Point mensuel décembre 2020 - Investissements
05/01/2021 - 20 min de lecture
Rubrique : Epargne et investissement
tout un mag pour vous
Point mensuel décembre 2020 - Investissements
Des marchés actions bien orientés après la performance exceptionnelle du mois de novembre suite à l’annonce des premiers vaccins. Les Emergents et le Japon progressent respectivement de 7 % et 3 % alors que les Etats-Unis et l’Europe marquent une pause. L’euro continue à s’apprécier, se rapprochant du niveau de 1,23 dollar. Cette tendance soutient à la hausse le baril de pétrole qui a franchi les 51 dollars (brent). Nos portefeuilles progressent de 2,4 % ce mois-ci.
Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 36,60 %, avec une performance globale de + 115,5 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/12/2020 :


Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 31/12/2020.
Portefeuille type PEA : valorisation : 220 441 €

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 203 639€

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés
Les marchés financiers ont terminé l’année dans le calme bien décidés à aborder le début de l’année avec optimisme. Ils avancent pas à pas convaincus que cette pandémie mondiale prendra fin un jour prochain. Le dénouement positif des derniers sujets d’incertitude risquant de provoquer des turbulences contribue à ce climat de relative sérénité (le virus n’est pas encore vaincu) pour clôturer une année qui aura marqué les esprits et se tourner vers 2021. Au fur et à mesure que ce mois de décembre avançait vers son terme, les marchés financiers ont pu constater que les sujets d’inquiétudes connaissaient les uns après les autres un dénouement favorable, renforçant ainsi le sentiment de confiance pour aborder 2021 :
- le vote par les « Vingt-Sept » du plan de relance européen de 750 milliards d’euros
- les validations successives par les agences des médicaments européenne (EMA) et américaine (FDA) des demandes d’autorisations de mise sur les marchés en urgence des premiers vaccins anti-Covid-19 (Pfizer/BioNtech, Moderna et AstraZeneca) et le démarrage dans la foulée de campagnes de vaccination au Royaume-Uni, au Canada, aux États-Unis, en Europe etc
- l’accord inespéré de libre-échange signé avant Noël par le Royaume-Uni et l'Union européenne permettant d'éviter le scénario noir d'un « no deal » à savoir une sortie du marché unique sans accord qui aurait pesé très lourd sur l'économie britannique et, dans une moindre mesure, européenne (voir ci-après « Brexit, un cadeau providentiel au pied du sapin de Noël »)
- la ratification par Donald Trump du plan d’aides de 908 milliards de dollars permettant (entre autres) de prolonger les aides versées aux chômeurs (voir ci-après « D. Trump ratifie le plan de relance américain »)
- la confirmation de la victoire officielle de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine
La dissipation successive de ces différents nuages aura fini d’éclaircir l’horizon des investisseurs et permis de continuer à rassurer les marchés pour entrevoir un retour à la normale de l’activité des économies développées.
Des places boursières qui tiennent le choc face au Covid-19
Les opérateurs de marchés n’ont sans doute jamais été aussi pressés de tourner la dernière page d’une année 2020 si éprouvante pour l’économie mondiale qui aura traversé la pire récession depuis la Grande Dépression de 1929. La pandémie historique et ses conséquences économiques désastreuses laissaient présager le pire pour les marchés financiers. Mais ces derniers ont déjoué tous les pronostics. En effet, après un plongeon vertigineux au printemps, les principaux indices boursiers ont rebondi en deux grandes phases. D’abord après l’intervention des banques centrales et des gouvernements entre la mi-mars et la fin mai, puis au moment des annonces sur les vaccins en novembre, ce qui leur a permis de terminer soit légèrement en négatif et quasiment au même niveau que fin 2019 soit à des plus hauts historiques. Ainsi donc, après les sueurs froides du mois de mars, au pire de la pandémie, l’indice CAC 40 est parvenu à limiter la casse en terminant 2020 sur une baisse limitée de -6,3 % (et même -4,4 % en intégrant les dividendes). La Bourse de Paris se retrouve au milieu du gué, avec d’un côté Wall Street et les bourses asiatiques qui battent des records et de l’autre, les marchés européens qui ont connu des fortunes diverses. Côté américain, le Dow Jones termine à + 6 %, le Standard & Poor’s 500 à + 16 % et le Nasdaq à + 43 %. En Europe seule la Bourse de Francfort (DAX 30) termine dans le vert à +3,5 % tandis que les pays du sud de l’Europe font grise mine : l’Ibex espagnol perd 15 %, la Bourse de Milan 18 % et celle de Londres, minée par le Brexit, abandonne 13 %. L’EuroStoxx 50 clôture l’année proche de l’équilibre à -2 %.
Dans ce contexte nous sommes contents de pouvoir afficher une performance annuelle positive de 6,5 % de nos portefeuilles. Cela démontre que notre diversification géographique a bien fonctionné (alors que la majorité de nos concurrents sont restés investis principalement sur des marchés négatifs comme le CAC 40 ou l’Euro Stoxx 50), que le « timing » de nos mouvements a été inspiré et qu’enfin nos choix (même en Europe principale zone négative cette année) ont été pour la plupart payants avec entre autres, des fonds comme Montanaro European Smallers companies, Oddo BHF Avenir Europe ou Comgest Renaissance Europe.
