Point mensuel janvier 2022 - Investissements

03/02/2022 - 20 min de lecture

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Point mensuel janvier 2022 - Investissements

Des marchés actions en nette baisse au mois de janvier en raison des incertitudes concernant le durcissement à venir de la politique monétaire de la Fed pour lutter contre l’inflation et des tensions géopolitiques entre l’Ukraine et la Russie. Les principales places boursières ont baissé au cours du mois. Les Emergents et l’Europe limitent la casse en ne perdant que 1,9 % et 2,9 %. De leur côté, les États-Unis et le Japon baissent respectivement de 5,2 % et 6,2 %. Le cours du pétrole a continué de grimper à plus de 90 dollars pour le Brent (+ 14 % sur le mois et + 50 % sur un an) en raison de la crise énergétique. Le dollar monte très légèrement par rapport à la monnaie unique et termine à 1,12 avec une amplitude de plus de 3 % durant le mois. Nos portefeuilles baissent ce mois-ci de 4,4 %.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 46,9 % avec une performance globale de 141,2 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/01/2022 :

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Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane, Espace Liberté et Anaé) au 31/01/2022.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 247 300 €

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Portefeuille type Assurance-vie (Floriane, Espace Liberté 1 & 2 et Anaé) : valorisation : 227 300 €

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Répartition du portefeuille actuel : 

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Point marchés

 

