Les maires face à la gestion complexe des piscines

20/12/2022 - 2 min de lecture

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Les maires face à la gestion complexe des piscines

Communes et intercommunalités font face à un double problème pour la gestion des piscines : la flambée des coûts de l’énergie et les difficultés de recrutements de maîtres-nageurs.

L’annonce, en septembre dernier, de la fermeture brutale d’une trentaine de piscines en France par une société privée délégataire de service public a mis l’accent sur les difficultés de gestion entraînées par la crise énergétique. Le délégataire évaluait la montée de ses dépenses énergétiques de 15 à 100 millions d’euros sur une année. La société a par la suite réouvert la plupart des établissements le plus souvent via des accords avec les collectivités concédantes, qui ont pu, dans certains cas, leur obtenir pour 2022 des tarifs d’énergie plus favorables. Mais la question du coût de l’énergie demeure pour les quelque 4 000 piscines publiques en France (environ 15% d’entre elles sont gérées par une entreprise sous le régime de la délégation de service public). Depuis plusieurs semaines une majorité de communes et d’intercommunalités ont ainsi mis en place une palette de mesures afin de réduire les coûts. On peut citer la diminution d’un ou deux degrés de la température de l’eau dans les bassins, la diminution de la température dans les bâtiments, la réduction de l’amplitude horaire ou la fermeture à certaines périodes (une partie des vacances scolaires, par exemple).

SITUATION RÉGLÉE PROVISOIREMENT

Ces mesures permettront de diminuer quelque peu la facture. Mais les collectivités attendent avec inquiétude les prix de l’énergie pour 2023. En effet, celles qui peuvent encore bénéficier en 2022 de tarifs groupés négociés (via par exemple des syndicats de communes) s’attendent à une explosion des tarifs en 2023. D’autant que les difficultés de gestion des piscines existaient déjà avant la crise énergétique. Une étude de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locale, publiée en 2021, indique que les recettes tarifaires ne couvrent qu’une faible part du coût de fonctionnement (22% pour les communes, 26% pour les groupements), laissant un reste à charge important pour les collectivités. Plus de 55% des piscines existantes ont été construites avant 1984 et sont ainsi souvent très énergétivores.

MÉTIER PEU ATTRACTIF

La question des personnels représente un deuxième sujet de préoccupation pour les maires et présidents d’intercommunalités car les difficultés de recrutement se multiplient ces dernières années. Elles se sont encore aggravées à l’été 2022. Une récente enquête de l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes) montre que la demande en maîtres-nageurs est supérieure au nombre de candidats : perte d’attractivité du métier, faiblesse des salaires, nombreux départs en retraite, etc. Cela oblige certaines communes à réduire leur amplitude horaire ou à diminuer les cours de natation. La situation est d’autant plus préoccupante que les piscines ne sont pas seulement un équipement de loisirs mais aussi un enjeu de santé publique. Les communes ont également des obligations légales concernant l’apprentissage de la natation. Car près de 1 000 noyades sont recensées en moyenne chaque année en France.

BON À SAVOIR

4 135, c’est le nombre de piscines publiques en France (source : Cour des comptes).

© Philippe Houdart – Uni-médias – Décembre 2022

Article à caractère informatif et publicitaire.

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