Point mensuel avril 2021 - Investissements

04/05/2021 - 20 min de lecture

Thématiques de l'article hashtagDiversification du patrimoine

tout un mag pour vous

Point mensuel avril 2021 - Investissements

Des marchés actions en légère hausse qui tiennent compte de l’amélioration du contexte économique ainsi que de la poursuite de la vaccination. Les Etats-Unis rattrapent ce mois-ci une partie de leur retard sur l’Europe et progressent de 5 %. Les Emergents et l’Europe enregistrent respectivement une performance de +2,3 % et +1,9 % tandis que le Japon baisse de 1,25 %. Le dollar s’est déprécié de 2,5 % face à l’euro (1,20 vs 1,17) et le baril de pétrole reste stable sur le mois à 67 dollars (brent). Nos portefeuilles progressent ce mois-ci de 1,37 %.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 42,8 % avec une performance globale de 131,9 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/04/2021 :

Perf Global
Graphe

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane, Espace Liberté et Anaé) au 30/04/2021.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 237 050 €

Perf PEA

 

 

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane, Espace Liberté 1 & 2 et Anaé) : valorisation : 219 305 €

Perf AV

 

Répartition du portefeuille actuel : 

Répartition

 

Point marchés

 

De l’Europe à l’Asie en passant par les États-Unis, il ne se passe quasiment plus une semaine sans de nouveaux records sur les marchés actions. La crise sanitaire ne semble pas entamer l’euphorie des investisseurs. L’arsenal inédit déployé par les banques centrales et les gouvernements pour contrer ses effets néfastes a rassuré les investisseurs. Les marchés semblent aujourd’hui immunisés et la confiance est revenue depuis la mise au point des premiers vaccins à l’automne dernier. Les dernières restrictions liées à la résurgence de la pandémie en Europe, en Inde ou au Brésil n’ont pas déstabilisé les investisseurs qui restent focalisés sur la reprise économique. Ces dernières semaines, le marché des actions a été stimulé par les progrès de la vaccination notamment aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Il a également profité de l’ambitieux programme d’investissement dans les infrastructures concocté par Joe Biden pour moderniser les États-Unis. Les opérateurs financiers restent confiants pour la suite et considèrent que la sortie de cette crise sanitaire et économique est de plus en plus proche de nous. En effet, les campagnes de vaccination vont continuer de monter en puissance en Europe d’ici l’été ce qui apportera un soutien à la croissance et favorisera les bons résultats des entreprises. Par ailleurs, l’épargne accumulée devrait entraîner une hausse de la consommation donc favoriser les marchés actions.
Depuis le début de l’année, l’embellie sur les places boursières est mondiale. Les principaux indices enregistrent des performances comprises entre + 5 % et + 13 %. Les places boursières européennes font la course en tête (EuroStoxx 50 à 3 988 points +12 %). La Bourse de Francfort est au plus haut de son histoire (Dax 30 à 15 200 points +11 %) et à Paris, le CAC 40 a retrouvé des niveaux inconnus depuis novembre 2000, juste avant l’éclatement de la bulle internet. L ’indice parisien a franchi les 6 300 points, bien au-dessus des 6 111 points atteints au mois de février 2020 juste avant l’explosion de la crise sanitaire. Il a même dépassé son niveau de 2007 (6 200 points) juste avant d’être rattrapé par la crise des subprimes. Désormais le cap des 6 500 points est en ligne de mire en attendant pourquoi pas la prochaine et ultime étape, le record absolu des 7 000 points frôlé en septembre 2000, avant l’explosion de la bulle internet. Entre parenthèses, même s’il est inhabituel de communiquer sur la notion de CAC 40 dividendes réinvestis, rappelons que ce dernier a franchi un nouveau plus haut historique à plus de 17 600 points.
La tendance est encore plus marquée à Wall Street où l’indice de référence des professionnels, le Standard & Poor’s 500 (à 4 186 points à + 11,5 %) a enregistré sa plus forte hausse en douze mois depuis 1936, franchissant le nouveau cap symbolique des 4 000 points. Le Nasdaq à 13 962 points (+ 8 %) ainsi que le Japon (+ 5 %) et les Emergents (+ 4,3 %) conservent une performance largement positive depuis le début d’année.
Le taux des obligations allemandes à 10 ans (le bund référence de la zone euro) reste négatif à -0,20 %. Après s’être creusé au cours du trimestre, l’écart de rendement (spread) avec les taux américains à 10 ans (1,65 %) s’est maintenu ce qui a conduit le dollar à se déprécier ce mois-ci par rapport à l’euro (1,20 fin avril vs 1,17 fin mars). Ce contexte de change (hausse de l’euro) est ponctuellement moins favorable aux grands groupes européens exportateurs. La situation est plus complexe pour les marchés émergents qui sont en première ligne face à la hausse des taux et du dollar. Les opérateurs, qui trouvent désormais des rémunérations attractives aux États-Unis, se détournent de ces marchés réputés risqués. Les actions européennes restent relativement moins chères que les actions américaines avec des multiples de résultats (PER) de l’ordre de 18 contre plus de 23.