Rétrospective d’une folle année boursière
Lorsque l’épidémie de coronavirus a commencé à se déclarer en Chine fin 2019, les marchés n’ont pas tout de suite réagi en raison du peu d’informations disponibles alors. Notre CAC 40 s’est ainsi hissé à plus de 6 100 points, un sommet inconnu depuis plus de treize ans, bien avant l’explosion de la crise des subprimes qui avait déstabilisé la finance mondiale. Mais lorsque l’Europe (d’abord avec l’Italie) puis les États-Unis ont été frappés fin février par le « cygne noir » du coronavirus, la panique s’est répandue sur toutes les places boursières comme une traînée de poudre. Le choc a été d’une violence inouïe. En moins d’un mois, entre son pic du 19 février et son plancher du 18 mars, à 3700 points, l’indice parisien a perdu près de 40 % de sa valeur. Les capitalisations boursières des grandes valeurs ont provisoirement perdu près de 800 milliards d’euros pour la place de Paris et jusqu’à 25 000 milliards de dollars dans le monde, du jamais-vu !
Les marchés ont été confrontés à un double choc : de l’offre d’abord, avec l’arrêt dans le monde entier des chaînes de production ; de la demande ensuite, avec la mise sous cloche inédite mais volontaire des économies des pays développés et le confinement historique de la moitié de la population mondiale. Tirant les leçons des crises qui ont émaillé la vie des marchés ces dernières années (bulle internet, subprimes, dette de la zone euro) et face à la gravité de la situation, les États et les banques centrales ont immédiatement réagi. Les gouvernements et les autorités monétaires ont déployé un arsenal d’une puissance sans précédent.
Quelques 20 000 milliards de dollars ont été mobilisés dans le monde pour enrayer cette crise : les banques centrales ont injecté plus de 8 000 milliards de dollars et les Etats plus de 12 000 milliards de dollars (pratiquement 25 % du PIB mondial). Pour la première fois, gouvernements et banques centrales ont coordonné leurs actions. La complémentarité des différents plans de soutien puis de relance budgétaires et monétaires aura été décisive. Ce traitement de choc a vite produit ses effets puisque les interventions synchronisées de toutes les banques centrales ont fait sauter pratiquement tous les verrous. Les marchés se sont trouvés inondés de liquidités quasi gratuites et illimitées, ce qui explique en grande partie la puissance et la rapidité du rebond des places boursières. Les indices américains ne se sont pas contentés d’effacer leurs pertes ils ont poursuivi sur leur lancée enchaînant les records convaincus que la recherche médicale parviendrait à annoncer l’exploit de la découverte de vaccins anti-Covid en moins d’un an.
Depuis son point bas du mois de mars, l’indice CAC 40 a ainsi regagné près de 50 %. La déconnexion entre une économie mondiale sous perfusion et des marchés en pleine forme peut surprendre, mais cela s’explique par le fait que la bourse est toujours le reflet des anticipations futures de l’économie mondiale et non de la situation actuelle. Celle-ci avait intégré la récession puis la reprise avant que toutes deux se produisent. L’indice parisien doit ce rebond à quelques valeurs en forte croissance, avec en tête nos champions du luxe les fameux KOHL (l’équivalent des valeurs technologiques américaines). Ainsi Hermès termine l’année en tête avec une hausse de 33 %, LVMH grimpe de 25 %, l’Oréal monte de 18,5 % et Kering progresse d’environ 10 %.
Les grands groupes industriels réalisent de beaux parcours et la technologie fait une percée. En revanche, la finance a été envoyée au tapis avec des baisses de 45 % pour Société Générale, 21,5 % pour Axa, 20 % pour Crédit Agricole et 18 % pour BNP Paribas. Les secteurs de la banque et de l’assurance doivent faire face à la faiblesse des taux qui grignote les marges ainsi qu’à un risque sans cesse croissant sur les crédits aux entreprises. De plus, ce sont des valeurs très cycliques logiquement pénalisées dans l’environnement actuel. Le secteur pétrolier a lui aussi souffert avec la chute de la demande mondiale et des cours du brut en raison de l’arrêt complet de l’économie. Total abandonne plus de 26 % en 2020 et les valeurs parapétrolières sont étranglées ; Vallourec (- 76 %), CGG (- 72 %) et TechnipFMC (- 58 %) ferment la marche du SBF 120. La paralysie économique liée à la pandémie a fait plonger le cours du pétrole, une chute aggravée par la guerre des prix lancée début mars par l'Arabie Saoudite. En avril, le prix du baril de pétrole (WTI avait même furtivement plongé en territoire négatif sur les contrats à terme). En 2020, la demande mondiale d'or noir aura fondu de 8,8 millions de barils par jour (Mb/j) pour atteindre un total de 91,3 Mb/j. L'an prochain, le rebond de la demande devrait être inférieur à 6 millions de barils supplémentaires par jour pour tourner autour de 96 Mb/j, un niveau encore loin des 100 Mb/j atteints en 2019. Enfin, l’aéronautique et le tourisme continuent de traverser une crise sans précédent. Airbus plonge de 30 % et Accor a perdu sa place au sein du CAC 40 au profit d’un industriel conquérant, Alstom.
En résumé l’économie mondiale et les bourses ont été sauvées du désastre par les politiques de soutien sans précédent des banques centrales et les plans de soutien massifs des Etats.
Dans une année 2020 extrêmement volatile, voici à travers le graphe ci-dessous les grandes étapes de notre stratégie d’investissement :

Manque de catalyseur pour la suite
Les marchés naviguent un peu à vue pour poursuivre leur marche en avant. Les campagnes de vaccination qui viennent de débuter suscitent l’espoir mais le virus n’est pas encore vaincu. Couvre-feux et reconfinements se multiplient et le rebond de la croissance risque d’être limité en 2021. Aux Etats-Unis par exemple, Anthony Fauci (le « Monsieur Pandémie ») décrit l’évolution de la situation sanitaire de la manière suivante. Il faudra attendre le mois d’avril pour que les conditions soient remplies pour permettre ce qu’il appelle une "Saison ouverte", c'est-à-dire que « Tous ceux qui veulent se faire vacciner puissent le faire » et d’ajouter « Si nous vaccinons ensuite les gens avec diligence en avril, mai, juin, juillet, nous obtiendrons progressivement et de manière perceptible un degré de protection proche de l'immunité collective » (environ trois millions d’américains ont été vaccinés durant la première semaine de campagne).
