L’Inra expérimente un verger zéro intrant
26/11/2019 - 2 min de lecture
Rubrique : Tendances
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L’Inra expérimente un verger zéro intrant
L’institut national de la recherche agronomique (Inra) a implanté un verger multi-espèces et circulaire de 1,6 hectare conduit sans aucun intrant, ni bio, ni biocontrôle. Objectif : pousser la biorégulation dans ses derniers retranchements.
Alto : c’est le nom du verger implanté par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) sur sa station de recherche de Saint-Marcel-lès-Valence (Drôme), en partenariat avec d’autres organismes agricoles, dont les Chambres d’agriculture et des associations départementales d’agriculteurs bio. Le verger Alto a été implanté en février 2018 et depuis le départ, y compris dans sa phase délicate d’implantation, il n’a été fait aucune entorse au cahier des charges prohibant l’usage de tout produit phytosanitaire, y compris ceux relevant du biocontrôle ainsi que ceux autorisés en agriculture biologique. L’irrigation est en revanche permise. L’objectif de l’Inra est de mobiliser tous les leviers propices à une biorégulation des maladies et ravageurs et de tendre vers l’autofertilité du sol.
UN VERGER CIRCULAIRE
Le verger couvrant 1,6 hectare est implanté en cercle. Le cercle est la forme géométrique offrant le moins d’interface avec l’environnement, réduisant les risques d’intrusion. Alto fait ainsi le deuil du verger mono-espèce et mono-variété planté en rangs pour laisser place à un verger composite comptant des pommiers, abricotiers, pêchers, pruniers, figuiers, noisetiers, grenadiers, néfliers, amandiers, châtaigniers, sans oublier la vigne et les petits fruits. En prime, ces espèces à vocation alimentaire et économique partagent l’espace avec des espèces à vocation écosystémique : bandes fleuries, buissons ouverts, végétaux, à commencer par la luzerne, participant à la fertilité des sols, complétée par des apports de fumier. L’objectif est d’assurer le gîte et le couvert aux auxiliaires et seulement aux auxiliaires. Les deux cercles extérieurs combinent des arbres de haut jet pour protéger du vent, des arbustes pour favoriser la biodiversité, des amandiers et châtaigniers pour produire des fruits à coque. Puis entrent en scène six spirales alternant des séquences de fruits à pépins et à noyaux. L’objectif est de créer des ruptures pour les bio-agresseurs tout en facilitant l’organisation du travail au sein du verger.
DURABLE, RENTABLE, VIVABLE
Les variétés sélectionnées le sont pour leur caractère résistant aux parasites. À l’intérieur d’une même espèce, des précocités extrêmes sont choisies pour interrompre le cycle de parasites tels que le carpocapse du pommier. La dissémination des feuilles porteuses de tavelure est réfrénée par les haies denses de plantes à petits fruits. La prophylaxie est bien entendue de rigueur : broyage des feuilles, retrait des branches mortes etc. La mare trône au centre tandis que pierriers pour reptiles, perchoirs, nichoirs, abris pour chauves-souris sont dispersés. Le projet a vocation à vivre plus de 15 ans, au cours desquels l’Inra évaluera toutes les interactions. Il inclut bien évidemment une dimension économique. Son caractère « vivable », pour les opérateurs ou futurs arboriculteurs, sera également évalué.
© Raphaël Lecocq – Uni-Médias – Novembre 2019
Article à caractère informatif et publicitaire.
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