  • L’économie américaine à plein régime

Les États-Unis s’apprêtent à jouer le rôle de locomotive mondiale en affichant une vitesse de croisière supérieure à celle de la Chine. Celle-ci ne vise officiellement qu’une croissance de 6 %, mais rappelons aussi qu’elle était le seul pays en croissance l’an dernier. L’effet rattrapage sera donc plus profitable cette année aux États-Unis qu’à la Chine qui restera néanmoins devant. D’après la première estimation officielle, l'expansion de l’économie américaine a atteint de janvier à mars un rythme annuel de 6, 4 % ce qui constituerait leur croissance la plus forte depuis 1984. Cette performance meilleure qu’attendu est la résultante de quatre facteurs de soutien importants :

  • le plan de 900 milliards de dollars adopté peu après Noël sous Donald Trump (aides aux chômeurs de longue durée et aux entreprises, versement d'aides directes aux consommateurs sous la forme de chèques émis par le Trésor),
  • le nouveau paquet de relance, d'un montant de 1 900 milliards voté mi-mars, sous la présidence de J. Biden (à nouveau des chèques du Trésor),
  • le déconfinement progressif grâce au succès des campagnes massives de vaccination (pic de la pandémie intervenu début janvier),
  • le retour des dépenses de consommation avec des Américains vaccinés qui retrouvent confiance avec la réouverture des bars, restaurants, cinémas et liaisons aériennes (épargne de 1 600 milliards de dollars accumulée durant les mois de confinement)

L’ensemble de ces stimuli risque sans doute de creuser l’écart entre la première puissance mondiale et l’Union européenne. Les États-Unis s’efforcent de tirer parti des erreurs réalisées après la crise de 2008 et le gouvernement démocrate expérimente une nouvelle approche audacieuse avec le pied sur l’accélérateur. À l’inverse, Bruxelles, dont le plan de 750 milliards d’euros tarde à entrer en action et comporte sans doute une part trop faible d’investissements pour l’avenir, a plutôt le pied sur le frein. De quoi accroître un peu plus le retard de l’Union européenne dans la course mondiale.

 

Convictions d’investissements

 

La situation paradoxale dans laquelle nous nous trouvons pourrait susciter l’inquiétude. D’un côté, le monde commence à peine à sortir de la plus violente crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale, la pandémie sévit encore en Europe, en Amérique Latine ou en Inde et dans le même temps, semaine après semaine, les principaux indices boursiers franchissent de nouveaux plus hauts historiques.
Faut-il craindre un retournement de tendance qui ébranlerait une économie mondiale encore fragile et d’où pourrait venir l’étincelle susceptible de saper la confiance des investisseurs ? Un retour non maîtrisé de l’inflation entrainant un changement de politique monétaire des banques centrales et la perte de confiance des investisseurs ? Une valorisation excessive de certaines entreprises qui se paieraient trop cher ? Des scandales financiers, signes avant-coureur d’une crise (affaire Archegos, Wirecard) ?
Nous ne pensons pas qu’il faille craindre une correction à brève échéance. Ce type d’évènements peut survenir n’importe quand et ne doit pas être systématiquement interprétés comme des alertes mais simplement peser ponctuellement sur les marchés. Naturellement, des accidents dans la campagne de vaccination ou de nouvelles mutations du coronavirus sont évidemment toujours possibles, mais ils provoqueraient tout au plus une prise de bénéfices plus ou moins marquée de -5 % à -10 % (fluctuations normales) mais aucunement un krach boursier (correction supérieure à – 20 %). Nous le savons, la hausse des actions est entretenue par les politiques monétaires des banques centrales qui maintiennent les taux d’intérêt très bas et inondent les marchés de liquidités. Les investisseurs ne pouvant plus investir dans les actifs obligataires qui ne rapportent plus rien prennent davantage de risques en achetant des actions. D’autant que les perspectives de croissance économique pour les trimestres à venir sont au beau fixe et que les campagnes vaccinales contre le Covid-19 soutiennent ces bonnes prévisions. Les investisseurs justifient les valorisations élevées de certains compartiments avec une lecture optimiste de l’avenir. Ils partent du principe qu’en cas de correction sur les marchés, les banques centrales interviendront. De plus, entre le chômage persistant et l’inflation qui peine toujours à décoller, les banques centrales n’ont aucune raison de normaliser leur politique monétaire. Elles nous rappellent constamment qu’elles ne vendront pas les actifs qu’elles accumulent et qu’elles les garderont « bien au chaud » dans leur bilan. Ce nouvel univers financier de taux historiquement bas doit nous rassurer encore pour un temps et demeure un gage de sécurité.
En résumé, nous ne changeons pas de cap et maintenons en tout point notre stratégie car les évènements évoluent dans le sens que nous indiquions dans nos derniers points mensuels. L’évolution des marchés actions est assez logiquement soutenue par les soutiens colossaux des gouvernements et des banques centrales. Nous pensons toujours que le retour à la normale de l’activité économique mondiale devrait se situer à horizon fin 2021 début 2022 et dépendra principalement de l’évolution de la situation sanitaire et du déploiement des vaccins. Nous voyons bien que les rares phases de repli durent le temps d’un clin d’œil car les marchés se projettent vers la sortie de cette pandémie. Toute consolidation constitue donc un point d’entrée pour les investisseurs. De légères prises de bénéfices sont inévitables et même souhaitables. Elles permettent aux marchés actions de reprendre leur respiration pour mieux repartir grâce à l’accélération des campagnes vaccinales, au soutien de la consommation des ménages, à la réouverture des secteurs de l’économie à l’arrêt et à la croissance des bénéfices des entreprises. La poursuite de cette hausse s’appuiera évidemment sur les plans de soutien et de relance américains (près de 25 % du PIB américain). Mais pour les marchés, la clé pour la réouverture complète de l’économie à partir du second semestre passera par le déploiement massif des vaccins. Comme nous l’avons déjà indiqué, l’Europe redémarrera après les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Dès la fin du printemps les Américains et les Britanniques (ces derniers viennent de connaitre leur première journée avec un seul décès lié au virus contre 1000 par jour avant le début de la phase de vaccination) goûteront à nouveau aux joies d’une vie moins contrainte alors que les européens devraient pouvoir en faire autant qu’à la fin de l’été. Comme toujours lors de chaque sortie de crise, le Vieux Continent embarquera en « passager clandestin » de l’avion de la reprise américaine et asiatique. Paradoxalement, le risque de voir un jour le marché corriger fortement a, selon nous, plus de chance de se réaliser une fois que les économies seront guéries de cette crise sanitaire.
Pour finir, nous pensons toujours que la principale inquiétude pouvant contrarier ces prévisions pourrait venir d’un débordement des mesures de restriction ou de confinement au-delà du premier semestre ce qui conduirait à un probable décalage de la reprise. Une telle situation pourrait se produire en cas d’inefficacité (provisoire) des vaccins face aux inévitables mutations du virus ou de difficultés à vacciner une proportion suffisante de la population. Ce dernier risque ne peut pas encore être écarté. Il pourrait notamment concerner les Etats-Unis, où le manque de volontaires pour la vaccination commence à se faire sentir (un Etat offre par exemple 100 dollars aux jeunes pour se faire vacciner) et le rythme de vaccination commence à fléchir (entre 2 et 2,5 millions de vaccinations par jour vs 3,5 millions il y a encore dix jours). La population vaccinée aux Etats-Unis est proche de 50 % or, il faudrait arriver au moins à 70 %.