Après avoir volé de record en record en 2021, les marchés actions ont dans la foulée du rallye du mois de décembre connu un très bon début d’année durant la première semaine de janvier. Bien qu’en légère baisse, les marchés ont par la suite été assez stables pendant les deux semaines suivantes. Ils n’ont pas fait grand-chose (tendance en tôle ondulée) malgré la poursuite de la rotation sectorielle entamée en fin d’année lorsque la Fed avait indiqué qu’elle allait durcir sa politique monétaire et accélérer son rythme de hausse des taux pour lutter contre l’inflation. Ils ont ensuite broyé du noir et ont été un peu chahutés durant la seconde partie du mois de janvier en raison des incertitudes liées à la réunion du comité de politique monétaire de la Fed des 25 & 26 janvier. Par la suite, le regain de l’aversion pour le risque et la volatilité se sont installés jusqu’à voir l'ambiance tourner franchement à la panique sur l’ensemble des places boursières lorsque le 24 janvier la menace d'un conflit en Ukraine est venue s'ajouter à l'attente entourant la réunion de la Fed devant clarifier la question du resserrement monétaire. La nervosité des marchés actions a provoqué de brusques mouvements à la baisse accompagnés de volumes de transactions très nourris. La morosité à Wall-Street s’est diffusée aux autres places boursières. Plombé par les valeurs technologiques du Nasdaq, l’ensemble des indices n'avait pas enregistré une telle séquence baissière depuis le 26 novembre dernier et l'apparition du variant Omicron. Ainsi à Paris, le CAC 40 perdait sur la seule journée du 24 janvier 3,97 % touchant un point bas à 6 787 points. Certaines valeurs de croissance, technologiques (Worldline, Teleperformance, Capgemini, STMicro) ou de luxe (Hermès, LVMH) chutaient lourdement. Ailleurs en Europe, le Dax allemand et la bourse de Milan étaient sur la même ligne. Les indices new-yorkais viraient également au rouge vif, l’indice élargi S&P 500 touchait les 4 264 points, plus de 10 % en dessous de son plus haut début janvier, ce qui le plaçait nettement en zone de correction tout comme le Nasdaq qui, depuis son sommet de la fin du mois de novembre, avait lâché plus de 16 %. Bref, Wall-Street a essuyé sa pire semaine depuis la panique boursière de mars 2020 et le début de la pandémie. Par ailleurs, galvanisé par les tensions géopolitiques en Ukraine menaçant une offre qui peine déjà à atteindre ses niveaux d'avant-crise, le cours du baril de Brent s'est établi à plus de 90 dollars pour la première fois depuis octobre 2014.
Pas vraiment rassurés par le ton restrictif employé par Jerome Powell, les investisseurs ont donc préféré anticiper la prochaine annonce de la normalisation de sa politique monétaire. Ils ont montré qu’ils n’étaient plus prêts à payer le risque aussi généreusement qu'avant. Le retrait à venir de la liquidité, qui aura été un socle important de l’accroissement du prix des actifs sur la période récente, affecte donc les segments de marché dont les valorisations sont les plus exigeantes. Ceci, explique en partie le fait que les titres dits « value » (valeurs décotées), c’est-à-dire plutôt bon marché, surperforment ceux dits de "croissance" (« Growth ») dont les valorisations sont généralement tendues. De même, les tensions russo-américaines en Ukraine ont également fortement pesé sur la tendance générale. En Russie, l’indice Micex plongeait de 6,29 %, plombé par l’incertitude autour d’un possible conflit, l’Occident accusant la Russie de préparer une invasion de l’Ukraine et menaçant le cas échéant Moscou de sanctions particulièrement douloureuses. Fort logiquement, le rouble continuait de chuter violemment (devise ayant le plus baissé depuis le début de l’année) et le cours du gaz naturel enregistrait des niveaux de volatilité extrêmes. Ainsi la combinaison des tensions géopolitiques, la perspective de hausse des taux d’intérêt de la Fed, la hausse du prix du pétrole sans oublier l’inflation historiquement élevée auront lourdement pesé sur les marchés actions.
Signe de la nervosité des investisseurs, l’indice Vix (appelé indice de la peur) qui mesure la volatilité du S&P 500 a fait un bond en avant (quasi doublement de 20 à 38). Les valeurs technologiques étaient sous pression avant la réunion de la banque centrale américaine. Les investisseurs redoutaient un coup de frein plus rapide que prévu à la politique monétaire de la Fed. Ils avaient le sentiment que celle-ci pourrait se montrer plus agressive ce qui logiquement aurait un impact plus fort sur le secteur de la « tech » et plus généralement sur les valeurs de « croissance ». Certains analystes évoquaient une possible hausse de 50 points de base du principal taux directeur de la Fed dès la réunion de mars, alors que l’institution procède plus généralement à des hausses par paliers à raison d’un quart de point (0,25 %). La glissade des marchés actions aura cessé de s’aggraver car ils savent maintenant avec un peu plus de précision quel sera le calendrier du resserrement de politique monétaire de la part de la Réserve fédérale américaine. Le discours de Jerome Powell aura, au moins en partie, mis fin à la forte incertitude de ce mois de janvier.
Dans le même temps, la saison de la publication des résultats du quatrième trimestre 2021 des entreprises débutait. Malgré une croissance des bénéfices attendue à un très haut niveau (supérieure à 20 %), les premières publications n’ont pas toujours réussi à venir au secours des indices compte tenu du niveau élevé d’incertitude et de volatilité. Ainsi, le géant néerlandais de l’électronique Philips perdait 4,17 % après avoir fait état d’une baisse de 10 % de son chiffre d’affaires au quatrième trimestre 2021. L’entreprise a indiqué qu’elle s’attendait à court terme à la persistance de vents contraires liés au Covid-19 et aux problèmes de chaîne d’approvisionnement malgré les efforts mis en œuvre pour les réduire. De même, Netflix a terminé en très fort recul de près de 22 % après avoir déçu sur ses ambitions pour l'exercice en cours ainsi que sur la croissance de ses nouveaux abonnés au dernier trimestre. L’entreprise de streaming prévoit seulement une hausse nette de 2,5 millions d’abonnés au premier trimestre 2022, ce qui constituerait la progression la plus modeste pour les trois premiers mois de l’année depuis 2010. Heureusement, au terme d’une fin de mois éprouvante pour les nerfs des investisseurs, les places boursières ont cependant limité leur repli grâce notamment aux résultats exceptionnels des plus grandes capitalisations américaines (Apple ou Microsoft) et européennes (LVMH ou ASML). La poursuite des bonnes publications qui devraient jalonner le mois de février devrait continuer à être un solide facteur de soutien pour les marchés actions.
En toute fin de mois les places boursières donnaient le sentiment de s’être ressaisies au terme d’un mois de janvier particulièrement agité. Les principaux indices boursiers avaient comblé une bonne partie de leurs pertes et ne perdaient plus qu’entre 1,9 % pour l’indice MSCI Emerging market, 2,15 % pour le CAC 40 (6 999 points), 2,9 % pour l’Euro Stoxx 50 (4 174 points) et 6,2 % pour le Nikkei (27 001 points). Les indices américains particulièrement dans l’œil du cyclone stabilisaient leur baisse à 5,2 % pour le S&P 500 (4 516 points) et à 9,1 pour le Nasdaq (14 239 points) un exploit compte tenu de l’intensité de la tempête puisqu’il s’agit de la seconde pire correction de début d’année pour les marchés américains depuis cinquante ans après janvier 2009.

 

Convictions d’investissements

 

Le calme et la sérénité que les marchés semblent avoir retrouvés depuis quelques jours contrastent avec l’agitation du dernier mois de janvier. Les indices actions ont repris des couleurs et la forte volatilité constatée est revenue à ses niveaux de fin d’année, ce qui est plutôt rassurant.
Toutefois, d’un mois sur l’autre, il faut bien admettre que tous les nuages ne se sont pas dissipés. Certains sujets comme la crise sanitaire ou le variant Omicron donnent le sentiment de s’estomper petit à petit après deux années d’omniprésence. Naturellement, nous espérons tous qu’une telle perspective se concrétise et que ce cauchemar sera derrière nous d’ici au printemps ou à l’été. En revanche, de nouveaux nuages pointent à l’horizon sans que l’on sache avec certitude s’il s’agit d’un avis de mauvais temps passager ou d’un risque de tempête à prendre très au sérieux. L’exemple de la crise en Ukraine avec ses conséquences sur les relations russo-américaines en est la parfaite illustration. Mais d’autres anciens nuages peuvent également s’éterniser. C’est le cas de l’inflation que l’on croyait temporaire ou dont on pouvait croire qu’elle aurait atteint son pic en fin d’année. Or, cette hausse des prix résultant de la crise sanitaire peut menacer les marges des entreprises et accroître la pression sur les banques centrales. Si le phénomène devait s’installer durablement, les banques centrales, avec en tête la puissante Fed, seraient contraintes de mettre un coup de frein plus rapide que prévu à leurs politiques monétaires ultra-généreuses. Cela pourrait alors priver les marchés d’un puissant moteur. Pour ne rien arranger, la poursuite de la flambée de certaines matières premières et l’engorgement des chaînes de production font toujours partie du paysage et pourraient continuer de menacer la croissance. Dès lors, plusieurs questions peuvent se poser.
 

