'affirmer son indépendance et de faire face "aux vents contraires de plus en plus puissants du fait de l'environnement externe", selon Xi Jinping. La nouvelle vague de contamination qui frappe les économies développées en est l'illustration : la Chine va certainement devoir faire face à un ralentissement de la demande extérieure au quatrième trimestre.
Malgré cela, la Chine confirme donc être la seule économie de premier plan à pouvoir afficher une croissance positive en 2020. Le FMI vient même de relever sa prévision de croissance de 1 à 1,9 % pour l'année 2020.

 

A surveiller dans les prochaines semaines :

  • évolution de la pandémie en Europe, poursuite du durcissement des mesures de confinement, arrivée prochaine d’un traitement/vaccin (fin 2020/début 2021) et son déploiement en 2021
  • tensions politiques entre les États-Unis et la Chine
  • élection présidentielle américaine, risque de contestation du résultat par les deux camps
  • communications des banques centrales
  • résultats des entreprises au T3, prévisions pour le T4

 

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Compte tenu de l’agenda politique aux Etats-Unis, la vision conférence initialement prévue le mardi 3 novembre (veille du résultat de l’élection) est déplacée au jeudi 5 novembre


Jeudi 5 novembre 2020 https://attendee.gotowebinar.com/register/9150184553579832075
Jeudi 3 décembre 2020 https://attendee.gotowebinar.com/register/5742048154046934796
Mardi 5 janvier 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/8916414089738786828

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le 3 décembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     

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