 

La BCE ne dévie pas et rassure

 

Sans surprise, la Banque centrale européenne n’a pas modifié sa stratégie accommodante lors de sa réunion de politique monétaire. Elle maintient inchangé ses taux d’intérêt et poursuit ses achats d’actifs au deuxième trimestre au même rythme adopté depuis la mi-mars 2021. Comme l’espéraient les marchés, Christine Lagarde est parvenue à faire de cette réunion un non-évènement ce qui n’est jamais gagné d’avance. Ainsi la BCE garde son principal taux d’intérêt à zéro et continue d’appliquer un prélèvement de 0,50 % sur les dépôts que les banques lui confient au lieu de prêter cet argent à leurs clients.
Comme attendu, elle confirme poursuivre au moins jusqu’en mars 2022 ses rachats d’actifs dans le cadre du programme d’achats d’urgence lié à la pandémie de 1 850 milliards d’euros (PEPP). Le conseil des gouverneurs a réitéré que les taux d’intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels (voire encore plus bas) jusqu’à ce qu’il ait constaté que l’inflation s’approche de son objectif cible c’est-à-dire proche de 2 %. Alors certes, l’inflation en zone euro est passée de 0,9 % en février à 1,3 % en mars, pour autant, ce constat ne signifie pas que nous sommes à la veille d’un tel revirement. En effet, l’accélération des derniers mois tient surtout à certains facteurs temporaires (comparaison avec l’année dernière) et à la hausse des prix de l’énergie. Simultanément, le ralentissement économique et la faiblesse persistante de la demande limitent les pressions sur les prix. En outre, la présidente de la BCE juge que les perspectives économiques à court terme en zone euro restent « assombries par l’incertitude » sur l’évolution de l’épidémie. Elle ajoute que « la persistance de taux élevés d’infection et les mesures de confinement qui en découlent continuent de peser sur l’activité économique à court terme ». Après un recul de 0,7 % au quatrième trimestre 2020, l’activité économique en zone euro s’est à nouveau contractée de 0,6 % au premier trimestre 2021 ce qui plonge la zone euro en récession. Toutefois, les prévisions anticipent une reprise de la croissance au deuxième trimestre 2021. L’industrie continue de se redresser, soutenue par une demande mondiale solide tandis que les services sont toujours pénalisés par les restrictions à la mobilité et aux relations sociales. Les mesures de politique budgétaire continuent de soutenir les ménages et les entreprises, mais les consommateurs restent prudents. Les progrès des campagnes de vaccination devraient ouvrir la voie à un rebond ferme de l’activité économique courant 2021.
Dans ce contexte, la patronne de la BCE juge tout à fait « prématuré » de débattre de la fin progressive des achats massifs de dette, sa principale arme anti crise qui permet aux États d’emprunter à bas coût pour stimuler l’investissement et l’emploi fragilisés. « Nous avons encore un long chemin à parcourir » avant une reprise « durable » de l’économie, estime Christine Lagarde, qui exhorte une nouvelle fois les États de l’Union européenne à ratifier et mettre en œuvre « sans délai » le plan de relance européen. Ce programme de 750 milliards d’euros voté l’été dernier doit contribuer « à une croissance plus rapide, plus forte et plus durable », a-t-elle rappelé. L’institution de Francfort sera particulièrement attendue lors du prochain rendez-vous de juin en raison de la meilleure visibilité sur la vaccination et sur les perspectives du second semestre.

