Point mensuel décembre 2021 - Investissements

06/01/2022 - 20 min de lecture

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Point mensuel décembre 2021 - Investissements

Des marchés actions en nette hausse au mois de décembre en raison des informations rassurantes concernant ce nouveau variant Omicron. Bien que beaucoup plus contagieux que le variant Delta, il se révèlerait au fil des semaines moins dangereux. Les principales places boursières ont fortement monté au cours du mois. L’Europe et les États-Unis progressent de 5 % et 4 %. A la traîne durant toute l’année, le Japon et les Emergents enregistrent également des performances positives de 4 % et 1,8 % au cours du mois écoulé. Le cours du pétrole a également nettement rebondi en décembre à plus de 79 dollars pour le Brent (+ 13,5 %). Ce mois-ci, le dollar baisse très légèrement par rapport à la monnaie unique et termine proche de 1,14 après avoir fluctué entre 1,23 et 1,12 tout au long de l’année. Nos portefeuilles progressent ce mois-ci de 3 %.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 48,4 % avec une performance globale de 152,1 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/12/2021 :

global
Graphe

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane, Espace Liberté et Anaé) au 31/12/2021.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 260 521 €

pea

 

 

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane, Espace Liberté 1 & 2 et Anaé) : valorisation : 235 811 €

av

 

Répartition du portefeuille actuel : 

repartition

 

Point marchés : retour sur l’année 2021

 

Malgré la perturbation des différentes vagues de Covid-19 (variant Delta en début d’année puis Omicron dernièrement), l’année 2021 aura été un très bon cru pour les bourses mondiales. Après la mise sous cloche inédite de l’économie mondiale pour lutter contre la pandémie, les marchés actions auront poursuivi leur rebond dans la continuité du formidable dernier trimestre 2020 qui leur a donné l’impulsion. Ils ont évidemment bénéficié de l’aide sans précédent des Etats et des banques centrales. Ce puissant soutien débuté au cours du deuxième trimestre 2020 s’est poursuivi sans relâche pour stimuler l’activité économique et permettre aux marchés financiers de se ressaisir après la mémorable année 2020. L’arrivée salvatrice des vaccins fin 2020 et leur déploiement toute au long de l’année 2021 auront bien sûr permis la réouverture progressive des économies et favorisé la poursuite de la hausse des indices boursiers. A l’arrivée, ce contexte de franche reprise économique associée à des conditions financières toujours accommodantes aura permis aux entreprises de délivrer des résultats exceptionnels et de présenter des perspectives très favorables pour 2022.
Au terme de cette année 2021, l’indice MSCI World All Countries (dividendes réinvestis) a donc progressé en 2021 de 27 %. S’il y a un chiffre à retenir concernant la performance du marché actions mondial, c’est celui-ci. Il s’agit de l’indice le plus représentatif des actions internationales puisqu’il intègre aussi bien les performances des marchés développés que des pays émergents (en fonction du poids de chacun dans la capitalisation boursière mondiale). Mais au sein de cet indice, les performances régionales sont assez hétérogènes. Les actions mondiales ont principalement été portées par les pays développés puisque l’indice des pays émergents recule de près de 9 %. Mais la disparité des performances est encore plus forte au sein même de l’indice émergents. Ainsi, la bourse de Bombay progresse par exemple de plus de 20 % alors que l’indice hongkongais termine en repli de 14 %. Les matières premières ont quant à elles largement accompagné la hausse des marchés actions avec notamment un rebond de 50 % des prix du pétrole, de 70 % du bois de construction et de près de 30 % du sucre sur l’année.
En fait, on évoque toujours les actions avant les matières premières ou les obligations mais c’est bien en observant ces deux derniers marchés qu’on peut analyser ex post le comportement des bourses sur l’année. Ainsi, les marchés financiers ne se limitent pas aux seuls marchés des actions. En effet, l’année a été beaucoup moins florissante pour les investisseurs obligataires, alors que les questionnements quant à la trajectoire des politiques des banques centrales ont généré une volatilité importante sur les marchés de taux. Selon Quantalys, la performance moyenne des fonds de la catégorie « obligations monde diversifiées » est de +1,8 % en 2021. S’agissant du marché obligataire, les yeux des investisseurs ont été rivés sur la courbe des taux américaine. L’éclaircissement de l’horizon économique du début de l’année a entrainé un mouvement de redressement des taux longs aux États-Unis. Cela pouvait alors s’expliquer par le succès du démarrage des campagnes de vaccination, la mise en place des plans de soutien budgétaires et la levée progressive des restrictions qui pesaient sur l’économie. Cette remontée des taux longs était le signe d’une économie en bonne santé, qui justifiait donc une hausse des marchés actions et particulièrement des secteurs les plus sensibles à l’environnement économique. D’où un premier quadrimestre fortement marqué par le rebond des valeurs bancaires, de l’énergie ou de l’automobile. Mais le plus surprenant était alors la sous-performance significative du secteur phare qui avait particulièrement fonctionné en bourse depuis plus de deux ans : la technologie. La rotation sectorielle était à l’œuvre. Là aussi, le mouvement de remontée des taux expliquait le phénomène : il devenait moins évident de justifier de telles valorisations si l’on envisageait une normalisation des taux. La hausse des taux trouvait aussi son explication dans le rebond des matières premières agitant le spectre de l’inflation.
C’est alors que les discours des banquiers centraux, toujours aussi parfaitement coordonnés, ont stoppé net la rotation sectorielle : l’inflation n’allait être qu’un phénomène transitoire. Il n’y avait donc plus de raison que les taux d’intérêts accélèrent à la hausse et que les valeurs de croissance sous-performent les indices. Leur rattrapage a d’ailleurs constitué un fort relai pour la croissance des marchés actions sur la deuxième partie de l’année. Les pics de volatilité ont marqué l’année 2021 à plusieurs reprises sans remettre en question la marche en avant des marchés actions car les rendements obligataires restent faibles (voire négatifs) et ne constituent toujours pas une alternative aux actifs risqués. C’est le fameux effet TINA (There Is No Alternative) que nous avions déjà évoqué. Les épisodes d’incertitude ont même permis aux marchés actions de rebondir avec force sous l’effet FOMO (Fear Of Missing Out) qui incitait les investisseurs à se repositionner rapidement par peur de manquer le train de la hausse.