De plus, la guerre commerciale sino-américaine devrait changer de forme avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, mais sur le fond, les divergences restent profondes. De même, lorsque les aides toucheront à leur fin, de nombreuses faillites d’entreprises sont à redouter. Car derrière les grandes sociétés, une kyrielle de petites et moyennes entreprises peinera à se remettre de la crise. Seule certitude, les taux resteront durablement bas, ce qui sera profitable aux actions. Même si les politiques monétaires ultra-accommodantes continueront à peser sur la rentabilité des banques et que la prise en compte du changement climatique pèsera sur le secteur des énergies traditionnelles, certaines valeurs massacrées comme les banques, les pétrolières et les cycliques industrielles peuvent à court terme continuer de rattraper une partie de leur retard et profiter de l’embellie. Concernant les autres secteurs comme le transport aérien, l’aéronautique, les loisirs ou le tourisme, nous restons pour l’instant prudents car ces secteurs sont totalement dépendants de l’évolution de la situation sanitaire. En revanche, il ne fait aucun doute que les entreprises de croissance et de qualité continueront d’être recherchées. Davantage qu’une rotation sectorielle, le mouvement entamé depuis deux mois semble bien enclenché pour que les valeurs cycliques (décotées) continuent de combler une partie de leur retard sur les valeurs de croissance (écart en relatif d’environ 15 % en Europe et de 30 % aux États-Unis) dans une phase que l’on pourrait qualifier de rattrapage ou de rééquilibrage après cinq années de contre-performance.
Prévisions pour 2021, une année à haut risque pour l’économie mondiale
Chaque début d’année nous essayons de dresser le panorama pour l’année à venir. Après l’onde de choc du Covid-19 qui a fait plonger en récession la plupart des grandes économies de la planète (à l’exception notable de la Chine), l’exercice s’avère délicat. Nous l’avons vu ces dernières semaines, au gré des annonces porteuses d’espoir sur le front de la vaccination ou au contraire alarmantes face à la détérioration sanitaire. Ainsi quelques jours avant Noël, l’inquiétude est montée brutalement d’un cran après l’épisode d’une nouvelle souche du virus conduisant à une fermeture immédiate des frontières ainsi qu’à une mise en quarantaine de la Grande-Bretagne.
Nous constatons déjà pour 2020 une grande hétérogénéité entre les pays. La Chine, d'où est partie le coronavirus et qui a réussi à maîtriser rapidement la pandémie, sera l'une des rares économies à échapper à la récession (+ 1,8 % prévue en 2020). En Europe, la Grande-Bretagne et l'Espagne vont enregistrer les plus fortes baisses, suivies de la France et l'Italie. Le PIB français va chuter de 9,1 % contre 5,5 % en Allemagne avant de rebondir en 2021. La France, l'Italie et l'Espagne ont été touchées plus tôt que l'Allemagne. Les confinements y ont été plus stricts quand par exemple la construction a continué de fonctionner en Allemagne. D'autres facteurs ont joué comme l'efficacité des politiques de santé publique ou le poids plus important en Europe du Sud du tourisme. Les économies ouvertes, dépendantes des échanges et des investissements étrangers, sont également plus vulnérables. A l’inverse les États-Unis (pays le moins dépendant au monde) devraient connaître une baisse de leur PIB de seulement 3,7 % soit deux fois moins forte qu'en zone euro.
Les perspectives d'un vaste programme de déploiement de vaccins anti-Covid redonnent l'espoir d’un redémarrage de l’économie mondiale dès 2021. Elles permettent d’envisager à horizon 9 à 12 mois de basculer dans un monde guéri du Covid-19 et d’entrevoir une année 2021 sous le signe d’un retour à la normale de l’activité économique. Anticipant une chute du PIB mondial de 4,2 % en 2020, l'OCDE table sur un rebond équivalent cependant inférieur à celui de septembre dernier (4,5 %). Il est vrai qu’entre ces deux prévisions, une deuxième vague de Covid-19 a déferlé entraînant de nouveaux confinements au quatrième trimestre 2020. Un tel évènement peut faire peser à tout moment un risque baissier sur les marchés mais ces derniers préfèrent retenir que la victoire sur le virus est la seule façon efficace de protéger l'économie et les populations des répercussions sociales. Celle-ci passe donc par une vaccination à grande échelle de la population mondiale afin de parvenir à une immunité collective.
Comme chaque année, notre scénario central se veut prudent et optimiste à la fois ce qui n’est pas contradictoire. Il part du postulat évident que le rebond de la croissance dépendra de l’évolution de la situation sanitaire. Le vaccin (ainsi qu’un traitement thérapeutique des cas graves) est la clé de tout car il reste le meilleur plan de relance permettant de rétablir rapidement la confiance. La sortie plus rapide que prévu des premiers vaccins et le démarrage de la vaccination au Royaume-Uni aux États-Unis et en Europe sont d’ailleurs encourageants. Prudence d’abord, car nous devrions entrer dans l’année 2021 comme nous avons terminé 2020 c’est-à-dire avec une croissance mondiale affaiblie en raison des restrictions mises en place pour limiter la propagation du Covid-19 durant le dernier trimestre 2020 et sans doute aussi le premier trimestre 2021. Optimisme ensuite, car à partir du second trimestre 2021, nous pouvons espérer un solide rebond de l’économie mondiale (même si les marchés auront peut-être déjà intégré en partie l’amélioration attendue fin 2021).