 

Les résultats des entreprises soutiennent les places boursières

 

La saison des résultats des entreprises pour le premier trimestre bat déjà son plein aux États-Unis et elle débute en Europe. Comme souvent mais particulièrement cette année, ce rendez-vous s’annonce crucial pour les marchés. En effet, après un millésime 2020 marqué par la pandémie et très éprouvant pour les entreprises, les investisseurs vont observer à la loupe ces publications. D’autant que depuis leur point bas du mois de mars 2020, les marchés ont connu un formidable rebond. Les plans d’aide massifs déployés par les États et les banques centrales dès le début de la crise sanitaire ont rassuré les investisseurs. Désormais, les marchés attendent un vif rebond des profits des entreprises. Pour 2021, les analystes tablent en moyenne sur une hausse d’environ 25 % des bénéfices pour les sociétés américaines. En Europe, où la pandémie avait fait bien plus de dégâts, ils attendent un rebond de 35 % des profits, et pour les rois du CAC40 (KOHL : Kering, L’Oréal, Hermès et LVMH) très sensibles à la croissance mondiale, la perspective de hausse des bénéfices par action pour 2022 se situe autour des 60 % par rapport à 2020 sans toutefois rattraper complètement les niveaux constatés en 2019.
Ces attentes à première vue très optimistes s’expliquent en grande partie par un effet de comparaison particulièrement favorable. L’an dernier, les profits des champions du CAC 40 ont plongé de plus de 50 %. Elles se justifient également par une reprise économique qui s’annonce plus dynamique que prévu sous l’effet des plans de relance et des campagnes de vaccination. Le FMI prévoit une croissance mondiale de 6 % en 2021 (5,6 % pour l’OCDE) tirée notamment par celle des États-Unis annoncée à 6,4 %.
La première salve de publications trimestrielles semble plutôt justifier l’optimisme ambiant. Très attendues, les banques américaines avec Goldman Sachs, JPMorgan ou encore Wells Fagro, ont dévoilé d’excellents chiffres. Plus généralement, les entreprises du S&P 500 qui ont déjà publié leurs comptes pour le premier trimestre 2021, ont battu les estimations des analystes dans près de 90 % des cas. Ces résultats sont en moyenne supérieurs de 22 % aux prévisions. En France, les fleurons du luxe comme LVMH ou Hermès ont également dévoilé d’excellents chiffres d’affaires. L’automobile, qui a beaucoup souffert en bourse, a également délivré de très bonnes performances avec Faurecia ou Michelin. Dans le secteur de la Tech, le géant néerlandais des puces électroniques ASML a enregistré un bond de 80 % de ses ventes au premier trimestre ce qui a sans doute conduit notre champion national STMicroelectronics à revoir à la hausse ses objectifs pour 2021. Pour bon nombre de secteurs, la crise sanitaire a joué un rôle d’accélérateur. En revanche, d’autres domaines comme l’aéronautique, le transport aérien ou le tourisme auront encore du mal à remonter la pente, mais cette analyse est déjà largement intégrée dans les cours.
Une chose est sûre, avec la hausse des marchés actions, les valorisations sont un peu tendues en raison des performances de certains secteurs. Sur le marché américain, le cours rapporté au bénéfice par action (PER) se situe proche de 23 pour l’année 2021, soit bien au-delà des 18 observés ces cinq dernières années. De leur côté, les actions européennes peuvent apparaitre plus attractives mais elles sont dans une position similaire puisqu’elles se paient 18 fois les résultats attendus en 2021 contre une moyenne historique plus proche de 13,5. La valorisation des entreprises reste un élément central dans notre analyse et même si les PER sont aujourd’hui à un niveau sur lequel en général nous allégeons, nous attendons cette fois de pouvoir disposer des PER « ajustés » des fortes hausses de profits (ce qui fera donc baisser les PER) qui vont arriver avec les publications des résultats. La hausse des derniers mois ne nous pousse pas à empocher des bénéfices et à se ranger derrière le dicton boursier « sell in may and go away » (vendez en mai et partez). Les résultats des entreprises pour le premier trimestre 2021 seront sans doute un moteur puissant pour permettre aux indices de poursuivre leur progression.