  • Pourquoi les marchés actions ont-ils autant baissé ?

Comme nous l’avions indiqué dans nos précédents points mensuels, nous nous attendions à une année 2022 agitée et volatile, mais nous ne pensions pas le vérifier à ce point dès le mois de janvier. Les indices actions ont nettement corrigé parce que le secteur plutôt cher de la « tech » a été pénalisé par la perspective que les taux d’intérêt allaient finir par monter aux États-Unis. Les grandes banques américaines comme JP Morgan ou Goldman Sachs, ont publié des notes dans lesquelles elles indiquaient qu’elles s’attendaient à un nombre de hausses encore plus important de la part de la Fed (au moins cinq contre trois ou quatre pour le consensus) et même jusqu’à sept hausses selon les analystes de Bank of America, ce qui a provoqué une hausse assez brutale des taux longs à 10 ans (+ 30 points de base sur le taux à 10 ans américain passé de 1,5 % à 1,8 % en quelques jours). La situation sur les marchés actions a continué de se détériorer avec un retour marqué du risque. La rotation sectorielle s’est intensifiée au fur et à mesure que l’on se rapprochait de l’échéance très attendue de la réunion de la Fed au cours de laquelle le comité de politique monétaire devait clarifier ses intentions ce qui devait provoquer une baisse importante des marchés actions et même une vraie correction des indices américains. Les valeurs considérées comme chères (la « tech ») et ayant beaucoup monté ont été pénalisées tout comme certaines valeurs plus cycliques, pas forcément chères en soi mais plus volatiles (celles liées aux matières premières comme Arcelor) en raison d’un possible conflit en Ukraine. Nous sommes passés en quelques jours dans un régime de forte aversion aux risques. A court terme, la baisse des marchés actions pourrait encore durer non pas à cause de la Fed, mais plutôt en raison des inquiétudes géopolitiques concernant un éventuel conflit en Ukraine, dont on ne sait rien, si ce n’est que l’inimaginable pourrait se produire. A cette heure, il est impossible d’anticiper à quel moment ces craintes pourraient s’estomper.

Les indices américains ont pas mal chuté mais pas en raison des fondamentaux des entreprises qui se seraient dégradés, car si tel était le cas, les GAFAM auraient été protégées du mouvement de vente actuel (aucune raison valable pour les vendre). Or, même si elles n’ont pas autant corrigé que l’indice des valeurs technologiques (-17 % pour le Nasdaq par rapport à son plus haut), elles ont tout de même baissé. C’est donc plus le commentaire de la Fed qui aura été déterminant dans l’évolution boursière des valeurs technologiques. Actuellement, les yeux des investisseurs sont rivés sur la politique monétaire américaine. Ce ne sont pas les fondamentaux des entreprises qui comptent et font baisser les marches actions, c’est la trajectoire des taux d’intérêt qui dicte l’orientation des marchés particulièrement d’un marché de croissance à haute valorisations comme celui du Nasdaq. Aujourd’hui, les investisseurs se délestent de titres très chers pour acheter des titres moins chers ; ils vendent les valeurs de croissance (« growth ») qui ont fortement monté comme Dassault Systèmes ou Hermès et achètent des valeurs décotées (« value ») comme Renault ou TotalEnergies. Cette tendance à une rotation sectorielle domine depuis le début de l’année. Dit autrement, on vend les secteurs qui seront pénalisés par la hausse à venir des taux directeurs de la Fed (la « tech » ou du luxe) et on achète ceux qui en bénéficieront (l’énergie, les banques, l’automobile etc.). En conclusion, nous ne pensons pas être rentrés dans un marché baissier (« bear market »). Les valeurs technologiques ont subi une belle correction c’est une évidence, mais elle n’était sans doute pas justifiée au regard des solides fondamentaux des sociétés prises dans leur globalité. Nous ne sommes pas dans une situation similaire à celle de l’éclatement de la bulle internet en 2000 où nous avions des sociétés avec des multiples de valorisation beaucoup plus élevés qu’aujourd’hui et qui ne reposaient pas sur des modèles pérennes. Aujourd’hui, nous sommes avec des entreprises aux bilans solides comme rarement dans le passé, très peu endettées, avec des niveaux de liquidités colossaux, des activités qui sont pour la plupart non cycliques et qui reposent sur des formules d’abonnements.
 

  • La forte baisse de la tech est-elle annonciatrice d’une correction plus large voire globale ?