Aussi les marchés actions pourraient poursuivre sur leur tendance haussière grâce aux facteurs suivants :
- rapidité dans le déploiement du vaccin et accélération des campagnes de vaccination
- maintien (déjà promis) des politiques de soutien des banques centrales
- intensification des plans de relance avec de nouveaux stimuli budgétaires à venir en Europe et aux États-Unis
- amélioration des indicateurs macro-économiques des principales économies développées
- dynamique de croissance de la Chine et des Emergents
- redémarrage progressif des secteurs victimes des mesures de distanciation sociale (hôtellerie, tourisme, restauration, aérien, aéronautique)
- capacité d’investissement des entreprises
- confiance et consommation des ménages
En effet, une des grandes inconnues est liée à l’épargne et à l’appétit de consommer des ménages. Or, leur consommation dépendra de leur niveau de confiance qui reste le moteur clé de la croissance. En 2020, les Américains ont accumulé un surplus d’épargne de 1 400 milliards de dollars par rapport à la même période de 2019. De même, d’après la Banque de France, les Français auraient épargné l’an dernier plus de 130 milliards d’euros auxquels pourraient venir s’ajouter 70 milliards supplémentaires en 2021, soit environ 200 milliards d’euros au total qui seront indispensables pour alimenter et soutenir la croissance.
Pour finir, gardons à l’esprit que cette crise est unique en son genre car avant tout sanitaire avec des conséquences économiques. L’exploit de la recherche médicale restera un moment phare de l’année 2020 puisque jamais des vaccins n’auront été mis au point aussi vite. Les vastes plans déployés par les États (prêts garantis, chômage partiel, aides financières etc.) continueront d’atténuer les dégâts économiques de la pandémie. Malgré le maintien probable de mesures de restrictions durant le premier semestre, 2021 devrait être une année de rattrapage, d’abord aux États-Unis où le soutien monétaire et budgétaire est plus important, puis en Europe.
Sur ces vaccins, quelques questions demeurent : les effets secondaires sont-ils tous identifiés ? Dans un pays comme le nôtre, quel serait l’impact de rares cas graves sur la suite de la campagne de vaccination ? Les deux injections prémunissent contre la maladie, mais empêchent-elles la contagiosité ? Sont-elles efficaces contre les nouvelles souches du virus ? L’immunité est-elle acquise ou temporaire ? A ces interrogations nous pouvons opposer que les vaccins sont assez robustes pour entraîner une réaction face à un virus qui a peu changé, que dans le pire des cas leur efficacité record (plus de 90 %) est juste un peu diminuée et que la technologie révolutionnaire des nouveaux vaccins permet en quelques semaines de les modifier pour faire face à une nouvelle cible. En conclusion, la lutte contre le virus n’est pas finie et le monde d’après tant espéré n’est pas pour tout de suite. Les gouvernants doivent réussir l’étape décisive de la vaccination et vaincre l’hésitation des populations pour que 2021 ne soit pas victime d’un autre virus, celui de la défiance.
La BCE prolonge son « bazooka » monétaire jusqu’en 2022
Sans surprise, la présidente de la Banque centrale européenne a confirmé que la zone euro n’était pas encore tirée d'affaire. Malgré l'arrivée encourageante des vaccins anti-Covid, la pandémie continue de faire peser de sérieux risques pour la santé publique et les économies. L'ampleur et la durée de la seconde vague ainsi que le retour à des mesures de confinement strictes sont toujours compliquées à anticiper. Aussi, après le rebond de 12,5 % du PIB de la zone euro au troisième trimestre, les trois derniers mois devraient le voir retourner en territoire négatif proche de -2,2 %. Par conséquent, après une récession estimée à -7,3 % pour 2020, la reprise pourrait être plus timide que prévu. Les économistes de la BCE réduisent nettement leurs prévisions de croissance à 3,9 % pour 2021 contre 5 % attendus en septembre dernier. A l’inverse, la croissance accélérerait à 4,2 % en 2022 au lieu de 3,2 % estimés précédemment.
Fort de ce constat, comme déjà annoncé et anticipé, le conseil des gouverneurs a décidé d'amplifier et de prolonger son programme de rachats d'actifs d'urgence lié à la pandémie (PEPP). Augmentée de 500 milliards d'euros, son enveloppe totale atteint désormais 1 850 milliards d’euros. Ainsi les rachats de dettes pourront se poursuivre au moins jusqu'en mars 2022, soit neuf mois plus tard que la fin initialement envisagée de ce dispositif exceptionnel. A la question quand la crise sera-t-elle terminée, Christine Lagarde a répondu : « Nous avons de bonnes raisons de penser que la fin de 2021 marquera une immunité collective ce qui permettrait d'envisager une stabilisation de l'économie au début 2022 soit deux ans après le début de la pandémie ». Étant donné le haut niveau d'incertitude de ce scénario, la BCE se laisse la possibilité de revoir ce calendrier de sortie de crise ainsi que sa politique exceptionnelle ultra-accommodante mise en place en mars dernier. Une dernière extension n’est donc pas à écarter dans le courant de l'année prochaine.