  • Les GAFAM confirment leur triomphe

Une fois n’est pas coutume, il est compliqué de ne pas commenter les incroyables résultats trimestriels des champions de la tech qui rendent une nouvelle fois une copie parfaite. Définitivement, les GAFAM ont bénéficié d’un parfait alignement des planètes depuis un an. Elles étaient au bon endroit au bon moment puisque la pandémie a permis d’amplifier la transformation numérique dans l'éducation, la santé, le télétravail et le e-commerce, propulsant les appareils et les services numériques au rang de produits essentiels pour les consommateurs. Capitalisant sur le temps passé en ligne par les internautes, sur leurs transactions ou leurs achats d'appareils électroniques, les géants de la tech ont réalisé des profits mirobolants depuis le début de l’année, tandis que l'économie traditionnelle souffrait des restrictions liées à la pandémie. Les changements d’habitudes depuis le début de la pandémie semblent désormais suffisamment ancrés pour ne plus craindre un retour massif aux modes de consommation d'avant crise.
Ainsi, Amazon (leader mondial du commerce en ligne et du cloud) a triplé son bénéfice net trimestriel à 8,1 milliards de dollars et a largement dépassé les attentes du marché avec un chiffre d'affaires trimestriel de 108,5 milliards de dollars (+ 44 % sur un an). Le groupe de Seattle avait déjà enregistré une forte croissance au dernier trimestre 2020 ce qui laisse penser que l’accélération d’Amazon ne faiblira pas. L’entreprise table d’ailleurs sur un chiffre d'affaires compris entre 110 et 116 milliards de dollars pour le trimestre en cours (soit 24 à 30 % de plus sur un an) si jamais sa journée de soldes (« Prime Day ») se déroule bien entre avril et juin 2021.
De son côté Alphabet (maison-mère de Google) a réalisé un chiffre d'affaires trimestriel de 55,31 milliards de dollars (+34 % sur un an). Dès le printemps dernier, le populaire moteur de recherche a investi dans des outils et des plateformes facilitant les transactions en ligne et incitant les ménages et les commerçants à utiliser leurs services pour le divertissement ou la recherche d'informations. Il a ainsi conforté son emprise sur le marché mondial de la publicité numérique.
Facebook n’est pas en reste, puisque le groupe est également bien parti pour dépasser en 2021 les 100 milliards de dollars de revenus publicitaires et ainsi conserver la deuxième position en termes de parts de marché mondial (23,7 %), derrière Google (28,6 %), et loin devant Amazon (5,8 %). Le célèbre réseau social a vu son bénéfice net doubler à 9,5 milliards de dollars.
Enfin, Apple a vu ses ventes d'iPhone (+66 %), de tablettes iPad (+79 %) et d'ordinateurs Mac (+70 %) littéralement s’envoler ce qui a permis au groupe du Cupertino de doubler son bénéfice net à 23,6 milliards de dollars. Une telle performance pourrait gentiment conduire la marque à la pomme vers une capitalisation jamais vu de 3 000 milliards de dollars au cours de l’année.
Ces GAFAM représentent aujourd’hui cinq monopoles gigantesques dans les domaines (smartphone haut de gamme, e-commerce, recherche internet, réseaux sociaux, informatique etc) qui enregistrent la plus forte croissance ces deux dernières décennies. Finalement, le seul véritable nuage qui pourrait obscurcir l'horizon radieux de ces géants pourrait venir des velléités de régulation de la part de l'Europe mais aussi du gouvernement démocrate de J. Biden.
C’est pour l’ensemble de ces raisons que nous restons investis sur ces valeurs incontournables à travers le fonds Amundi ETF Nasdaq 100 (dans le PEA) et le fonds Amundi Actions USA ISR (dans l’assurance vie).

 

L’Amérique sur tous les fronts

 

  • Un impôt mondial minimum pour les profits des multinationales

L’harmonisation de la fiscalité des grandes multinationales à l’échelle planétaire ainsi que la taxation mondiale des géants du numérique viennent récemment de bénéficier d’une impulsion majeure. Alors que Joe Biden envisage d’augmenter l’impôt sur les sociétés pour financer son futur plan de rénovation des infrastructures à 2 250 milliards de dollars en relevant de 21 % à 28 % le taux d’imposition des profits dégagés aux États-Unis (taux abaissé de 35 % à 21 % sous D. Trump), sa secrétaire d’Etat au Trésor, Janet Yellen, en a profité pour proposer une refonte de la fiscalité mondiale avec un seuil minimal de 21 % pour taxer les profits réalisés en dehors des États-Unis par des firmes américaines et donc par là même, taxer les bénéfices des sociétés du monde entier à ce taux minimum.
Cette solution permettrait de mettre en place une taxe globale minimum pour s’assurer que l’économie mondiale prospère sur la base de règles communes et équitables en matière de taxation des multinationales. L’initiative prise par Washington va dans le sens des discussions entamées sous l’égide de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Elle devrait permettre d’accélérer sur ce sujet sensible qui fait l’objet de longues et complexes tractations. La proposition de Janet Yellen relance les négociations internationales pour une taxation plus juste des grands groupes. Elle a suscité l’enthousiasme de l’Europe qui salue une très grande avancée et se réjouit qu’un accord global sur la fiscalité internationale soit désormais à portée de main.
L’objectif de cette réforme d’envergure initiée par la France, est de mieux taxer le secteur du numérique avec en ligne de mire, les puissants GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) qui paient trop peu d’impôts en comparaison des bénéfices considérables qu’ils réalisent. S’il aboutit, ce projet préfigure une vraie révolution de la taxation des entreprises. Washington ne cible pas explicitement le secteur du numérique mais vise plus largement l’ensemble des très grandes entreprises. Cependant, l’Europe salue la proposition faite par Janet Yellen d’aboutir à une convergence de vues entre les Etats-Unis et le Vieux Continent. L’initiative américaine doit permettre d’accélérer les négociations sur les deux points majeurs qui restent à trancher en vue de tenir le calendrier fixé par les pays du G20, à savoir un accord d’ici fin juin.

  • Le premier sujet concerne la question du périmètre des entreprises concernées. La solution des États-Unis paraît plus simple que le projet de l’OCDE qui donne lieu à d’âpres discussions. Elle couvrirait les entreprises du numérique et celles ayant une interaction directe avec le consommateur, dont le chiffre d’affaires dépasserait les 750 millions de dollars. Selon les estimations de l’OCDE, l’option Biden aboutirait plus ou moins à 100 milliards de dollars de recettes à se partager. Les règles de répartition resteraient alors à définir. Là, un changement majeur se profilerait : le paiement de l’impôt ne serait plus basé sur la présence physique de la multinationale (notion fiscale actuelle) mais dépendrait du niveau d’activité et du chiffre d’affaires réalisé dans chaque pays.
  • Le second sujet vise un taux minimum d’imposition des profits à l’échelle mondiale. Washington parle d’un taux plancher à 21 %, qui va bien plus loin que les 12,5 % évoqués jusqu’ici dans les pourparlers du forum international. L’enjeu est de combattre les Etats à fiscalité avantageuse (Irlande ou Pays-Bas au sein de l’Union européenne), voire nulle (Bermudes, îles Caïmans etc) dans lesquels les multinationales ont depuis longtemps localisé en toute légalité leurs bénéfices à travers des montages sophistiqués. De tels tours de passe-passe se révèlent d’autant plus faciles qu’il s’agit d’activités numériques assises sur des actifs dématérialisés.

Le Trésor américain fustige ces pratiques et dévoile la volonté politique du nouveau président de s’attaquer aux inégalités à travers sa feuille de route fiscale. A titre d’exemple, sur les dix principales localisations des bénéfices des multinationales américaines en 2018, sept sont des paradis fiscaux et à elles seules, les Bermudes (minuscule pays de 64 000 habitants) concentrent 10 % de tous les bénéfices étrangers déclarés par les grandes sociétés américaines. Dit autrement, il y a plus de bénéfices logés dans ces minuscules paradis fiscaux que dans les principales économies, Chine, Inde, Japon, France, Canada et Allemagne réunis. Les négociations autour du taux minimum d’imposition de 21 % proposé par les Américains s’annoncent ardues en particulier avec l’Europe puisqu’actuellement les discussions à l’OCDE se déroulent autour d’un taux de 12,5 % qui avait déjà fortement ému l’Irlande. S’il aboutit, le projet préfigure une vraie révolution de la taxation des entreprises et à l’évidence, ce renfort de poids de la première puissance économique mondiale constitue une réelle opportunité de parvenir à sceller rapidement un accord avant les échéances électorales en Europe (Allemagne et France). En attendant, la France entend bien maintenir sa taxe numérique qui s’applique sur le chiffre d’affaires.
Le président américain n’hésite pas à s’attaquer aux plus grandes entreprises du monde, donc par définition aux sociétés américaines avec en première ligne les GAFAM qui excellent dans l’utilisation d’astuces juridiques pour diminuer et parfois même échapper à l’impôt fédéral sur les bénéfices à l’instar d’Amazon qui en 2020 a payé 9,4 % en impôt fédéral sur 20 milliards de dollars des profits réalisés (après n’en avoir payé aucun les deux années précédentes). Si le nouveau locataire de la Maison-Blanche se lance dans cette croisade fiscale, c’est qu’il a besoin de ressources pour financer ses plans de relance, surtout celui très ambitieux de 2 250 milliards de dollars sur les infrastructures. D’une certaine manière, il entend faire payer les gagnants de la mondialisation. A travers cette volonté de rapatrier de l’impôt et des activités porteuses d’investissement et d’emploi, J. Biden a comme tous ses prédécesseurs une approche nationaliste, les États-Unis d’abord. Mais cela lui permet également de lutter contre l’optimisation fiscale excessive et de replacer un peu plus les Etats-Unis au centre de l’échiquier.

  • Un nouveau plan Biden qui va bien au-delà des infrastructures

Réhabiliter les infrastructures vieillissantes du pays tout en misant sur les énergies renouvelables, tel est l'objectif du grand plan dévoilé par le président Biden. Cette nouvelle offensive législative intervient peu après l'adoption par le Congrès d'un plan de relance destiné à faire suite à son plan de soutien de 1 900 milliards de dollars centré sur la pandémie de Covid-19. Les mesures de ce dernier doivent faciliter les conditions de la reprise, tandis que l’investissement dans les infrastructures de ce nouveau programme constituera le vrai carburant du moteur économique. Le nouveau plan d'investissement massif du président Biden dépasse largement le simple cadre des grands travaux. Ce projet de 3 750 milliards de dollars d'investissement sur huit ans, qui s'intitule officiellement "The American Jobs Plan", a été pensé dans le contexte d'une forte rivalité stratégique avec la Chine et de lutte contre le changement climatique. Son ambition n'étant pas moins que de remodeler et moderniser les États-Unis, il s’articule autour d’un volet industriel significatif mais également un volet social important dans l'objectif affiché de créer des millions d'emplois.