Nous ne le pensons pas mais il est sans doute encore un peu prématuré pour l’affirmer. La concentration et la sur représentation dans les grands indices américains et même internationaux d’une poignée de ces valeurs (les GAFAM ainsi que d’autres comme Tesla ou Moderna) constitue 55 % de l’indice croissance (MSCI Growth), 28 % du S&P 500 et 20 % dans le MSCI World. Le leadership de ces groupes est tel que lorsque les marchés questionnent la valorisation du secteur comme c’est le cas en ce moment, les sanctions peuvent être assez fortes et avoir des répercussions plus larges sur l’ensemble des marchés. Il y avait quelques bulles de valorisation (exagérations) concernant un certain nombre de valeurs technologiques non profitables or, ces « petites » valeurs (qui représentent moins de 10 % du Nasdaq) ont déjà baissé de 40 % à 50 % lorsqu’au même moment les GAFAM reculaient entre 10 % et 20 %.
Nous avons donc déjà observé un dégonflement significatif de ce segment de valeurs. Sur les sociétés préférées des américains (les 15 plus grosses) il y a une prime de valorisation qui n’est pas forcément si forte que cela. On paie 28 fois les profits pour un Méta (ex Facebook) contre 20 fois pour le reste du marché américain (mais on paie 54 fois Hermès). Finalement, d’une façon générale, pendant toute cette période de Covid, en l’absence d’autres valeurs considérées comme « refuges » (les obligations ne le sont plus au regard de leur prix), les investisseurs se sont réfugiés sur ces valeurs dont ils pensaient qu’il ne pourrait rien leur arriver, qu’elles seraient toujours capables de générer de la croissance quel que soit le contexte économique. Ils ont continué à acheter sans vraiment regarder les valorisations et aujourd’hui ce mouvement de correction permet de remettre les compteurs à zéro et de rétablir un prix plus juste, ce qui est sain voire même salutaire. Une chose est sûre, dans la configuration actuelle des marchés, il n’y aucune indulgence pour une déception sur un chiffre. La nouvelle est immédiatement interprétée négativement et cela va durer jusqu’à ce que les investisseurs soient rassurés sur le fait que le prix a bien été évalué et que le discours de la Fed a bien été interprété car les deux notions jouent sur le sentiment général des marchés. La saison actuelle des résultats pourrait encore réserver quelques surprises avec les problématiques d’inflation, de maintien des marges, d’approvisionnement des chaines de production, de coûts du travail qui sont communes à pratiquement l’ensemble de la cote et pour lesquelles nous aurons des réponses différentes d’une entreprise à l’autre.
Dans la « tech », il y a une grosse partie du segment qui est trop chère et qui doit baisser. De manière simpliste, si nous segmentons le Nasdaq, il y a tout en haut les GAFAM « hors catégorie » qui pèsent plus de 50 % de l’indice, puis au milieu de belles valeurs (pour environ 40 % de l’indice) et tout en bas des sociétés non profitables (tout de même près de 10 % de l’indice) et ce sont ces valeurs non rentables qui ont commencé à fortement baisser à partir du moment où la Fed a infléchi son discours. Ces entreprises qui n’ont pas de résultat (donc pas de prix), très spéculatives étaient portées par l’abondance des liquidités sur les marchés financiers. Dès lors que la Fed annonce qu’elle décide de réduire une partie de cette liquidité, alors de manière très binaire, les spéculateurs se désengagent de ces valeurs. Les multiples de valorisation partent d’un niveau élevé et commencent à baisser. Nous sommes dans une phase de réévaluation du risque et ce mouvement de correction qui vient tout juste de débuter (fin novembre) devrait se prolonger en 2022. Il se fait par paliers et relativement en douceur (certaines valeurs ont été divisées par deux et peuvent encore baisser). Alors est-ce qu’à court terme nous avons atteint un point bas ? Est-ce qu’il va y avoir un rebond avant une nouvelle baisse ? Peu importe nous regardons plus loin.
 

  • La crise en Ukraine alimente-t-elle les risques inflationnistes ?