L’institution de Francfort a également précisé qu’une normalisation monétaire en zone euro n'était pas non plus pour demain. Cela permet d’en déduire que le robinet du crédit ne sera pas coupé trop brutalement. Elle prolonge donc d'un an supplémentaire, jusqu'à juin 2022, son mécanisme de soutien au crédit bancaire (TLTRO) via une grille de taux négatifs incitatifs pour pousser les établissements à prêter aux ménages et aux entreprises. Elle entend ainsi dissiper certaines tensions constatées sur les conditions d'octroi de crédits par les banques. Il est impératif de maintenir l'afflux de liquidités, face à une reprise inégale selon les secteurs. L'industrie continue de résister, tandis que les services paient le plus lourd tribut aux restrictions à la mobilité. Les gouvernements sont appelés à poursuivre leur politique de soutien budgétaire alors que les entreprises hésitent à investir et que la défiance des ménages s'accroît.
Nous croyons fermement que la zone euro peut se redresser en 2021. La dernière réunion de l’année pour la BCE fournit des raisons supplémentaires d'être optimistes.
Brexit, un cadeau providentiel au pied du sapin de Noël
- Fin d’une interminable négociation
L'accord de libre-échange signé in extremis par le Royaume-Uni (RU) et l'Union européenne (UE) permet d'éviter le scénario noir d'un « no deal » (sortie sans accord) qui aurait pesé très lourd sur l'économie britannique et, dans une moindre mesure, européenne. Après la sortie institutionnelle du RU de l’UE le 31 janvier 2020 et à quelques heures à peine de la date butoir du 31 décembre dernier marquant la fin de la période de négociations, cet épilogue organise un départ ordonné du marché unique et permet au pays de recouvrer sa pleine et entière souveraineté. Le moins que l’on puisse dire est que cet aboutissement après quatre années et demi d’obstruction permanente de la part du RU aura été laborieux. Un compromis aura finalement été trouvé le 24 décembre entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et Boris Johnson. La stratégie de la Commission européenne martelant que s’il le fallait, elle négocierait avec le RU jusqu’à la « vingt-cinquième heure » du 31 décembre afin d’arracher un accord (un classique pour toute négociation qui se respecte avec les institutions européennes), aura fini par aboutir. Pour les Britanniques comme pour les Européens, c’est plus une source de soulagement que de célébration.
- Une validation seulement provisoire du traité
La procédure indispensable à la mise en œuvre de l’accord s’est déroulée dans la foulée sans la moindre anicroche ce qui n’était pas acquis d’avance. Ainsi, le 29 décembre les Etats membres ont d’abord approuvé à l’unanimité l’accord de partenariat avec le RU puis c’était au tour du parlement Britannique de voter le texte avant la signature officielle par les responsables de l’UE (Ursula von der Leyen pour la Commission et Charles Michel pour le Conseil européen) et le premier ministre Britannique (Boris Johnson) intervenue le 30 décembre. Faute de temps (les deux camps ayant fini par se rejoindre sur une position commune à quelques heures seulement de l’expiration de la phase de transition), la mise en œuvre de l’accord dès le 1er janvier 2021 n’est que provisoire car la ratification du traité par le Parlement européen n’interviendra qu’en mars et non le 28 février comme cela avait été suggéré le jour de la signature. Afin de ne plus se faire imposer un calendrier, les chefs de file des différents groupes politiques ont mis en garde sur le précédent que constitue cette application provisoire (entorse au Droit européen) qui « ne devrait pas servir de modèle pour les futures procédures de consentement » et ne peut être « qu’une exception unique ». S'il offre les conditions les plus ambitieuses jamais accordées à un pays tiers par les Vingt-Sept, il impose néanmoins des restrictions au commerce et ne porte que sur une petite partie des échanges. Il concerne les marchandises, sur lesquelles le RU est déficitaire avec l'UE. En revanche, les services, qui représentent 80 % des exportations britanniques et pour lesquels Londres est en excédent commercial, en sont exclus, en particulier les très lucratifs flux financiers gérés depuis la City.
- Les mesures à retenir
- Pas de droits de douane ni de quotas
Pour la première fois, l'UE accorde un accès privilégié à tous les biens produits dans un pays tiers, sans droits de douane ni quotas. Cela permettra aux exportations britanniques, destinées à 46 % à l'Europe d’échapper à un surcoût. C’est un atout essentiel pour l'industrie automobile très intégrée à celle du continent mais aussi l'aéronautique et les produits agricoles. Évidemment il y aura réciprocité pour les marchandises importées en Grande-Bretagne, qui dépend en grande partie de l'Europe pour ses approvisionnements en produits frais notamment. Mais ce n'est pas l’accès inchangé au marché unique que certains politiciens britanniques revendiquaient. Il y aura bien de vrais changements, conséquence du Brexit. En effet, l'accord ne dispensera pas les entreprises de lourdes procédures douanières et de transit. Des contrôles aléatoires à la frontière ralentiront les flux. Ceux-ci seront systématisés sur le bétail, les produits frais ou les végétaux. Selon les estimations du gouvernement, ce surcroît bureaucratique pourrait amputer de 5 % le PIB britannique. De nombreuses entreprises vont s’apercevoir que l'adaptation à ce nouvel accord de libre-échange est aussi difficile que si le RU était sorti sans accord.
- Règles de concurrence
La bataille a été acharnée durant les derniers mois de négociations concernant les règles de concurrence équitable. À savoir, le degré de divergence autorisé au RU par rapport aux normes européennes, l'une des justifications du Brexit. Londres a réussi à faire oublier la revendication européenne d'un « alignement dynamique » qui l'aurait contrainte à suivre toutes les nouvelles normes de l'UE. À la place, elle s'engage à ne pas « régresser » par rapport aux standards (environnementaux, sociaux…) en vigueur au 31 décembre 2020. En cas de divergence constatée trop importante, des quotas pourront être réimposés.