En toute fin d’année, le variant Omicron aurait pu gâcher la fête. Mais une fois encore, le marché est reparti de l’avant dans une dernière ligne droite. Toutes les prévisions, même les plus optimistes, ont été dépassées. Ainsi, le rallye entamé en novembre s’est poursuivi en décembre avec le célèbre « rallye de Noël ». Pour rappel, la semaine entre Noël et le jour de l'An est traditionnellement positive pour les marchés actions, le Standard & Poor’s 500 ayant affiché une performance positive dans 80 % des cas depuis 1928. Mais il ne faut pas tomber dans l’euphorie et tirer des conclusions trop hâtives sur cette fin d’année, car ces remarquables performances découlent à la fois d’éléments techniques, des faibles volumes échangés au cours des dernières séances et de ce que les experts appellent le « window dressing » (l’habillage de portefeuilles) consistant pour certains gérants à acheter les meilleures valeurs absentes de leurs portefeuilles et a contrario, à vendre celles qu’ils détenaient et qui ont enregistré de mauvaises performances.
Suffisamment rare pour être souligné, la bourse de Paris a devancé en 2021 tous les grands indices boursiers mondiaux. Si nous faisons abstraction de la hausse du dollar par rapport à l’euro et que nous raisonnons en devises locales, le marché tricolore bat les trois principaux indices américains qui enregistrent des progressions légèrement inférieures avec 27,2 % pour le S&P 500 à 4 766 points, 18,5 % pour le Dow Jones à 36 335 points et 22 % pour le Nasdaq Composite à 15 648 points. L’Euro Stoxx 50 progresse de 21 % à 4 298 points, tandis qu’à la bourse de Francfort, le Dax (désormais) 40 gagne 15,8 % à 15 950 points. A noter qu’à Wall-Street, le S&P 500 a établi en 2021 son 70ème record historique en clôture (seule l’année 1995 avait permis de faire mieux avec 75 records). Le millésime 2021 est donc à marquer d'une pierre blanche. Il restera également à coup sûr dans les annales boursières comme l'année au cours de laquelle le marché parisien aura fait tomber ses records vieux de plus de vingt ans. L’évènement a eu lieu début novembre, dans le sillage d'une solide saison de résultats trimestriels ayant alimenté l'enthousiasme des investisseurs quant à la vigueur de la reprise économique. Après avoir dépassé ses précédents records de juin 2007 (avant la crise financière) et surtout du 4 septembre 2000 (juste avant l’explosion de la bulle internet), la bourse de Paris a bouclé sa meilleure année depuis 1999 et sa 6ème plus forte hausse annuelle depuis sa création le 31 décembre 1987. Son indice phare comme « immunisé » face au Covid-19 a finalement bondi de 28,85 % en 2021, clôturant à 7 153 points (vs 5 551 points fin 2020) proche de son pic annuel atteint le 29 décembre 2021 à plus de 7 200 points et dépassé depuis (7 376 points le 5 janvier 2022).