Il n’est pas nécessaire qu’un conflit éclate en Ukraine pour prolonger la crise énergétique et voir les prix de certaines matières premières comme le pétrole ou le gaz naturel continuer de grimper. Le simple fait que des tensions géopolitiques persistent ou grandissent est suffisant. Fort heureusement, les derniers développements mettent plus l’accent sur les négociations que sur l’envoi de soldats américains en Europe de l’Est et les manœuvres de navires de guerre pourtant bien réels. Cette situation peut-elle faire baisser les marchés européens pendant encore plusieurs séances ? Nous ne le pensons pas (et ne le souhaitons pas) à moins bien sûr que la situation ne dégénère subitement en une confrontation russo-ukrainienne ce qui impliquerait de fait une intervention américaine. Ce danger représente une situation de stress importante pour les marchés.
Sur le plan énergétique, l’Europe importe plus de 40 % de son gaz naturel de Russie or, les tensions en Ukraine participent à la hausse des prix de l’énergie en Europe puisque la majorité des pays européens produisent leur électricité à partir du gaz naturel. Derrière ce sujet de l’énergie, l’attention va continuer d’être captée par la question des résultats des entreprises. Du côté du marché européen, on peut se demander aux vues de l’envolée des coûts de l’énergie quel sera l’impact sur les marges des entreprises. En effet, ce qui jusqu’ici porte les marchés, ce qui fait que nous avons une vision positive pour les bourses européennes en 2022 c’est cette prévision de croissance des bénéfices des entreprises. Même si le rythme sera moins élevé qu’en 2021, il devrait néanmoins se situer autour de 7 % à 9 % pour la zone euro sauf si tout d’un coup, nous subissons un renchérissement de quatre à cinq fois sur le prix de l’électricité. Certaines entreprises pourront parfois répercuter une partie de ces coûts dans leurs prix de vente mais pas intégralement, ce qui potentiellement risque de diminuer leurs marges. Donc oui, ce problème géopolitique avec ses diverses répercussions dans les chaînes de coûts des entreprises devient éminemment important, mais nous sommes obligés d’admettre que les marchés sont totalement démunis. Nous pouvons nous rassurer en nous disant qu’historiquement, dès lors que ces risques ne se matérialisent pas en un conflit ouvert, leur impact sur les marchés se révèle très faible à l’arrivée, mais encore une fois prudence. Les marchés vont donc encore plus analyser les publications des résultats des entreprises afin de privilégier celles qui ont la capacité à absorber l’augmentation des coûts de l’énergie dans leur activité avec un véritable « pricing power » (pouvoir de fixation des prix). En ce moment par exemple les prix du gaz se sont un peu apaisés depuis quelques semaines (des méthaniers ont pris la direction de l’Europe). Mais nous savons qu’avec le thème de la transition énergétique, la situation sur l’énergie reste fragile. Vladimir Poutine le sait mieux que personne et les tensions en Ukraine peuvent tétaniser les marchés à tout moment.
 

  • Pourquoi l’inflation ne diminue-t-elle pas ?

Ce n’est plus un secret, le niveau historique de l’inflation (7 % aux États-Unis et 5 % en Europe) pousse la Fed à accélérer le durcissement de sa politique monétaire. Mais qu’est-ce qui continue d’alimenter cette inflation ? C’est tout le débat depuis neuf mois. Les prix augmentent en raison des goulots d’étranglement sur les chaînes de production et d’approvisionnement, dans les ports, les transports ou les semi-conducteurs. A la base, elle est bien sûr liée à l’offre qui est insuffisante pour satisfaire l’incroyable niveau de demande des consommateurs. Jamais l’économie n’avait autant produit que l’année dernière et pourtant cela n’a pas permis de faire face à la demande. Que va-t-il se passer en 2022 ? Nous aurons une offre qui bon an mal an devrait s’améliorer en poussant encore plus l’outil de production, mais surtout une demande qui devrait finir par se tasser. Cela ne veut dire qu’elle va retomber, mais juste progresser moins vite. Donc en toute logique, moins de demande et plus d’offre, c’est déjà une partie de l’équation de l’inflation qui est résolue. Toutefois, depuis quelques temps, deux autres facteurs compliquent la donne. D’une part, les prix de l’énergie qui ne veulent pas baisser (forte demande liée à la réouverture des économies, tension géopolitiques et transition énergétique) ce qui par essence est source d’inflation. D’autre part, ce qui va être le mystère des prochains mois, à savoir le retour à l’emploi aux États-Unis (et dans une moindre mesure en Europe), car un certain nombre de personnes ne veulent plus retravailler. Est-ce parce qu’elles ont trop d’argent et qu’elles attendent de ne plus en avoir pour revenir ? Est-ce parce qu’elles se sont rendues compte pendant le télétravail qu’elles pouvaient spéculer en bourse ou sur le bitcoin et gagner rapidement beaucoup d’argent (elles devraient dans ce cas vite revenir compte tenu de la dégringolade des cryptomonnaies) ? Quoiqu'il en soit ces deux incertitudes pourraient faire durer l’inflation un peu plus longtemps car pendant que nous subissons une pénurie de main d’œuvre aux Etats-Unis (emplois non pourvus), les salaires montent pour attirer des candidats.

 

La main ferme de Jerome Powell n’effraie pas les marchés

 