Le RU pourra créer son propre régime de subventions aux entreprises, mais s'engage à respecter les grandes lignes de certains principes édictés dans le traité. En revanche, il n'obtient pas la « reconnaissance mutuelle » souhaitée sur la conformité des produits. Leurs fabricants devront obtenir l'aval des régulateurs européens. Les pro-Brexit pourront se targuer de la victoire symbolique (très importante pour eux) qu’en cas de différend sur la mise en œuvre, l'application et l'interprétation du traité, l'arbitrage ne soit placé sous la tutelle de la Cour de Justice de l'UE (CJUE) mais celle d'un Conseil du partenariat, nouvel organe commun spécialement créé pour gérer efficacement l'accord. La CJUE n’aura donc aucun droit de regard sur la réglementation britannique et les sujets de concurrence comme le souhaitaient les britanniques, mais un mécanisme permettra à chacune des parties de mettre en place des droits de douane de façon unilatérale si elle estime que l’autre lui fait de la concurrence déloyale.
- Pêche
Bien que le secteur de la pêche pèse moins de 0,1 % du PIB britannique, c'était l'autre point de désaccord qui jusqu'au bout, a failli faire capoter les négociations. Les Européens acceptent une réduction progressive de 25 % de la valeur pêchée dans les eaux britanniques à l'issue d'une période de transition de 5 ans et demi. Les Britanniques réclamaient beaucoup plus. A partir de 2026, ils pourront fixer annuellement les quotas de pêche pour les bateaux européens. L'accord permet aussi aux pêcheurs britanniques d'écouler leur production sans quotas ou droits de douanes dans l'UE, leur premier marché d'exportation.
- Pas de droits de douane ni de quotas
- La City grande oubliée du traité
Les dirigeants de la City de Londres se sont très discrètement inquiétés depuis le référendum de l'avenir de leur activité après le Brexit. Si le RU compte 11 000 pêcheurs, près d'un million de personnes travaillent dans les services financiers. C'est le scénario le plus pessimiste qui se réalise. Depuis le 1er janvier, les Britanniques perdent le droit de vendre leurs produits financiers dans leur premier marché extérieur qui représente un quart des revenus du secteur. Ils seront soumis à un régime d'équivalences unilatérales accordées au cas par cas par l'UE et révocables à tout moment. Les grandes banques ont anticipé cette difficulté en délocalisant une partie de leurs salariés et de leurs avoirs dans l'UE. Ce mouvement devrait se poursuivre en fonction de la facilité ou non à travailler sous le nouveau régime. Le nouvel accord permettra toutefois de créer de bonnes conditions aux futures discussions.
- Boris Johnson à la postérité
Il est resté jusqu’au bout fidèle à sa méthode, jouer la confrontation, porter les choses jusqu’au point de rupture avant de lâcher du lest. Il est même allé jusqu’à endosser le rôle du fou (« madman »), pour tenter en vain de déstabiliser les Européens puisqu’en septembre dernier, certaines clauses de son projet de loi sur le marché intérieur envisageaient volontairement la violation de l’accord de retrait du 17 octobre 2019 et des règles du Droit international. Pas si fou en fait, car même si son stratagème a échoué à diviser les « Vingt-Sept », il a forcément dû faire de nombreuses concessions pour in fine, obtenir des compromis qui lui sont plus favorables aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a quelques mois.
Jusqu’au bout des négociations, B. Johnson a entretenu le doute sur ses intentions réelles, démontrant en digne héritier de Sir Alfred Hictchcock (au diable sa naturalisation américaine !) tout son talent pour tenir en haleine jusqu’au bout du suspense Britanniques et Européens. Voulait-il vraiment un accord ou faisait-il semblant, pour ne pas se voir reprocher plus tard les conséquences d’un « no deal ». Certains pouvaient craindre que B. Johnson joue la carte du « no deal », avec la tentation de mettre ses conséquences économiques sur le dos de l’intransigeance européenne. Mais la raison plaidait pour la recherche sincère d’une entente dont le premier ministre avait fondamentalement besoin. Son ambition de s’inscrire dans l’Histoire est atteinte, il restera le premier ministre qui a libéré (selon les Britanniques) le RU du carcan européen et a ouvert une nouvelle ère. Il redoutait plus que tout d’endosser la responsabilité d’affaiblir l’économie du pays, d’accentuer le risque d’éclatement du RU et d’infliger un nouveau choc à son économie déjà fragilisée par le coronavirus. Une absence d’accord aurait en effet encore plus exacerbé le sentiment nationaliste écossais déjà opposé à une sortie de l’UE. L’Ecosse avait aussi voté contre la sortie de l’UE lors du référendum sur le Brexit à 62 % ; alors qu’elle souhaite son indépendance à 58 % ses élections locales se tiendront en mai 2021. Sur le plan intérieur c’est un triomphe puisque l’adoption du texte par le Parlement britannique aura été une formalité que ce soit du côté conservateur, du côté des « brexiters » et même du côté de l’opposition travailliste. B. Johnson a décroché une victoire politique, il lui reste à faire du Brexit un succès.
- En conclusion
Aux termes d’une année qui aura mis les nerfs à rude épreuve et restera dans les annales, l’échéance du Brexit restait dans le calendrier l’ultime obstacle pouvant provoquer une correction de marchés focalisés sur la sortie de la pandémie. Nous pensions qu’ils s’étaient fait une raison quant à un possible échec des négociations ce qui n’excluait pas pour autant une réaction de leur part. Il met un terme à une procédure de divorce qui n’avait que trop durer. Les Britanniques avaient voté pour sortir de l’UE, il fallait donc impérativement y parvenir car politiquement il aurait été insupportable de constater l’incapacité des négociateurs à régler définitivement cet imbroglio. Par ailleurs, en restant sur une ligne de fermeté vis-à-vis de Londres, l’UE envoie par la même occasion un message politique très clair à l’ensemble de ses partenaires européens, celui de ne faciliter en rien la sortie d’un de ses membres si jamais un autre Etat membre envisageait de prendre ses distances vis-à-vis de Bruxelles.