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Convictions d’investissements

 

La bonne humeur actuelle des marchés tranche avec les nuages qui planent avec l’émergence du variant Omicron. Plus préoccupant encore, elle contraste avec la persistance de l’inflation que l’on croyait temporaire ou dont on pouvait croire qu’elle avait atteint son pic au cours des tout derniers mois. Cette inflation pourrait menacer les marges des entreprises et accroître la pression sur les banques centrales. Si le phénomène devait s’installer durablement, les banques centrales, avec en tête la puissante Fed, pourraient être contraintes de mettre un coup de frein plus rapide que prévu à leurs politiques monétaires ultra généreuses. Cela priverait alors les marchés d’un puissant moteur. Pour ne rien arranger, la flambée de certaines matières premières et l’engorgement des chaînes de production pourraient continuer de menacer la croissance. Plusieurs questions peuvent alors se poser.
 

La bourse est-elle coupée des réalités sanitaires et économiques ?
Non nous ne le pensons pas. En effet, les marchés ont été loin de rester insensibles à ces mauvaises nouvelles. L’année 2021 n’a pas été de tout repos dans les salles de marchés. À chaque aggravation de la situation sanitaire comme à chaque flambée des prix, les indices actions ont subi des coups d’arrêt plus ou moins marqués. A titre d’exemple, si nous nous penchons sur le marché français, sa dernière forte baisse remonte à la fin novembre et elle a été violente. Après l’apparition du variant Omicron, les marchés actions ont fortement chuté et le CAC 40 s’est effondré de 4,75 % le 26 novembre, enregistrant sa pire séance depuis le mois de mars 2020 lorsque l’économie française a été mise sous cloche pour la première fois. Mais, comme après chaque choc, la bourse de Paris ainsi que les autres places boursières sont reparties de plus belle. Depuis maintenant un mois qu’est apparu ce nouveau variant, les investisseurs semblent estimer qu’il ne devrait pas représenter une menace pour la reprise économique. Ainsi, le CAC 40 a reconquis dès le 22 décembre le seuil des 7 000 points (soit trois semaines à peine après son creux à 6 655 points le 30 novembre dernier). Rassérénés par la probable moindre dangerosité de cette nouvelle souche de Covid-19, les places boursières ont conservé leur tendance haussière de 2021 et ont inscrit plusieurs nouveaux sommets. Les marchés semblent avoir opté pour un scénario optimiste avec des répercussions économiques limitées du variant Omicron. En effet, les études suggérant que ce dernier causerait des symptômes plus légers que les précédentes souches ont rassuré les investisseurs. De même, en suggérant de réduire la durée d'isolement des personnes asymptomatiques de dix à cinq jours, les dernières recommandations des autorités sanitaires américaines et du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont également soutenu les indices. Si le nombre de contaminations liées à Omicron ne cesse d'augmenter (actuellement plus de 330 000 nouveaux cas par jour en France ou plus de 1 000 000 aux États-Unis), les craintes liées à cette nouvelle souche continuent de refluer. En dépit du regain de vigueur de la pandémie, les nouvelles hospitalisations ne progressent a priori que lentement (y compris au Royaume-Uni qui a deux semaines d’avance sur la France). Cela incite les marchés à considérer qu'Omicron ne devrait pas être de nature à faire dérailler la reprise économique cette année.
 