La baisse subie par les marchés actions n’est pas liée à une décision de politique monétaire, à une mauvaise saison de publications, à un ralentissement marqué de la croissance ou enfin, à une inflation qui serait beaucoup plus forte que prévu. Pour autant, les annonces de la Réserve fédérale américaine pour lutter contre l’inflation étaient très attendues par les marchés financiers, en proie à une forte volatilité. A ce stade, il n’était pas évident qu’il y ait eu nécessité pour la Fed de calmer le jeu. Elle n’avait pas de raison de s’alarmer de la récente baisse à Wall-Street. Le S&P 500 et le Nasdaq n’avaient-ils pas respectivement gagné 27 % et 22 % en 2021. Il n’y avait donc pas à proprement parlé d’emballement des marchés et peut-être même que la Fed était secrètement satisfaite du dégonflement de certaines valorisations. En effet, 16 % de baisse pour le Nasdaq par rapport à des plus hauts historiques, ce n’était pas aussi grave que nous pouvions le penser d’autant que sur les fondamentaux, sur l’activité des entreprises, sur leur dépendance ou non à des taux d’intérêt faibles, il n’y avait pas de réelles inquiétudes.
En fait, les marchés avaient peur que la Fed soit obligée d’aller trop vite dans le durcissement de sa politique monétaire. Nous le savons, elle a pour mandat de s’occuper de l’inflation et de l’emploi mais elle a toujours été sensible au fait que les marchés actions ne s’effondrent pas. En effet, aux États-Unis, la part de l’épargne qui est investie dans les marchés financiers cotés est très importante et bien supérieure à celle de l’Europe. Elle concerne les consommateurs américains dans leur ensemble, quand en Europe, elle ne touche que 10 % à 15 % de la population. L’impact n’est donc pas le même lorsque les marchés financiers baissent. Du point de vue de la psychologie des ménages, la Fed n’a pas non plus intérêt à ce que les marchés baissent trop parce que sinon c’est leur consommation qui pourrait être affectée. Autrement dit, si la Fed agit fort en montant ses taux pour réduire l’inflation, c’est bon pour le pouvoir d’achat du consommateur, mais ce pouvoir d’achat gagné d’un côté en luttant contre l’inflation est perdu de l’autre avec une baisse des marchés actions qui toucherait leur épargne. Plus que jamais, ce resserrement monétaire devra être piloté avec doigté afin de ralentir l’inflation sans trop freiner l’économie.
Ainsi, dans un contexte d'inflation élevée et de marché du travail jugé solide, la Fed a clarifié les choses vis à vis de marchés qui cherchent aujourd’hui à se positionner. L’évidente nécessité à remonter les taux ne fait plus aucun doute, mais pas aussi rapidement que certains l’anticipaient. En effet, la trajectoire de l’inflation devrait se stabiliser autour de 3 %, les taux des obligations américaines à dix ans pourraient monter jusqu’à 2,5 %, la croissance du PIB devrait se situer autour de 4 %, (ces prévisions restent évidemment à surveiller tout au long de l’année). Est-ce que cela va mettre l’économie américaine à genoux ? Sans doute pas, car l’effet richesse pour les ménages américains, même avec la baisse de la bourse, reste très présent (ils se sont désendettés, ils ont épargné), les entreprises ont des bilans rarement vus aussi solides à la sortie d’une récession (capacité à investir) donc la sensibilité de l’économie aux taux réels est faible. Or, ces taux vont rester négatifs sur l’ensemble de l’année.
Le principe du resserrement de la politique monétaire de la Fed est désormais acquis mais son calendrier, ses modalités, en particulier la vitesse de durcissement de l’offre de crédit, restent à déterminer au cours des toutes prochaines semaines. La publication du communiqué de la Fed a dans un premier temps fait remonter les indices boursiers avant que ces derniers ne tempèrent leur réaction car la Fed avait déjà préparé le terrain lors de sa précédente réunion mi-décembre, en annonçant qu'elle mettrait fin plus tôt que prévu à ses rachats d'actifs dès mars au lieu de juin. Ces rachats de titres massifs appelés « assouplissement quantitatif » (quantitative easing ou QE), visaient à maintenir artificiellement bas les taux d’intérêt à long terme et à soutenir l'économie en favorisant la consommation. Cette politique ultra-généreuse mise en œuvre pour combattre la déflation et renforcée pour faire face à la crise du Covid-19, n’a plus de justification en période de forte inflation et de quasi plein emploi. Pour la première fois, Les membres de la Fed ont cessé de qualifier de « temporaire » cette inflation actuellement nettement supérieure à son objectif à long terme de 2 %. Ils n’ont pas démenti le fait qu’ils relèveraient « bientôt » (sans doute dans la foulée de leur réunion prévue mi-mars) leur principal taux directeur sitôt la diminution des rachats d’actifs (tapering) achevée en mars prochain, c’est la condition sine qua non. Cela mettra fin à une politique de taux zéro activée depuis le début de la pandémie en mars 2020. Pour faire ralentir l’inflation, la Fed ne peut rien faire pour agir et améliorer la question de l’offre. Elle peut en revanche indiquer la vitesse avec laquelle elle entend faire grimper les taux d'intérêts des prêts accordés par les banques commerciales aux particuliers et aux entreprises dans le but d’influer sur la demande.
Reste à débattre d’autres décisions capitales. D’abord anticiper les futures hausses de taux, au-delà de celle pressentie pour mars. Faut-il viser juin, puis septembre comme beaucoup le pensaient il y a encore un mois ou bien faudra-t-il relever le principal taux directeur de la Fed (Fed funds) cinq fois ou plus, comme le présagent les banques d’affaires à Wall Street ? Ce taux est celui auquel la Fed laisse les banques se prêter des liquidités à très court terme.
Tout aussi important, à quel moment la Fed va-t-elle entamer la réduction de son bilan ? Elle a volontairement laissé s’envoler ce dernier à près de 9 000 milliards de dollars depuis mars 2020, en rachetant massivement de la dette publique et des obligations gagées sur des créances immobilières. La tâche vise maintenant à diminuer le bilan de la Fed et pour cela deux méthodes sont envisageables. La manière « douce » ou défensive consisterait à laisser ces titres obligataires parvenir naturellement à leur échéance (à maturité) sans réinvestir les liquidités (notre avis). Au contraire une stratégie plus « agressive » ou offensive reviendrait finalement à faire le contraire de l’assouplissement quantitatif. Ce « durcissement quantitatif » (quantitative tightening ou QT) reviendrait à revendre sur le marché avant leur échéance des titres accumulés depuis 2020. Mais alors quels titres vendre en priorité, quels volumes et dans quelle proportion ? Une chose est certaine, cette stratégie lourde de conséquences nourrira les prochains débats car ces questions ne peuvent être tranchées par la Fed sans une évaluation régulière des risques macroéconomiques. En effet, la banque centrale américaine voudra non seulement regagner de la crédibilité en s’attaquant à l’inflation, mais elle ne souhaitera pas pour autant aller trop vite en besogne au risque de précipiter une récession en renchérissant le crédit. La pandémie complique l’analyse mais la Fed pense que la vague Omicron ne devrait pas continuer à perturber durablement les chaînes d’approvisionnement et les effectifs dans les entreprises, ce qui devrait contribuer à ralentir l'inflation.
En résumé, nous pouvons dire que Jerome Powell a joué cartes sur table vis-à-vis des marchés. De manière mesurée il a fait passer les messages de la Fed en durcissant le ton tout en tenant un discours de soutien aux marchés. Ceux-ci craignaient que la Fed soit un peu trop dure (« hawkish ») dans ses déclarations. Cela n’a pas été le cas, elle a confirmé de manière explicite les étapes indispensables de sa politique monétaire sans dévoiler un calendrier et une stratégie précise qui auraient pu entraver sa marge de manœuvre. La banque centrale américaine s’est surtout employée à confirmer un état d’esprit en indiquant qu’elle ferait preuve d’agilité et de rapidité tout en restant souple et pragmatique face à l’évolution de l’inflation et de l’emploi aux Etats-Unis, mais aussi des tensions géopolitiques. En communiquant les grandes lignes de sa feuille de route pour les prochains mois, elle a simplement donné plus de visibilité aux marchés pour assoir la trajectoire de sa politique monétaire.