En plein choc économique lié au coronavirus, l’absence d’accord aurait été catastrophique et aurait pu conduire au chaos. Il éloigne tout risque immédiat de tempête mais il ne garantit pas une mer calme pour autant. La perte de PIB sera moins sévère qu’en cas de «no deal», mais elle sera réelle. L’accord permet de réduire l’impact du Brexit sur le PIB de 6 % à 4 % mais ajouté au cauchemar du Covid-19, le grippage de la machine promet quelques lendemains difficiles. Le résultat du référendum du 23 juin 2016 traduisait la volonté du RU de recouvrer sa liberté et sur le plan politique, l’objectif est parfaitement atteint. Il en va tout autrement sur le plan économique car si l’accord prévoit la question du commerce, il ne traite en revanche pas celle des services financiers qui pèsent près de 80 % des exportations du RU. Le Brexit n’est pas fini, il ne fait que commencer et l’ultime chapitre avant d’apporter le point final à quarante-sept années de vie commune reste à écrire ; de belles batailles en perspective…
Donald Trump ratifie le plan de relance américain
Après des mois de négociations interrompues par les élections du 3 novembre, républicains et démocrates se sont entendus pour un nouveau plan de soutien à l’économie américaine de 908 milliards de dollars. Les 3 000 milliards de dollars d’aides exceptionnelles aux entreprises, aux collectivités locales et aux particuliers, votés en février et mars derniers par le Congrès ont été largement dépensés. Depuis le mois d’août, la Réserve fédérale et Wall Street réclamaient à la Maison Blanche et au Congrès d’intervenir pour éviter que le vif redressement de la conjoncture observé depuis mai ne soit qu’un feu de paille suivi d’un retour de la contraction générale de l’activité.
Ce plan de 908 milliards de dollars validé par Donald Trump permettra de prolonger jusqu'en mars les aides fédérales (300 dollars par semaine) versées aux quelques 14 millions de chômeurs ayant perdu leur emploi à cause de l'épidémie. Le programme prévoit notamment des aides pour les PME, les entreprises des secteurs les plus affectés par la pandémie (hôtellerie, restauration, transport aérien) sans oublier des fonds pour les campagnes de vaccination. Des chèques de 600 dollars seront aussi adressés aux Américains aux revenus inférieurs à 75 000 dollars (annuels).
Dans la foulée, Donald Trump a également signé la proposition de loi de financement de l'État fédéral, qui porte sur 1 400 milliards de dollars et permet d'éviter la fermeture d'une partie des services publics (shutdown). En attendant le vote par le Congrès du versement d'une aide supplémentaire aux ménages (2 000 dollars au lieu de 600 dollars) en réponse à la proposition du président sortant (confirmée le cas échéant par Joe Biden), les marchés financiers ont salué positivement les paraphes de Donald Trump pour le plan de relance ainsi que le début de la campagne de vaccination.
La pandémie transforme le CAC 40
La crise du Covid-19 a modifié le visage de l’indice parisien dominé à présent par les valeurs du luxe (les KHOL : Kering, Hermès, l’Oréal et LVMH) et de la Tech. Après avoir joué aux montagnes russes, le CAC 40 termine honorablement l’année 2020 en léger recul (-6,3 %). Depuis son point bas en mars, l’indice phare de la bourse de Paris s’est offert un rebond de plus de 50 % grâce à une poignée de valeurs.
La première capitalisation française et européenne (seulement 24ème du top 100 mondial) est désormais LVMH, numéro un mondial du secteur du luxe. Le groupe capitalise plus de 260 milliards d’euros et pèse à lui seul près de 15 % de l’indice. Les quatre champions français du luxe valent plus de 600 milliards d’euros. Leur poids dans l’indice est d’environ un tiers contre 25 % fin 2019. La plus forte hausse du CAC 40 en 2020 revient d’ailleurs à l’un d’entre eux, Hermès, dont la valeur en Bourse s’est envolée de 33 % cette année. La maison de la rue du Faubourg-Saint-Honoré est à un sommet historique, avec une valeur en bourse proche de 100 milliards d’euros. Ces entreprises à la pointe de leur secteur sont parvenues à amortir les chocs grâce à leur présence mondiale. Elles ont profité du spectaculaire redressement de la Chine et de l’appétit sans cesse croissant des consommateurs des pays émergents pour les griffes de luxe.
L’année 2020 a vu aussi le centre de gravité du CAC 40 se déplacer vers les valeurs technologiques. Longtemps le parent pauvre d’un indice dominé par les valeurs financières et industrielles, la Tech, pratiquement absente il y a quelques années, pèse désormais plus de 11 % de l’indice. Depuis 2017, le CAC 40 comptait dans ses rangs : Atos, STMicroelectronics, Dassault Systèmes et Thales. Cette année, Wordline et Téléperformance ont rejoint le club. Les valeurs financières (Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale), qui ont beaucoup souffert avec la pandémie, pèsent désormais 8 % de l’indice.
Le secteur pétrolier, représenté uniquement par Total ne pèse désormais plus qu’environ 5% du CAC 40. L’industrie tire plutôt bien son épingle du jeu avec les belles performances de Schneider (+ 31,5 %), Air Liquide (+ 7,25 %) Peugeot (+ 6 %) ou Saint-Gobain (+ 4,5 %) et le renfort d’Alstom (près de 20 % cette année), dernière entreprise à avoir intégré l’indice au mois de juin.