Comment expliquer un tel optimisme de la part des investisseurs ?
Après avoir subi en 2020 l’une des pires récessions de son histoire, l’économie mondiale s’est redressée avec une vigueur inattendue. Après la dégringolade de 3,1 % en 2020, le FMI anticipe une hausse de 5,9 % du PIB mondial en 2021. Mais la progression des marchés actions l’année dernière s’explique surtout par celle des bénéfices des entreprises. Celles-ci ont réussi à augmenter leurs profits, alors même que les coûts, notamment des matières premières, flambaient littéralement. Argent peu cher et disponible en quantité presque illimitée, croissance de l’activité et des bénéfices, tous les ingrédients étaient réunis pour que la bourse soit aux anges. Après bientôt deux ans, le monde de la finance a appris à vivre avec la pandémie et il connaît son ennemi. La mise sous cloche des économies que nous avons connue en 2020 ne devrait donc pas se reproduire en 2022. Aujourd’hui, le principal risque pour les marchés viendrait selon nous plus d’une erreur de politique monétaire dans l’appréciation de la durée des tensions inflationnistes. Les banquiers centraux ont montré qu’ils prenaient en compte les chiffres de l’inflation à travers une communication sérieuse et solide. De plus, ils savent comment agir dans un tel cas de figure. C’est la partie la plus « facile » de leur travail ; ils savent comment lutter contre l’inflation car ils ont déjà été confrontés à une telle situation à de nombreuses occasions au cours des dernières décennies. Freiner l’inflation n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué pour eux. C’est surtout une question de timing et de dosage. Pour le moment, force est de constater que les marchés considèrent qu’il y a bien un pilote dans l’avion pour s’occuper de l’inflation. Cela se vérifie d’ailleurs dans les anticipations d’inflation à deux ans qui restent ancrées autour de 2,5 % aux Etats-Unis et 2 % en Europe. En étant très critiques, nous pourrions comme certains dire que la Fed prévoit son resserrement monétaire avec un retard de six mois. Nous pensons que les conséquences (inflation temporaire ou plus durable) de cette crise sanitaire inédite étaient extrêmement difficiles à analyser. Une chose est certaine, si le régime d’inflation devait rester cette année sur des niveaux de 4 à 6 % aux États-Unis, cela conduirait la Fed à décider d’une action encore plus restrictive de sa politique monétaire or, les marchés ne sont pas encore prêts à une telle éventualité. Sans erreur de la Fed, les marchés actions pourraient subir des épisodes (normaux) de consolidation (de l’ordre de 10 %). En revanche, si la Fed devait être prise à revers et devait accélérer le processus de normalisation de sa politique monétaire, le mouvement de baisse pourrait être plus important (correction de -10 à -20 %).
 

Après une année boursière portée par tant d’enthousiasme, reste-t-il du potentiel pour les marchés actions ?
La réponse est clairement oui. Si nous analysons les niveaux de valorisation, tous les grands indices sont aujourd’hui moins chers qu’ils ne l’étaient au début de l’année 2021. Si les cours de bourse se sont appréciés, les résultats des entreprises ont progressé dans des proportions supérieures. Les indices ne sont cependant plus « bon marché » et le soutien monétaire va progressivement être réduit. Nous n’anticipons pas de mouvement de correction majeur mais les épisodes de volatilité pourraient devenir plus fréquents, donnant alors naissance à des opportunités ce d’autant plus que si certains secteurs ont retrouvé leurs niveaux d’activité de 2019, ils présentent encore des niveaux de valorisation inférieurs. Les marchés actions bénéficieront encore d’un environnement des plus favorables avec des taux d’intérêts bas et des plans d’aides massifs déployés par les gouvernements un peu partout dans le monde. Nous ne nous attendons pas à une année aussi faste qu’en 2021, mais nous restons cependant confiants. Malgré les incertitudes liées au variant Omicron et l’inflation, la croissance mondiale va certes ralentir par rapport à l’année dernière (année de fort rattrapage) mais restera toutefois dynamique. Elle devrait rester vigoureuse en 2022 autour de 4,5 %. Ce rythme solide devrait permettre d’effacer les cicatrices de la crise sanitaire. Par ailleurs, les bénéfices des entreprises ont encore de belles marges de progression. Le consensus table en moyenne sur une hausse de 7 à 9 % des profits pour les entreprises de l’indice large européen Stoxx 600 ce qui laisserait entrevoir une progression similaire des indices boursiers. Ces deux arguments permettent d’apporter un peu de sérénité au débat. Pour autant, le combat contre le Covid-19 est encore loin d’être gagné et 2022 devrait être une année agitée avec des marchés volatils. Selon nous, les incertitudes sur le plan sanitaire ne devraient pas provoquer de durcissement généralisé du type reconfinement total. Néanmoins, nous voyons bien que des mesures de confinement strictes peuvent être ordonnées ici ou là. C’est le cas notamment avec la Chine qui continue d’appliquer une politique « zéro Covid » et qui n’hésite pas en ce moment à fermer une usine ou à confiner la population de toute une ville dès le premier cas positif. Au niveau mondial, seule la poursuite de la reprise dans certains secteurs de services, comme le tourisme, l’aérien, l’hôtellerie ou la restauration continuerait de souffrir des vagues épidémiques et pourrait encore être différée. Omicron est à ce stade davantage perçu par les investisseurs comme un élément mineur car ils pensent que les autorités publiques et sanitaires feront tout pour éviter de paralyser l’activité économique. À tort ou raison, c’est un pari qui nous semble fondé quoique peut-être encore un peu prématuré. Il serait raisonnable en ce début d’année d’attendre encore quelques semaines pour y voir plus clair. Compte tenu de l’euphorie actuelle des marchés, une baisse est tout à fait possible en raison des implications que ce variant pourrait avoir sur l’activité économique à court moyen terme. D’une certaine façon, Omicron pourrait être de nature inflationniste. Il pourrait handicaper encore plus l’offre de biens et de services (chaînes d’approvisionnement, arrêts de travail etc.) avec en parallèle une demande qui resterait toujours aussi forte ce qui pourrait conduire les banques centrales à ne pas pouvoir agir ou à ne pas continuer à normaliser leur politique monétaire. Quoi qu’il en soit, les fondamentaux restent bons. Il faut bien sûr être investi car nous sommes dans un marché de début ou de milieu de cycle économique avec des niveaux de croissance très importants et des résultats des bénéfices des entreprises positifs ; 2022 sera une année de décélération économique et de resserrement monétaire avec les incertitudes autour du virus d’où l’importance de conserver des marges de manœuvre et des liquidités. Les marchés actions pourrait être en tôle ondulée durant le premier semestre, le temps pour eux de savoir si le pic d’inflation est passé et si les politiques des banques centrales sont appropriées. Cela pourrait se traduire par une absence de véritable direction avec des phases de hausse et de baisse successives (« stop and go » de plus ou moins 10 %) et une certaine volatilité.