  • La première partie de ce programme "Build Back Better" (reconstruire mieux) de 2 250 milliards de dollars regroupe un ensemble de dispositions en matière d’infrastructures et d’emplois :
    • 620 milliards de dollars pour la rénovation et la construction d’infrastructures physiques : routes, autoroutes, ponts, voies ferrées, ports, aéroports, barrages, systèmes d’eau et d’égouts, réseau électrique, accès au haut débit, énergies propres, amplification de la révolution des véhicules électriques (passage à l'électricité pour 20 % des célèbres bus jaunes de ramassage scolaire)
    • 650 milliards de dollars pour l'amélioration des lieux de vie
    • 580 milliards de dollars pour l'industrie américaine
    • 400 milliards de dollars à destination des plus âgés et des plus vulnérables
  • La deuxième partie de 1 000 milliards de dollars de dotations et 500 milliards dollars de crédits d’impôt se concentrera sur ce que beaucoup appellent « un plan pour les familles américaines » : santé, éducation (garde d’enfants, maternelle universelle, collèges gratuits), congés payés et enfin emploi avec un certain nombre de dispositions visant à soutenir les personnes qui ont perdu leur travail l’année dernière. Ce plan devrait créer 2,3 millions d’emplois d’ici 2024.

Le financement de ces mesures sera assuré essentiellement par une augmentation des impôts des grandes entreprises et des personnes très fortunées. Ainsi, le taux d'imposition des entreprises devrait passer de 21 % à 28 % et le taux d’imposition minimal des activités à l'international passerait de 13 % à 21 % afin d’encourager la fabrication nationale en rendant plus coûteux pour les entreprises américaines la production de biens et de services à l’étranger. De leur côté, les contribuables les plus aisés (plus de 400 000 dollars de revenus par an soit moins de 2 % des foyers) verront la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu individuel passer de 37 % à 39,6 %. Ceux dont le revenu est supérieur à 1 million de dollars subiront aussi une forte majoration de la taxation sur les plus-values qui passerait au même niveau de taxation que les revenus ordinaires, soit à 39,6 % (vs 23,8 % sous Obama).
Ces différentes hausses d'impôt ne sont évidemment pas du goût des républicains qui promettent une bataille acharnée au Congrès. En fin connaisseur des rouages de Washington, le président démocrate devra user de toutes ses qualités de négociateur et de son expérience de quarante-quatre ans de vie publique (six mandats de sénateur et deux de vice-président) car dégager un consensus politique ne sera pas une mince affaire. Ses deux prédécesseurs (Donald Trump et Barack Obama) avaient eux aussi fait de grandes promesses sur ce thème mais elles sont restées lettre morte. Toutefois, la perspective de faire enfin aboutir ce projet avec cette dimension climatique est parlante pour les Américains qui n'ont pas besoin qu'on leur explique l’urgence d’agir sur des infrastructures datant des années 1950. Leur état de délabrement ne suscite aucun débat. Pour l'instant les marchés ne s'inquiètent pas de cette hausse des dépenses publiques mais pourraient changer d'avis en considérant que cela traduit le retour d'un Etat interventionniste sur le plan économique et un protectionnisme marqué en réponse aux ambitions de la Chine. En effet, le discours de J. Biden a confirmé cette obsession américaine de se voir prochainement dépasser par l'Empire du Milieu. C’est pourquoi ce volet industriel est là pour tenter de reprendre l'avantage face à la dynamique chinoise. J. Biden s'inscrit ainsi dans la lignée du « new deal » du président Roosevelt et veut rentrer dans l'histoire comme un président réformateur qui aura remodelé la société américaine en réduisant les inégalités.

  • Les 100 premiers jours d’une présidence hyperactive

L’habitude prise de faire le bilan d’un président cent jours après son entrée en fonction prend un relief particulier cette année, où les États-Unis commence à entrevoir une sortie d’une autre grave crise, sanitaire et économique. Le principal succès de J. Biden a été la campagne de vaccination dont il avait fait la priorité du début de son mandat. Bénéficiant de l’investissement de son prédécesseur dans la recherche et le développement de vaccins contre le Covid, J. Biden a pu dès son entrée en fonction déployer une logistique de guerre pour administrer plus de 200 millions de doses en trois mois à travers un pays continent de 330 millions d’habitants. A ce jour, 42 % de la population américaine a déjà reçu une dose de vaccin (soit 141 millions de citoyens, et 80 % des personnes âgées), et presque 30 % sont complètement vaccinés (soit 96 millions d’Américains). Le rythme actuel de 2,5 millions de vaccinés par jour lui a même permis de tenir sa promesse d’ouvrir la vaccination à toute la population avant le 1er mai. Ce président démocrate, présenté comme le plus centriste de tous les candidats lors de la campagne, s’est révélé plus enclin que prévu à prendre des mesures radicales concernant la pandémie, la relance de l’économie et ses engagements climatiques. Toutefois, ce début de mandat ne sera une parfaite réussite qu’à condition de parvenir également à diminuer l’insécurité qui règne dans le pays depuis un an, à enrayer la crise migratoire que les démocrates ont maladroitement aggravé et enfin, à limiter les augmentations d’impôt. L’ensemble de la classe politique s’accorde au moins sur un point : les 100 premiers jours de J. Biden à la Maison-Blanche ont donné lieu à un activisme surprenant. Les élus républicains cherchent encore la parade. A l’évidence, il n’est pas le vieillard sénile dont se moquait Donald Trump et encore moins « sleepy Joe » (Joe l’Endormi), mais plutôt « speedy Joe ».