 

La purge des valeurs technologiques, du bitcoin et des Spacs

 

L’ambiance a radicalement changé sur les marchés financiers ces derniers temps. Le Nasdaq, qui volait de record en record, subit une forte tempête. Depuis son sommet du mois de novembre dernier, où il s’était hissé à plus de 16 000 points, l’indice des valeurs technologiques américaines a perdu plus de 16 %. Les marchés les plus spéculatifs ou les plus fragiles ont quant à eux été littéralement balayés. Ainsi, après avoir culminé à plus de 68 000 dollars, le bitcoin a vu sa valeur divisée par deux. Quant aux Spac (cf. point mensuel de mars 2021), ces véhicules hybrides entre introduction en bourse et fusions et acquisitions, très à la mode il y a un an, ils subissent également les foudres du marché. L’indice Ipox Spac, reproduisant leur performance, a perdu plus de 40 % depuis son sommet de février 2021.
Les valeurs technologiques comme les cryptomonnaies ou les Spac sont fragilisées par le changement de cap des politiques monétaires et plus particulièrement par le coup de frein de la Fed. Le calendrier s’est récemment accéléré. Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a confirmé le principe d’une hausse de son principal taux directeur pour le mois de mars prochain, une première depuis 2018. D’autres tours de vis devraient suivre. Les investisseurs anticipent cinq hausses des taux en 2022. Le comité monétaire de la Fed a également annoncé la fin des programmes de rachat de dette publique à partir du mois de mars prochain. Depuis des années l’institution déverse des montagnes de cash sur les marchés via notamment le rachat de ces dettes. Ces liquidités surabondantes ont été largement investies en actions et ont ainsi participé à l’envolée des indices et singulièrement du Nasdaq.
Les investisseurs avaient devant eux un horizon de temps quasi infini. Ils se sont naturellement tournés vers des actions à faible rendement mais en forte croissance, typiquement les valeurs technologiques américaines. Mais récemment, le vent a tourné et la belle mécanique s’est enrayée. Pour lutter contre l’inflation, la plupart des banques centrales dont la Fed, ont fait volte-face en commençant à resserrer les vannes du crédit et des liquidités. L’effet « Tina » (There is no alternative »), qui a largement contribué à la performance des indices actions en 2021 s’en trouve atténué.
Naturellement toutes les valeurs technologiques ne sont pas logées à la même enseigne. Les mastodontes, les fameux GAFAM, ont particulièrement bien résisté dans la tempête. Ces géants dégagent des montagnes de cash et sont ainsi très bien armés pour faire face à la hausse des taux. En revanche, les plus petites valeurs et notamment celles qui ne sont pas rentables et vendent des promesses ont été envoyées au tapis. L’exemple le plus emblématique est peut-être Peloton Interactive. Avec la crise sanitaire et les confinements, ce spécialiste des vélos d’appartement connectés a connu une ascension fulgurante en 2020. Mais l’an dernier, avec la réouverture des économies, le titre a été délaissé et depuis il ne cesse de s’enfoncer. Le groupe est toujours en perte et revoit régulièrement ses perspectives à la baisse. Le 20 janvier la cotation a été interrompue à quatre reprises sur le Nasdaq et l’action a terminé en chute libre de 24 %.
L’aversion au risque s’est également répandue au marché des cryptomonnaies. Le bitcoin a perdu son hypothétique statut de valeur refuge. Sa baisse est en partie due à sa corrélation élevée avec les valeurs technologiques américaines. Cela confirme que le destin de la plus connue des cryptomonnaies est intimement lié à celui de l’indice des valeurs technologiques. Enfin, les Spac n’ont pas non plus été épargnés par le retour de l’aversion au risque puisque depuis début novembre, une dizaine de fusions avec des Spac a été annulée. Pour de nombreux experts, ce retour à la réalité pour les valeurs technologiques et les actifs risqués était nécessaire voire salutaire car certains niveaux de valorisations étaient devenus extravagants. Cependant, nous considérons que le potentiel des valeurs technologiques est loin d’être épuisé. Après l’euphorie générale et cette récente purge, il va falloir trier le bon grain de l’ivraie.