L’économie chinoise continue de creuser l’écart dans un climat de méfiance croissante
Les indicateurs économiques chinois devraient continuer à être bien orientés en 2021, que ce soit la demande intérieure, les exportations ou les investissements. Ainsi le rebond enregistré en mars va se confirmer et continuer une bonne partie de l’année prochaine. Le FMI et la Banque mondiale prévoient une croissance du PIB chinois autour de 8 % en 2021 après 2 % cette année, creusant l’écart avec le reste du monde. La menace d’une deuxième vague du coronavirus dans l’empire du Milieu semble s’estomper ce qui permettra à l’économie chinoise de profiter d’un rebond attendu en Europe et aux États-Unis pour 2021 après les premiers effets bénéfiques des campagnes de vaccination.
Mais les véritables défis pour la Chine viendront de l’extérieur. La future Administration Biden ne montre aucun signe qu’elle sera plus indulgente que la précédente. Ni les mesures visant à priver la Chine de technologies fondamentales comme les semi-conducteurs, ni les pressions commerciales ne devraient disparaître. Au contraire, une administration américaine davantage tournée vers l’extérieur pourrait même isoler un peu plus la Chine avec la menace d’un renforcement d’alliances transatlantiques ou transpacifiques. Par ailleurs, la Chine sort très affaiblie sur la scène internationale par la pandémie du Covid 19. Elle a répondu aux critiques qui l’accusaient d’avoir menti sur les premiers cas par une diplomatie agressive et souvent diffamatoire. L’Australie qui profitait depuis de nombreuses années d’un partenariat commercial privilégié avec la Chine, subit actuellement des représailles d’une rare violence (hausses brutales de tarifs douaniers ou boycotts) pour avoir simplement demandé une enquête internationale sur l’origine du virus. L’OMS attend encore de pouvoir mener ses investigations dans la ville de Wuhan, berceau de la pandémie ; elle n’a toujours pas eu l’autorisation pour se rendre sur place.
Enfin, un sondage publié par le Pew Research Center américain montre que l’opinion des pays occidentaux vis-à-vis de la Chine est au plus bas depuis trente ans. Après la « diplomatie du masque » avec de nombreux pays confrontés à la pénurie au printemps dernier, voici venu celle du « vaccin ». Celle-ci suscite de nombreuses réserves alors que Pékin a promis de participer à l’effort global pour vacciner la population mondiale. En effet, beaucoup de pays comme le Cambodge, le Bangladesh ou le Brésil ont déclaré ne pas vouloir servir de « cobayes » pour un vaccin chinois dont les tests finaux de la dernière phase ne sont pas encore achevés pour permettre son approbation. A l’arrivée, la seconde puissance mondiale continuera de tisser sa toile mais dans un climat croissant de méfiance.
Nos arbitrages ce mois-ci
Dans le contexte actuel d’amélioration progressive de la situation sur le plan sanitaire et de meilleure visibilité, il nous semble opportun d’investir une partie de notre poche de liquidités jusqu’ici en attente d’investissements.
- Dans le PEA
- Allègement de la poche de liquidités de 24 % à 16 %
- Vente de l’intégralité (7 %) de Montanaro European Smaller (IE00B411W698) : suite à l’entrée en vigueur du Brexit, nous sommes contraints de sortir, à regret au vu des belles performances, ce fonds de nos allocations d’ici à septembre 2021 car son exposition au marché actions britannique le rendra inéligible au PEA
- Achat de Amundi Multi-Gérants PEA-PME pour 6 % du portefeuille (FR0013277860) : les perspectives d’amélioration de la conjoncture nous semblent favorables à un renforcement de l’exposition aux micro et petites capitalisations
- Achat de Vendôme Sélection Euro pour 6 % du portefeuille (FR0010111674) : nous renforçons là-aussi l’exposition aux petites et moyennes capitalisations afin de profiter d’une éventuelle poursuite du rattrapage de l’économie de la zone Euro
- Renforcement de CPR Croissance Dynamique de 7 % à 10% du portefeuille (FR0010097642) : ce fonds permet de bénéficier d’une gestion réactive sur l’ensemble des zones géographiques
- Dans l’assurance vie
- Allègement de la position d’attente (monétaire) BFT Statère de 16 % à 9 % (FR0010891697)
- Vente de l’intégralité (5 %) de Amundi Actions France (FR0000944696) : nous soldons cette position afin de prendre nos profits dans l’optique de renforcer l’exposition européenne sur les sociétés décotées
- Achat de Amundi European Value pour 6 % du portefeuille (LU1883314244) : les perspectives de poursuite de la reprise économique européenne pourraient permettre aux valeurs décotées d’effectuer un rattrapage
- Achat de Pictet Emerging Debt pour 6 % du portefeuille (LU0170994346) : ce fonds est exposé aux obligations de pays émergents. Cette classe d’actifs présente de l’intérêt puisqu’elle offre des niveaux de rendement attractifs (par rapport aux marchés développés) et permet d’introduire une diversification obligataire au sein du portefeuille et de ne pas le rendre dépendant uniquement du marché actions
A surveiller dans les prochaines semaines :
- évolution de la pandémie en Europe eu aux USA
- rythme des campagnes de vaccination
- indicateurs macro-économiques
- résultats des entreprises
- communications des banques centrales
Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :
Jeudi 7 janvier 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/8916414089738786828
Jeudi 4 février 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/2109152884982516748
Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le mardi 2 février pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.
L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :
- Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
- Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie
- Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
- Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle