Céréaliers : la conservation des grains, une exigence immuable

14/07/2022 - 2 min de lecture

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Céréaliers : la conservation des grains, une exigence immuable

L’envolée des cours des céréales n’affranchit pas les céréaliers de leurs obligations en matière de conservation des grains, dans un contexte où le recours aux insecticides est toujours plus contraint.

PRÉPARATION DE L’INSTALLATION : NETTOYAGE DU MATÉRIEL ET DES BÂTIMENTS

Le matériel doit être propre, qu’il s’agisse de la trémie de la moissonneuse-batteuse (vidée correctement avant la récolte), des bennes et du matériel de manutention des grains. Le grain arrive dans des bâtiments propres. Les insectes ne viennent pas des champs mais des installations de stockage, d’une campagne à l’autre. Ils se concentrent là où il y a de la poussière, des brisures... Afin d’éviter leur présence, il faut nettoyer l’intérieur et l’extérieur des parois des cellules, des cases et si possible la charpente, surtout si elle est en bois, aspirer puis détruire immédiatement les poussières et déchets végétaux. Il faut soigner particulièrement le nettoyage du sol des cases à plat afin d’éliminer tout risque de contamination du grain par des traces de terre, de gazole, d’huile...

RÉCEPTION DES GRAINS

Les grains doivent être stockés propres et échantillonnés. Outre le réglage de la moissonneuse-batteuse, il faut récolter des grains mûrs (pas de grains verts) avec une humidité inférieure à 15% pour les céréales à paille et les protéagineux et à 9% pour les oléagineux. Cela limite le risque d’échauffement des masses de grains, condition favorisant le développement des ravageurs. Il faut également pré-nettoyer le grain avant le passage dans le séchoir. L’élimination des grosses impuretés humides entraîne une économie de combustible de l’ordre de 3% pour 1% de déchets enlevés.

LE TRIAGE ET LE NETTOYAGE DES GRAINS

Pour optimiser le refroidissement des grains et limiter le risque insectes, il est important de stocker des grains propres. Les pré-nettoyeurs qui utilisent comme principe l’aspiration d’air au travers du flux de grains, pour éliminer les poussières et les impuretés légères, réalisent un travail souvent suffisant pour les céréales à paille. L’utilisation d’un nettoyeur séparateur à grilles planes inclinées ou d’un nettoyeur calibreur rotatif à grilles cylindriques inclinées donne aussi de bons résultats.

REFROIDIR LES GRAINS PAR LA VENTILATION

C’est l’abaissement de la température des masses de grains qui est à privilégier pour lutter contre les insectes. Il faut faire chuter le plus rapidement possible la température du grain de 30/35°C à 20/22°C. À partir de 20°C, le risque de développement des insectes diminue et la durée de bonne conservation du grain s’allonge. Il faut ventiler quand l’écart de température entre l’air extérieur et le grain est compris entre 7°C et 10°C. Au-dessus il y a des risques de condensation, en dessous l’efficacité de la ventilation est limitée. En automne, dès que les nuits sont plus froides, il convient de réaliser systématiquement un second palier de ventilation pour faire chuter la température du grain en dessous de 12°C.

LE SÉCHAGE DES GRAINS

Pour les grains récoltés humides, le séchage s’avère indispensable. Il faut nettoyer le séchoir entre chaque espèce, pour éviter les risques de contamination entre grains et pour limiter le risque d’incendie entre les oléagineux et les autres grains. Il faut aussi récolter la quantité équivalente au débit du séchoir pour éviter le pré-stockage du grain humide. Le pré-nettoyage permet d’éliminer les grosses impuretés humides et d’économiser de l’énergie.

LUTTE CONTRE LES PRÉDATEURS DES GRAINS

La lutte contre les oiseaux s’opère par l’obturation des ouvertures et l’installation de bâches. L’élimination des rongeurs est plus délicate. Pour les éviter, il faut entretenir les abords des bâtiments, les rongeurs n’aimant pas les endroits dégagés. Éliminer tout ce qui peut servir de refuge (tas de bois, ferraille, vieux matériel...), obturer les orifices, disposer des nasses et des appâts anticoagulants inaccessibles aux autres animaux.
 

BON À SAVOIR

12°C. À cette température, les insectes se mettent en état de vie ralentie, ne s’alimentent plus et ne se reproduisent plus.

© Raphaël Lecocq – Uni-médias – Juillet 2022
Article à caractère informatif et publicitaire.

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