 

Le début de la désynchronisation des politiques des banques centrales

 

Après une exceptionnelle coordination des grandes banques centrales depuis 2020, l’heure des décisions difficiles est arrivée. La sortie de cette crise sanitaire n’est pas tout à fait terminée et donne des maux de tête aux banquiers centraux. Selon la situation économique et le niveau d’inflation des différentes zones géographiques, ils doivent à la fois continuer de soutenir l’économie alors que les nouvelles vagues de Covid-19 menacent l’activité et envisager de durcir les conditions de crédit pour dompter l’inflation. Ils doivent surtout continuer de soigner leur communication qui est aujourd’hui devenue un véritable instrument de politique monétaire.

  •    La Fed sous pression envisage des hausses de taux dès cette année

Alors que l’inflation a atteint 6,8 % sur douze mois, son plus fort niveau depuis 1982 et que le chômage est tombé à 4,2 %, la Banque centrale américaine est confrontée au dilemme de devoir resserrer sa politique monétaire sans risquer de casser une croissance pour laquelle elle a déployé tant d’efforts depuis bientôt deux ans. La Fed espère éviter le piège qui serait de nature à provoquer une récession l’an prochain. Ce piège redouté par les marchés, serait l’obligation pour elle d’avoir à relever trop rapidement son taux directeur (à ce jour toujours nul) afin de contrer un ancrage durable de l’inflation à plus de 2 %. Désireux d’atteindre au plus vite le plein-emploi, Jerome Powell et ses collègues ont pu faire l’objet ces derniers temps de quelques critiques pour avoir quelque-peu sous-estimé l’effet sur les prix de la politique délibérément « accommodante » de la Fed. Peut-être un peu débordée, celle-ci veut convaincre qu’elle a pris la mesure du danger.
Ainsi, les membres du comité monétaire ont-ils d’abord commencé par faire un pas vers une normalisation de la politique monétaire ultra généreuse de la Fed. Comme l’anticipaient les marchés et en réaction à une inflation qui s’installe au plus haut depuis près de quarante ans, la Réserve fédérale a d’abord corrigé mi-décembre le cap qu’elle s’était fixé début novembre. Elle a ainsi annoncé une accélération de la sortie de « l’assouplissement quantitatif » (quantitative easing en anglais ou QE). Au lieu de viser le mois de juin 2022 pour renoncer totalement à cette politique destinée à combattre le risque de déflation, elle a décidé d’avancer de trois mois (à mars prochain) la fin de ses rachats d’obligations (tapering) de 120 milliards de dollars par mois. Ce programme de soutien aura permis d’absorber plus de la moitié de la dette émise par le Trésor américain. Ce faisant, la Fed a dopé l’offre de liquidités, alors que par ailleurs, une politique budgétaire ultra stimulante enflammait la consommation et l’embauche au point d’alimenter une croissance du PIB de 5 à 6 % en moyenne. Cette politique de rachat massif de dette publique par la Fed (en place depuis mars 2020) visait à combattre la déflation en manipulant les taux d’intérêt à long terme pour qu’ils soient le plus bas possible. Elle cherchait aussi à stimuler le retour sur le marché du travail de millions d’Américains qui s’en sont écartés aux pires moments de la pandémie, en particulier dans les milieux pauvres et sans qualification professionnelle. Enfin, son objectif était de combattre les effets des confinements sur l’offre et la demande. Mais ce robinet de liquidités (QE) risquait d’entretenir une surchauffe inflationniste.
Ensuite, la Fed a indiqué que l’autre pilier de sa politique exceptionnellement accommodante, à savoir son taux directeur (maintenu à zéro depuis mars 2020) pourrait être relevé trois fois cette année à condition toutefois que l’économie américaine atteigne des niveaux d’emploi conformes à son objectif d’un « emploi maximum ». Désormais, une majorité des douze membres de son comité monétaire se situe sur cette ligne alors qu’en septembre dernier, la moitié jugeait improbable pour 2022 un premier relèvement de ce taux auquel les banques américaines prêtent des liquidités à très court terme. Mais depuis, la donne a changé. Alors que la croissance en rythme annuel semble proche de 5 % et tandis que le chômage est tombé à seulement 4,2 %, le maintien à zéro du taux directeur en 2022 était de plus en plus discutable.
Le défi pour la Fed est maintenant d’empêcher que l’emballement des hausses de prix des biens, exacerbé par des pénuries (matières premières, semi-conducteurs etc.) et des dysfonctionnements de chaînes de production (les goulets d’étranglement) se propage aux services, aux loyers et aux salaires. Bien que Jerome Powell s’en défende, c’est bien la réalité que ce cercle vicieux inflationniste commence, qui précipite le virage de la Fed. Celle-ci anticipe toujours une réduction en 2022 des pénuries de matériaux, de composants et de main-d’œuvre qui aggravent la hausse des prix. Pour autant, elle ne dispose plus de la marge suffisante pour parier que la flambée va cesser d’elle-même. La hausse des prix est en train de glisser doucement des biens vers les services, notamment les transports, ou les loyers. De même, le désir de la Maison-Blanche et de l’étroite majorité démocrate au Congrès d’augmenter durablement les dépenses sociales risque d’avoir des effets inflationnistes. Dans ce contexte, le déséquilibre sans précédent entre le nombre d’offres d’emplois non pourvues (environ 11 millions) et la demande effective de travail de la part d’une population traumatisée par la pandémie et le confinement (6,9 millions de personnes seulement se déclarent à la recherche d’un poste) constitue un risque évident. Il entretient des hausses de salaires non compensées par des hausses de productivité. L’inflation par les coûts salariaux menace donc. Reconduit dernièrement par Joe Biden pour un second mandat de quatre ans, Jerome Powell (président de la banque centrale américaine depuis 2018) se sent certainement un peu plus libre de renouer avec un peu plus d’orthodoxie monétaire en remontant les taux et en abandonnant si besoin dès le printemps prochain la politique de taux zéro pratiquée par la Fed depuis 2020. Tout sera question de dosage. Selon le dernier sondage de la Fed de New York, l’anticipation de l’inflation par les consommateurs (indicateur très suivi par la Fed) prévoit désormais une hausse des prix de 6 % en 2022. Cet ancrage de l’inflation oblige donc la Fed à un subtile exercice d’équilibriste. Au nom de la maîtrise des prix, elle doit remonter ses taux en veillant bien à ne pas égratigner la croissance.

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  •    La BCE veut éviter un sevrage trop brutal de son soutien monétaire

À rebours de la Fed, de la Banque d’Angleterre, de celle du Japon, de la Suisse ou de la Norvège, la Banque centrale européenne négocie en douceur la sortie de crise malgré l’inflation. Elle esquisse un retrait à pas de loup de son soutien monétaire, Christine Lagarde ayant précisé que la zone euro se situait dans un « univers différent » de celui des autres économies développées.
Entre forte reprise économique et incertitudes liées au variant Omicron, entre sursaut inflationniste et ses objectifs à moyen terme, la BCE tente de naviguer en eaux très incertaines avec un mot d’ordre : la « flexibilité ». Le conseil des gouverneurs a approuvé mi-décembre une sortie en douceur du dispositif exceptionnel de rachats d’actifs lié à la pandémie (PEPP). Ce programme doté de 1 850 milliards d’euros doit prendre fin en mars prochain. Mais ses effets ne s’assécheront pas immédiatement, puisque ses réinvestissements (lorsque les obligations détenues arriveront à échéance) pourront se poursuivre au moins jusqu’à la fin 2024, au lieu d’un an plus tôt. De plus, le PEPP pourrait être réactivé si les circonstances sanitaires l’exigeaient. En parallèle, dès le mois de mars, l’autre programme de quantitative easing (QE) qui existait avant la crise (APP) et limité pour l’heure à 20 milliards d’euros par mois (contre 60 à 70 milliards d’euros par mois pour le PEPP actuellement) sera temporairement amplifié pour prendre le relais du PEPP et compenser son arrêt. Concrètement, cela signifie que l’APP va progressivement passer à environ 50 milliards d’euros au premier trimestre 2022, puis 40 milliards au second, 30 au troisième, avant d’atterrir à 20 milliards en octobre 2022. Ainsi, la BCE devrait racheter l’année prochaine environ 80 % des dettes émises par les États de la zone euro. Ce n’est qu’une fois que ces achats auront cessé qu’une hausse des taux pourra être envisagée c’est-à-dire pas avant 2023 voire 2024. Pour justifier ces décisions, la banque centrale jongle avec les impératifs contradictoires de maintenir la stabilité des prix et de soutenir la reprise sans la casser dans l’œuf.
Sur le plan de l’activité économique, Christine Lagarde se félicite de la vigueur de la reprise, même si la nouvelle vague du virus Delta et le variant Omicron risquent peut-être de l’atténuer début 2022. Après une croissance du PIB de 5,1 % pour la zone euro cette année, les économistes de la BCE revoient légèrement à la baisse leurs prévisions pour 2022 à 4,2 %, et relèvent celles de 2023 à 2,9 %. La reprise fait face à des « vents contraires » que sont les contraintes dans les chaînes d’approvisionnement liées à une demande supérieure à l’offre et une inflation gonflée par l’envol des prix de l’énergie qui pèse sur les ménages. L’inflation a atteint un record de 4,9 % dans la zone euro en novembre. Selon la BCE, elle devrait rester élevée plusieurs mois avant de décliner courant 2022. Elle a révisé sa prévision à 3,2 % pour cette année et précisé que la hausse des prix pourrait se révéler plus élevée que prévu. La Banque centrale européenne estime être encore loin de son objectif de 2 % d’inflation à moyen terme qui justifierait une hausse des taux. À la différence de la Fed ou de la Banque d’Angleterre, la BCE doit tenir compte des risques de divergences entre les dix-neuf États membres de la zone euro. Ces perspectives ont réveillé la nervosité sur le taux italien à dix ans qui a dépassé 1 % ces derniers jours, contre un plus bas de 0,5 % il y a quelques mois. Inquiétude aussi pour la Grèce, dont la dette (200 % du PIB) était éligible aux rachats du PEPP, mais pas de l’APP, en raison de son profil de risque. Le plus grand espoir de la BCE est que les dirigeants européens, emmenés par la France et l’Allemagne, puissent se mettre d’accord en mars sur une réforme des règles budgétaire, ce qui rendrait la zone euro moins dépendante de la politique monétaire. Mais en attendant, Christine Lagarde rappelle que « la BCE restera un filet de sécurité pour les obligations souveraines ».

 

A suivre dans les prochaines semaines :

  • évolution du nouveau variant Omicron dans le monde (Chine, Europe, États-Unis)
  • début de la saison de publication des résultats des entreprises pour le 4ème trimestre 2021
  • élections en Italie : Mario Draghi sera-t-il candidat à la présidence de la République ?
  • indicateurs macro-économiques
  • communication des banques centrales
  • autorisation des nouveaux traitements thérapeutiques et des nouveaux vaccins
  • progression de la vaccination (hors pays développés + campagne de 3ème dose dans les pays développés)

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Jeudi 13 janvier 2022 https://attendee.gotowebinar.com/register/2151649016670488075

Jeudi 10 février 2022 https://attendee.gotowebinar.com/register/5993392122959962380

 

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le mercredi 2 février 2022 pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     

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