 

Le plan de relance européen sort enfin des limbes

 

Après le fiasco des masques et les déboires de la vaccination, l’Europe va-t-elle réussir à relever le défi de la relance ? En effet, le « moment hamiltonien » salué en 2020, qui dotait enfin les Vingt-Sept d’une force de frappe budgétaire, comme les États-Unis au XVIIIe siècle, peine à se concrétiser. La lourdeur de sa mise en œuvre tient, d’une part, aux processus politiques et institutionnels européens pour mettre en place un mécanisme inédit et, de l’autre, aux lenteurs voire aux résistances de certains États membres à se l’adopter. Après les négociations marathon entre chefs d’États et son adoption au forceps l’été dernier, le trilogue institutionnel entre Conseil, Commission et Parlement aura duré quatre mois. Cette étape validée, il a fallu ensuite subir le chantage de la Pologne et de la Hongrie sur les conditions liant les subsides au respect de l’État de droit (cf.point mensuel de novembre 2020).
Finalement, près d’un an après la première évocation publique de ce fonds européen par Angela Merkel et Emmanuel Macron, Berlin, Paris mais aussi Rome ont choisi symboliquement de présenter leur plan de concert. Le 30 avril dernier s’est donc déroulée l’étape cruciale de la remise formelle des plans de relance nationaux. C’était la dernière ligne droite avant que les États membres ne commencent à toucher les premiers fonds du plan de relance européen baptisé « NextGeneration EU » (750 milliards d’euros dont 390 milliards de subventions le reste en prêts) qui selon la Commission pourrait offrir à l’Union européenne 2 points de croissance en plus et 2 millions d’emplois supplémentaires d’ici à 2024. La France, l’Allemagne et l’Italie pourront prétendre à une avance de 13 % des fonds sous réserve que tous les Parlements nationaux aient bien ratifié le plan de relance européen or, à ce jour, huit pays manquent toujours à l’appel. Mais les trois plus grandes économies de la zone euro ne seront pas pénalisées par les Etats membres retardataires et les premiers décaissements (13 % de l’enveloppe promise à chaque pays) seront, au mieux, versés avant la fin de l’été, le reste devant s’échelonner sur cinq ans.
Pour l’heure, c’est une course d’obstacles qui attend les capitales européennes. Le plan détaillé de leurs projets en matière d’investissements et de réformes doit passer par les fourches Caudines de la Commission européenne puis par celles du Conseil européen. Les investissements envisagés par les Etats sont très encadrés par les deux institutions. Ils doivent répondre à des exigences strictes ; au moins 37 % des sommes allouées par l’UE (subventions et prêts) doivent aller à la transition verte et au moins 20 % à la transition numérique.
La Commission européenne doit commencer à lever les fonds (150 milliards d’euros par an en moyenne) à des taux d’intérêt très bas au début de l’été. Les subsides seront ensuite déboursés pendant cinq ans. Le remboursement de cet emprunt géant n’interviendra qu’à partir de 2028 et s’étalera sur trente ans. Pour ce faire, les Vingt-Sept ont entériné le principe d’une série de nouvelles taxes communautaires sur les plastiques à usage unique, les géants du numérique, les transactions financières, l’importation de produits carbonés, etc. Si elles se matérialisent bien, ces nouvelles ressources pourraient permettre de financer la totalité des remboursements. Ce ne sont donc pas les contributeurs nets habituels au budget de l’UE, comme l’Allemagne ou la France, qui vont payer pour les autres. En cela, ce fonds jette bel et bien les bases d’une nouvelle architecture financière européenne.
Cet évènement est d’une importance capitale pour le Vieux Continent qui court le risque de rater le train de la reprise et de se retrouver à la traîne des États-Unis. Ces derniers sont en passe de tourner la page de la pandémie (grâce aux vaccins) et de retrouver leur niveau d’activité d’avant-crise dès la mi-2021 alors qu’un an de plus sera nécessaire à l’Europe avant son véritable redémarrage.
Les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) confirment cet écart de trajectoires. Ce décalage se creuse dangereusement après une récession deux fois plus violente en Europe et des écarts aussi grands dans les différents plans de soutien ou de relance. À côté de la succession de plans américains, celui de l’Union européenne peut faire pâle figure. Conçu il y a un an en réponse à la première vague du coronavirus, celui-ci peut en effet apparaître sous-dimensionné à l’aune des deux nouvelles vagues successives. Mais comparaison n’est pas raison car il faut y ajouter les dispositifs nationaux de soutien des Etats européens à leurs propres économies, les filets sociaux sans équivalent outre-Atlantique ainsi que les 540 milliards d’euros de mesures d’urgence mobilisées par l’Union européenne pour le chômage partiel ou les PME.

 

A surveiller dans les prochaines semaines :

  • évolution de la pandémie en Europe, en Inde et en Amérique Latine
  • accélération du rythme des campagnes de vaccination en Europe et lancement des nouveaux vaccins
  • plans de relance en Europe et aux États-Unis (infrastructures)
  • fin des résultats des entreprises
  • indicateurs macro-économiques
  • évolution de la courbe des taux et de l’inflation
  • communications des banques centrales 

 

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Jeudi 6 mai 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/1203995332105821455

Mardi 8 juin 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/7379191284531768592

Mardi 6 juillet 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/3556898540351634189

 

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le vendredi 2 juin pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     

HASHTAGS

Liste de liens thématiques naviguez avec la touche navigation lien #Diversification du patrimoine #Article

Aller au début de la liste Aller à la fin de la liste