 

Omicron conduit le FMI à revoir ses prévisions de croissance

 

Selon les économistes de l’institution, le panorama économique s'est un peu assombri avec la vague Omicron toujours très active et l'accélération de l'inflation. L'économie mondiale démarre l’année 2022 dans une position légèrement plus faible que prévu. Le FMI revoit à la baisse le chiffre de croissance mondiale à 4,4 % pour cette année contre 4,9 % anticipés en octobre dernier. En cause, une décélération des deux poids lourds, États-Unis et Chine, qui ensemble représentent plus du tiers du PIB mondial. Plusieurs facteurs expliquent la baisse de régime de l'activité américaine (+ 4 % au lieu de 5,2 %). Celle-ci tient au grand plan de soutien de Joe Biden « Build Back Better » (reconstruire en mieux) limité dans ses ambitions et au resserrement monétaire de la Fed pour enrayer l'emballement des prix et aux pénuries d'approvisionnement. De son côté, la Chine continue d’être freinée par sa politique sanitaire « zéro Covid » qui contraint son appareil productif en raison des confinements répétés. De même, la dette abyssale du promoteur Evergrande (cf. point mensuel de septembre) fait toujours peser des risques financiers sur le secteur immobilier. Le ralentissement est généralisé. A l'exception du Japon, aucun des grands pays développés n'échappe à la correction de tir du FMI. Celui-ci prévoit pour la France une croissance de 3,5 % en 2022 (révisée de 0,4 %), un peu plus pessimiste que Bercy, qui pour l'instant, vise une expansion de 4 %. En Europe, c'est l'Allemagne, la plus exposée aux perturbations des chaînes d'approvisionnement, parce que plus dépendante au commerce extérieur que la France, qui souffre d'une plus grande révision à la baisse (- 0,8 %). Les indicateurs avancés d'activité (PMI), publiés pour la zone euro, signalent une poursuite du ralentissement de l'activité en janvier pour le secteur privé, sous l'effet des vagues de contamination d'Omicron qui pénalisent les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du tourisme ou de l’aérien. La situation sanitaire et le risque d'émergence de nouveaux variants continuent de faire peser une incertitude. L'urgence de réduire les inégalités d'accès aux vaccins et aux traitements anti-Covid est vitale puisque 70 % de la population des pays riches ont reçu un schéma vaccinal complet contre seulement 4 % dans les pays pauvres. Concernant cette crise du coronavirus qui aura déferlé sur le monde depuis pratiquement deux ans maintenant, nous pensons que depuis la dernière vague Omicron dans les pays développés, la question sanitaire va progressivement passer au second plan au cours des prochaines semaines. Bien sûr, nous ne sommes pas à l’abri de l’émergence de possibles nouveaux variants avec des mutations potentiellement moins dangereuses. Mais nous disposerons toujours d’un arsenal adapté de vaccins et de traitements thérapeutiques pour faire passer la situation sanitaire d’une phase pandémique à une phase endémique sans mesures de restriction.

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A suivre dans les prochaines semaines :

  • évolution du nouveau variant Omicron dans le monde
  • évolution des tensions géopolitiques entre la Russie et l’Ukraine (donc avec les Etats-Unis)
  • publication des résultats des entreprises pour le 4ème trimestre 2021
  • indicateurs macro-économiques
  • communication des banques centrales
  • autorisation des nouveaux traitements thérapeutiques et des nouveaux vaccins
  • progression de la vaccination (hors pays développés + campagne de 3ème dose dans les pays développés)

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Jeudi 10 février 2022 https://attendee.gotowebinar.com/register/5993392122959962380

Mardi 08 mars 2022 https://attendee.gotowebinar.com/register/4882343320693392655

Mardi 12 avril 2022 https://attendee.gotowebinar.com/register/6702134020709227276

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le mercredi 2 mars 2022 pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     

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